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La PNH menacée d’une nouvelle crise

La PNH menacée d’une nouvelle crise

En pleine crise sanitaire et dans une situation sécuritaire alarmante, des agents de la Police nationale annoncent une autre marche après le pari gagné pour la reconnaissance de leur syndicat. Ces policiers regroupés au sein d’un groupe dénommé « Fantom 509 » envisagent de marcher dans les rues de la zone métropolitaine de Port-au-Prince le 26 ou 27 avril pour réclamer leurs arriérés de salaire et des primes.

Après la crise liée à la création et la reconnaissance du premier Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17), l’institution policière est sur le point de vivre une nouvelle crise. Des policiers regroupés au sein d’une structure appelée « Fantom 509 », composée d’individus non-identifiés, menacent de fouler le macadam le 26 ou 27 avril pour réclamer leurs arriérés de salaire et des primes de services. Ces policiers sont accompagnés des membres du personnel administratif de la Police nationale qui, eux aussi, n’entendent pas rester les bras croisés devant les mauvais traitements dont ils accusent le haut commandement d’infliger aux agents de l’institution.

Si les policiers de la 29e promotion exigent de l’institution policière leurs six mois d’arriérés de salaire, ceux de la 30e réclament leurs neuf mois aussi. Ces agents de l’ordre veulent contraindre le haut commandement de l’institution à se pencher sur leurs cas. En dépit de l’augmentation des frais alloués sur la carte de débit, les protestataires n’entendent pas reculer dans leurs démarches.

De leur côté, des membres du personnel administratif ne mâchent pas leurs mots pour exprimer leurs indignations. Pour ces employés civils de la PNH, le Gouvernement veut diviser la PNH en accordant des privilèges qu’à un groupe. S’il est vrai que l’institution est composée d’employés civils (personnel administratif) et policiers, le Gouvernement a choisi délibérément d’octroyer des avantages aux policiers seulement. De telles attitudes que les membres du personnel administratif dénoncent, et demandent à l’État de se ressaisir.

Par ailleurs, les membres du personnel administratif de la PNH estiment qu’ils devraient être soumis aux mêmes principes de carrière que les policiers. Ils déplorent par le fait qu’il n’y aucune prise en charge pour faciliter la promotion des membres du personnel administratif. Ils restent figés dans leur carrière sans tenir compte de leur nombre d’années de services et la qualité de leur travail.

Le Syndicat de la PNH finalement reconnu par le MAST

Environ un mois et demi après la décision du Gouvernement de Jouthe Joseph de reconnaitre le Syndicat de la Police nationale, les membres de ce syndicat ont finalement obtenu le document légal du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST). Ce document autorise le SPNH-17 à fonctionner légalement au sein de l’institution policière.

Entre autres, même si le syndicat est reconnu par la loi, l’organisation des policiers connait déjà des turbulences internes qui risquent de fragmenter leur syndicat. En moins d’une semaine, la coordonnatrice dudit syndicat, Yanick Joseph, a remis sa démission au comité pour revenir, par la suite, sur sa décision sous l’insistance de ses collaborateurs du comité. Yannick Joseph soupçonne déjà de corruption certains de ses frères d’armes qui ont participé dans la lutte pour la reconnaissance du syndicat.

Alors que le pays se trouve dans une situation sanitaire préoccupante, l’insécurité sévit plus que jamais dans des zones très fréquentées. Des bandits armés continuent de semer la terreur. Les policiers sont, plutôt, occupés à résoudre leurs affaires personnelles avec l’institution. La reconnaissance du SPNH-17 ne suffit pour faire taire les policiers. Le groupe « Fantom 509 », qui a déjà donné des démonstrations de forces dans les rues, semble s’affranchir de la tutelle du SPNH.

Entre les policiers, le personnel administratif et le haut commandement, les relations tendent à se détériorer beaucoup plus. L’existence du service de bien-être ne répond pas encore aux desiderata des policiers. Le pays peine à assister un autre descend des lieux des policiers après ceux de février.

Woovins St Phard

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