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Village de Dieu: l'OPC appelle à des mesures d’accompagnement

Village de Dieu: l'OPC appelle à des mesures d’accompagnement

Dépourvus des services de base de l’État et pris en otage par des gangs armés qui imposent leurs lois, les habitants de Village de Dieu sont plus que jamais abandonnés. Inquiète de cette situation, l’Office de la protection du citoyen (OPC) encourage le Gouvernement à annoncer les « mesures d’accompagnement qui sont adoptées ou susceptibles d’être adoptées en faveur des familles ayant abandonné le village et celles qui s’y trouvent encore ».

C’est le vendredi 24 avril 2020 que le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Lucmanne Délille avait lancé un ultimatum aux citoyens paisibles de Village de Dieu de quitter la zone dans 72 heures dans le but de contrecarrer les bandits armés du Bicentenaire à travers d’éventuelles opérations policières. Pour l’Office de la protection du citoyen (OPC), c’est un « ultimatum inhumain pour les pauvres gens du Village » qui sont dépourvus des services de base de l’État et pris en otage par des gangs armés.

« Avant la période de confinement face à la pandémie du coronavirus, les habitants de Village de Dieu (environs 30 000 personnes) vivaient dans des conditions extrêmement difficiles, dépourvus de services de base de l’État, mais aussi pris en otage par les chefs de gangs qui imposent leur loi », décrit l’OPC dans un rapport du mois de mai 2020 tout en ajoutant qu’il n’y a « pas de centres hospitaliers ni de cliniques médicales ». Selon l’instance nationale de droits humains, « le commerce est totalement informel à l’intérieur du village avec la présence de petits détaillants ou de marchands de fritures ».

Pour l’OPC, « cette migration involontaire, sans planification et sans présence de l’État, favorisera une détérioration de la situation de ces familles en cette période de confinement face à la pandémie du coronavirus ». Plus encore, l’instance nationale indépendante se dit « peut-être qu’elles seront obligées de se réfugier sur les places publiques, et exposées à toutes formes de criminalité (vols, viols et agressions sexuelles)».

En dépit de la correspondance acheminée au Premier ministre Joseph Jouthe en date du 28 avril 2020, lui demandant de gérer et traiter le dossier avec sérénité et perspicacité à travers des réponses urgentes à apporter aux personnes déplacées et à celles se trouvant encore à village de Dieu, qui n’a pas été encore répondue, l’OPC a dressé un ensemble de recommandations au Gouvernement.

En effet, au Premier ministre l’OPC conseille « de se prononcer sur la situation à Village de Dieu et d’annoncer les mesures d’accompagnement qui sont adoptées ou susceptibles d’être adoptées en faveur des familles ayant abandonné le village et celles qui s’y trouvent encore ». Aussi bien, elle recommande « d’octroyer des moyens financiers à la Commission nationale de désarmement, démantèlement et de réinsertion (CNDDR), structure indispensable dans toute solution durable au problème sécuritaire que traverse Village de Dieu et ses localités avoisinantes ».

Quant à la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, exhorte « d’enquêter de concert avec la ministre des Affaires sociales et du Travail, sur la situation à Village de Dieu afin d’identifier les déplacés, les femmes et les enfants en situation de vulnérabilité dans une perspective de prise en charge socio-économique ».

Pour terminer, l’instance enjoint le ministre de la Justice et la Sécurité publique « d’envisager, à travers la Police nationale d’Haïti, des mesures concrètes liées aux principes généraux de droits humains visant le démantèlement de tous les gangs armés en dehors de toute considération politique ». Également, elle préconise «de passer des instructions à la direction de l’Administration pénitentiaire nationale pour un contrôle plus rigoureux sur les chefs de gangs détenus dans des centres carcéraux qui sont toujours en contact avec leurs soldats pour passer des ordres ou définir des plans criminels ».

Faut-il rappeler dans le cadre de cet ultimatum lancé, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique avait indiqué par la suite qu’il peut intervenir à tout moment au Village de Dieu.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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