Sous-traitance: le secteur syndical préoccupé par la réouverture des usines
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Prévue pour le lundi 20 avril prochain, la réouverture des usines préoccupe les syndicalistes. Dénonçant le fait que les mesures d'hygiène ne sont pas prises en compte par les patrons, les syndicalistes critiquent aussi l'attitude de l'État qui veut envoyer à la boucherie les ouvriers sans consulter au préalable les structures concernées.
Les syndicats dénoncent la décision de l’État d’autoriser la reprise des activités dans les usines de la sous-traitance au moment où des dizaines de cas de contamination au Covid-19 sont recensés.
Le Premier ministre, qui a fait l'annonce, a fourni des explications. Selon lui, ce secteur représente beaucoup pour l'État haïtien, car, il génère près de 58 mille emplois dans le pays. En vue de garantir ces emplois, il a autorisé la réouverture de ces usines tout en restant accroché aux principes de vigilance sanitaire recommandés par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP). « Le MSPP et le MAST seront sous peu à la SONAPI et au CODEVI pour les visites d'inspections », a précisé M. Jouthe.
Une décision qui ne plait pas aux syndicats de la sous-traitance qui questionnent la cohérence dans les actions posées par les dirigeants de l'État dans la gestion de la pandémie. « Avant que l'on enregistre le premier cas, l'État avait, par mesure de précaution, ordonné l’arrêt des activités au niveau des industries. Maintenant, avec plus qu'une quarantaine de personnes infectées recensées, il revient sur la décision », analyse le syndicaliste, Télémaque Pierre soutenant que l’État ne protège pas les ouvriers.
Dans les usines, il est impossible d’éviter les attroupements d’ouvriers. En pleine propagation du Covid-19, ils vont devoir reprendre leur travail. Les syndicalistes parlent d’une situation dangereuse. Télémaque Pierre, très mécontent, dénonce le caractère unilatéral de cette décision prise sans l’aval des syndicats qui n’ont pas été consultés.
« Il [l’État] ne nous a pas contactés à cet effet. Comme tout le monde, on a appris la nouvelle par les médias. En tant que syndicalistes, nous ne pouvons pas demander aux ouvriers de rester chez eux. Par conséquent, nous les invitons à appliquer la vigilance stricte pour ne pas contracter la maladie », conseille le syndicaliste qui réclame, par ailleurs, des moyens de transport pour les travailleurs dans ce contexte de grand risque.
Daniel Sévère
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