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Une Fête du Drapeau fade sous le signe de la Covid-19

Une Fête du Drapeau fade sous le signe de la Covid-19

En pleine propagation de la Covid-19, la Fête du Drapeau haïtien le 18 mai n’a pas pu être célébrée grandiosement cette année. Le président de la République Jovenel Moise et son gouvernement ne se sont pas rendus à la cité du Drapeau pour marquer cette date.

Cette année ramène le 217e anniversaire de la création du drapeau de la République d’Haïti. La célébration du 18 mai de cette année est marquée par la propagation du nouveau coronavirus dans le pays. Pour l’occasion, le président et les membres du gouvernement n’ont pas fait le déplacement pour l’Arcahaie, la Cité du drapeau, comme pour les autres années. Les activités officielles et culturelles n’ont pas été au rendez-vous à l’occasion de cette date symbolique, minée par la crise sanitaire. Le président Jovenel Moise, la mairesse Rosemila Petit-Frère et le recteur de l’UEH Fritz Deshommes se sont chacun exprimés séparément brisant ainsi le protocole républicain.

Au Palais national, le chef de l’État a organisé une adresse à la nation pour marquer la journée. Pour le premier mandataire de la nation, le 18 mai est une date très importante dans l'histoire de notre pays. « C'est ce jour-là que le drapeau de notre pays est né dans la ville de l'Arcahaie en 1803. Ce fut une grande étape qui nous a conduits directement à l'indépendance du pays un an après le premier janvier 1804 », indique Jovenel Moise, expliquant que le drapeau est un symbole de liberté et de fierté de la nation entière. Selon lui, le drapeau représente l'effort, le sacrifice, le sang des ancêtres qui ont coulé pour nous donner la liberté. « Ce drapeau est un symbole d'unité entre tous les Haïtiens. Il y avait trop de divisions, trop de combats entre nous. Ce drapeau est un symbole de notre souveraineté et de notre autonomie », défend le président de la République.

Par ailleurs, Jovenel Moise a attiré l’attention du peuple haïtien sur le devenir du pays, plus de deux cents ans après la création du Bicolore à l’Arcahaie. « Mes sœurs et frères, 217 ans plus tard, voyons où nous en sommes! Pourquoi on est toujours là ? Que faisons-nous du pays ? Que devons-nous faire pour éviter cela ? Qui est le véritable ennemi du peuple ? Qu'est-ce qui explique que l'électricité soit un luxe pour un peuple indépendant depuis 216 ans », s’interroge-t-il

fidèle à lui-même, Jovenel Moise continue d’indexer une frange, insiste-t-il, réfractaire à son projet et au développement du pays. Pour lui, c’est un petit groupe qui se met ensemble pour détruire le pays depuis la mort de l’Empereur. Il considère ce groupe comme des manipulateurs qui incitent la population à lutter au détriment de leur propre intérêt. Toutefois, tout en appelant à l’unité, il ne manque pas de vanter les réalisations de son administration. Il évoque déjà les prochaines élections dans le pays. Il souligne que son cabinet a déjà envoyé une correspondance au Conseil électoral provisoire.

Le pays a besoin des Haïtiens qui ne sont pas des bluffeurs

De son côté, la mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère a chanté les prouesses de tous ceux qui valorisent le drapeau haïtien. « Je m’adresse en ce jour mémorable à ceux qui conservent jalousement la signification éternelle du Bicolore, à ceux pour qui il est préférable de laver leur drapeau au lieu de le brûler, oui, au lieu de le piétiner, à tous ceux qui considèrent que le drapeau, c’est du sang qui coule dans leur veine, à tous ceux qui pensent qu’ils sont plus forts, qu’ils sont plus utiles ensemble, à tous ceux pour qui le destin de la nation, le bien-être des pauvres, l’éducation des enfants, l’autonomie des femmes, le progrès économique sont des responsabilités que le drapeau impose aux héritiers de ces êtres divins qui ont fait la nation haïtienne », précise la mairesse dans une activité organisée dans sa commune en cette occasion.

Tout en pensant à l’Université et aux victimes de la Covid-19 dans son intervention, Madame Petit-Frère invite tous les Haïtiens à travailler pour rendre la nation forte, pour développer son économie, pour préserver son patrimoine. Elle estime que tous les Haïtiens qui comprennent ce qu’est le drapeau protègent les enfants et assurent la sécurité de la nation. « Ces modèles haïtiens nous manquent beaucoup, des Haïtiens qui ne sont pas des bluffeurs, des Haïtiens qui ne sont pas des menteurs », martèle la représentante de la cité du Drapeau.

Trois grandes leçons à tirer de la pandémie Covid-19

Pour sa part, le recteur de l’université d’État d’Haïti (UEH), Fritz Deshommes, a fait savoir que la Fête du Drapeau et de l’université est commémorée dans un contexte spécial marqué par l’apparition soudaine de la pandémie Covid-19. Il s’interroge sur la compréhension et le sens de la fermeture des écoles et des universités dans un pays qui a besoin des capacités de ses fils et filles.

Si la réouverture des établissements scolaires et universitaires reste encore indéfinie, le recteur de l’UEH veut tirer quand même trois grandes leçons de la crise sanitaire. Pour lui, la Covid-19 nous rappelle que nous sommes un seul peuple, un seul pays. Donc, nous avons un devoir de solidarité. Il signale également que la pandémie nous permet de découvrir ou redécouvrir les capacités de nos ressources locales. M. Deshommes reconnait l’apport de la médecine traditionnelle haïtienne dans la recherche de traitement pour le nouveau coronavirus. Et, la troisième leçon est l’obligation qui nous est faite de construire le pays. Avec les frontières fermées, le pays doit penser à produire les nécessaires pour prendre soin de ses habitants.

Woovins St Phard

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