Déportation des migrants haïtiens : des organisations de la société civile montent au créneau
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Tandis que la propagation du nouveau coronavirus continue dans le monde, des pays qui se disent amis d’Haïti ont choisi de déporter des migrants haïtiens en pleine flambée de la pandémie. Face à ces vagues de déportations qui risquent d’amener dans le pays des migrants infectés, des organisations de la société civile demandent au président Jovenel Moise de ne plus accepter des compatriotes expulsés des États-Unis et de tout autre pays désireux de le faire.
Pour ce groupe de 14 organisations de la société civile évoluant dans le domaine des droits humains, dont le GARR, CEJILAP et le CODDEMIR, il n’est plus question d’accepter la déportation des migrants haïtiens, notamment celles initiées par le Gouvernement américain, en pleine flambée de la Covid-19. À travers une lettre envoyée au président Jovenel Moise, ces organisations soulignent pour le Gouvernement haïtien qu’il est donc nécessaire de négocier avec ces pays qui clament souvent être amis de la République en vue d’un moratoire pour la suspension des déportations des ressortissantes et ressortissants haïtiens dans le contexte pandémique. Elles appellent aussi à renforcer la vigilance au niveau de la frontière haïtiano-dominicaine en vue d’un vrai contrôle sanitaire des personnes qui reviennent du territoire dominicain.
D’un autre côté, ces organisations de la société civile plaident pour la facilitation du retour en Haïti des compatriotes haïtiens bloqués avec un visa non immigrant aux États-Unis (et éventuellement dans d’autres pays) à cause de la Covid-19. « Nous partageons la position des experts interdépendants de l’ONU qui ont plaidé à Genève, le 27 avril 2020, en faveur des mesures alternatives plus légères quant au sort des personnes migrantes en contravention avec l’immigration américaine », martèlent ces 14 organisations qui estiment que ces individus sont restés contre leur volonté en raison des mesures restrictives pour contrer la Covid-19.
Par ailleurs, les organisations signataires de cette lettre optent pour la mise en place de programmes sociaux pour assister les migrant-e-s retournés et les populations frontalières. Elles évoquent également la nécessité d’accompagner les migrants haïtiens en difficulté en République dominicaine en facilitant soit leur retour dans le pays ou en les supportant par des programmes économiques via l’Ambassade d’Haïti à Santo Domingo et les consulats. « Étant actuellement au chômage, ils/elles ne peuvent pas survivre suite aux mesures de confinement et de couvre-feu mises en place sur le territoire voisin. N’ayant pas été touchés par les différents programmes du Gouvernement dominicain, ces gens sont en train de mourir de faim », indiquent ces organisations.
Toutefois, les organisations en question expriment leurs préoccupations par rapport à la gestion de la Covid-19 dans le pays. « Nous sommes davantage préoccupés par rapport à l’incapacité de votre administration à assurer un maximum de contrôle sur le territoire national en particulier à la frontière entre Haïti et la République dominicaine où des centaines de migrantes et migrants haïtiens arrivent presque au quotidien. Seulement pour le mois d’avril 2020, 23 429 personnes sont retournées à travers les différents points frontaliers », relatent-elles, tout en déplorant le manque de contrôle de ces personnes avant leur rentrée dans le pays.
Woovins St Phard
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