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Le décret présidentiel 20 mai 2020 pourrait engendrer des tensions entre les citoyens et les agents de police

Le décret présidentiel 20 mai 2020 pourrait engendrer des tensions entre les citoyens et les agents de police

Déjà très contesté par certains hommes de loi, le décret présidentiel du 20 mai 2020 est au centre de l’actualité liée à la Covid-19 dans le pays. Avec un total de 27 articles, d’aucuns estiment cette décision du chef de l’État vient compliquer la tâche des forces de l’ordre, décriées ces derniers jours, vis-à-vis de la population. En effet, les libertés individuelles et publiques se retrouvent davantage menacées.

Pour le Collectif défenseurs plus, le respect des droits fondamentaux et des libertés publiques doit être au centre de la lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus dans le pays. « Ce décret de 27 articles, dit le Collectif, a également restreint certaines libertés publiques durant la période d’état d’urgence sanitaire, comme l’interdiction de réunir plus de 5 personnes en milieu clos ou ouvert, le maintien du couvre-feu de 8 heures du soir à 5 heures du matin, interdisant la circulation des personnes ».

De ce décret fixant les règles générales de protection de la population face à la Covid-19, si le Collectif défenseurs plus a laissé savoir que certaines dispositions sont « pertinentes » pour éviter la propagation du virus, d’un autre côté, il a déploré le fait que l’Exécutif n’a pas consulté les organisations sociales dans la prise de ces mesures contraignantes.

Comme l’une des mesures contraignantes du décret, l’on trouve une peine de vingt mille (20.000) gourdes d'amende, de quinze (15) jours d'emprisonnement ou de trente (30) jours de travail d'intérêt général à déterminer par le Conseil municipal, pour la publication de photo, de vidéo ou toute autre technique de capture d'image, sur les réseaux sociaux, de cadavres de personnes mortes de la Covid-19.

En effet, en son article 23, le décret a précisé l’instance qui devrait prononcer sur les sanctions. « Les peines prévues, par le présent décret, sont prononcées par le tribunal de simple police compétent toutes affaires cessantes, sans remise ni tour de rôle, sans préjudice des dommages et intérêts », peut-on lire.

Cependant, pour l’article précité, le Collectif défenseurs plus voit les choses différemment. En effet, l’organisation de défense des droits humains estime que « les tribunaux de simple police dans le pays qui devraient prononcer des peines d’emprisonnement et d’amande ne fonctionnent pas convenablement durant la période de la crise sanitaire et ne pourront respecter eux-mêmes, les dispositions du décret ». Pour le Collectif, une telle situation « pourrait augmenter le nombre de personnes en garde à vue dans les commissariats de police qui sont déjà en mauvais état et favorables à la propagation de la pandémie ».

D’un autre côté, faut-il signaler, le Collectif croit le manque d’informations de la population sur les mesures nécessaires pour lutter contre la propagation de la Covid-19 pourrait occasionner des tensions entre les citoyens et les agents de police. À rappeler, pendant que le pouvoir a pris les dispositions pour emprisonner et autres, les contrevenants au décret, dans certains commissariat et centre carcéral du pays, la Covid-19 a déjà fait son entrée.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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