Le secteur démocratique et populaire lance un appel pour la reprise de la mobilisation
Écouter l'article
En conférence de presse, le jeudi 14 mai 2020, le secteur démocratique et populaire a lancé un appel solennel à la mobilisation. Il invite les partis de l'opposition à se rallier afin de relancer massivement les hostilités antigouvernementales à partir du 18 mai prochain. Il en a profité par ailleurs, pour continuer de critiquer la gestion de l'État central, juge-t-il, catastrophique de la Covid-19.
Six mois après les événements baptisés de pays lock, l'opposition politique invite la population à reprendre la mobilisation et, ce, malgré la montée vertigineuse du coronavirus dans le pays. Selon Schiller Louidor, des mesures seront prises du côté du secteur démocratique et populaire pour accompagner les manifestants.
Entre autres mesures annoncées, le porte-parole parle du port du masque, de l'eau pour le lavage des mains, mais, surtout, ironie du sort, du respect de la distanciation sociale. À cet effet, il sollicite l'appui de la population de mettre sur tout le parcours de la manifestation de l'eau afin que les protestataires puissent s'en servir. Questionné au risque de contamination massive possible, il répond, mais de façon vague que mourir de la faim à partir du confinement est plus cruel que de braver le danger sur la chaussée pour évincer Jovenel Moise du pouvoir. « Si l'on veut attendre qu'il touche la fin de son mandat, nous serons tous déjà morts », a-t-il balancé.
D'après le docteur Louidor, le coronavirus ne doit pas faire oublier le gaspillage de fonds publics à partir de la Caravane ni l'affaire des mercenaires ni les massacres civils ni la dilapidation du fonds Pétrocaribe ni le CIRH, entre autres. Le 18 mai sera la reprise de la bataille, car, dit-il, la machine est en passe de se renverser, il faut que tous les membres de l'opposition s'allient pour donner la réponse à Jovenel Moise qui transforme le pays en une boutique. « Chaque jour passé avec cet incompétent au pouvoir nous fonce plus profondément dans l'abime. Que la population ait les yeux rivés sur le départ de cet inculpé au pouvoir au lieu de se faire la tête pour la pandémie », appelle Schiller Louidor.
Jovenel Moise doit partir avant le 7 février 2021
Constitutionnellement, le mandat du chef de l'état prendra fin le 7 février 2021 selon André Michel brandissant l'article 134-2 de la Constitution en vigueur. Cet article, fait-il savoir, est sans ambigüité. Mais, avant l'application de cet article, le porte-parole s'est fait le serment de déjà renverser le locataire du Palais national qui leur livre une résistance extraordinaire depuis tantôt trois ans. Afin d'y arriver, l'homme de loi compte sur la mobilisation populaire, seul moyen, informe-t-il, qui peut contraindre le résistant président à démissionner.
André Michel est fougueux et optimiste malgré la crise actuelle que connait le pays. Les défaites en séries enregistrées préalablement ne lui font pas peur. La transition est inévitable.
Au regard de la conjoncture, l'homme politique malgré qu'il entend renverser le pouvoir avant la fin des huit mois à venir, n'arrive pas à dissimuler la réalité que la transition est plus possible qu'après le terme du mandat de Jovenel. « La transition est inévitable. Il n'y aura pas d'élection avec cette équipe au pouvoir. Nous ne sommes pas dans une compétition électorale, par conséquent, tous les politiciens qui enclenchent déjà en catimini leurs campagnes sont priés de laisser tomber », alerte-t-il reprenant comme un credo les idéaux du secteur démocratique, en l'occurrence: la transition politique, la conférence nationale souveraine, le procès Pétrocaribe...
De la volonté du pouvoir de conduire la population à la boucherie
Le secteur démocratique ne renonce pas à ses critiques sur la gestion catastrophique du pouvoir de la crise de la Covid-19. Dans leur intervention, l'ancienne ministre, Marjorie Michelle et l'ex-sénateur de la Grand-Anse, Saurel Jacinthe, ont évoqué les décisions contradictoires des hommes au pouvoir à l'heure de la pandémie. Selon eux, les dirigeants actuels font tout pour livrer la population à la fureur du coronavirus. Outre les attroupements qu'ils occasionnent eux-mêmes, ils n'ont tenu pas au moins une de leurs promesses à l'égard de la population.
Daniel Sévère
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.