Artibonite : le directeur départemental de l'Environnement tire la sonnette d'alarme sur la situation dans le département
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La situation environnementale est alarmante dans l'Artibonite selon ce qu'a fait savoir le directeur départemental du ministère de l'Environnement dans l'Artibonite, Agr Bentley Douceur. Il met en cause le manque de moyens du bureau départemental pour assurer une surveillance optimale dans le département et maintenir une présence constante dans toutes les communes du département.
Invité à parler des dispositions prises par la direction départementale de l'Environnement à l'approche de l'ouverture de la saison cyclonique à l'émission « Ann pale san manti » de la radio Explosion, M. Douceur a exposé les limites de son bureau pour accomplir correctement son travail. « Le ministère de l'Environnement est traité en parent pauvre par rapport au budget qui lui est attribué pour accomplir sa mission. Mais au niveau de la direction départementale, nous menons des actions sans faire de bruit par rapport à nos faibles moyens. Cependant au fur et à mesure nous avançons, par exemple sur le plan de l’éducation environnementale, nous menons des actions de sensibilisation et de conscientisation depuis quelque temps sur cinq communes du département à savoir : Gonaïves, Saint Marc, Petite Rivière de l'Artibonite, Saint Michel de l'Attalaye et Gros-Morne. Nous avons, conjointement avec le ministère de l'Éducation nationale, ciblé quatre écoles par commune pour conscientiser les élèves sur l'importance des arbres, les inculquer l'amour de la nature. En fait, notre génération a déjà causé tellement de dégâts sur l'environnement, nous ne voulons pas que cela se reproduise à l'avenir. Nous essayons d'aller à la base à travers l'éducation environnementale de conscientiser les enfants à sur ce point. À vrai dire, ce ne sont pas des activités en grande pompe, mais nous avançons timidement sur le plan de l'éducation environnementale. Autre chose, nous travaillons avec les associations de base sur des séances de formation quand nous sommes sollicités sur des séances de formation sur la gestion de déchets ou sur l'éducation environnementale et la régénération de l'environnement. Car, à cause des manques de moyens nous ne pouvons pas organiser ces activités. Nous jouons aussi le rôle d'avangardiste pour tirer la sonnette d'alarme sur un ensemble de fléaux qui dégradent l'environnement tels que la construction anarchique, l'exploitation des carrières, l'élevage libre et l'abattage systématique des arbres », a commenté l'agr Bentley Douceur.
« Nous avions eu des agents dans toutes les communes du département jusqu’à récemment, mais maintenant pour une raison ou pour une autre, ils sont suspendus. Je ne sais pas s'il s'agit d'un problème de budget ou d'un problème politique. Par conséquent, il y a une nouvelle répartition de tâche qui a été effectuée avec les employés du ministère. Leur rôle était de veiller au respect des normes environnementales et la freiner la dégradation. Car, au point où nous sommes, comme directeur ou simple citoyen, je peux dire pour le moment présent que la situation est alarmante », a-t-il ajouté
Le directeur n'a pas manqué de critiquer la vague de constructions presque anarchiques des stations de services dans le département dans le dos de la direction départementale qu'il dirige. « Prenons par exemple la construction des stations de services qui observée un peu partout dans le département, cela relève de la compétence du ministère de l'Environnement. Il faut aller voir le ministère à travers le Bureau national d'évaluation environnementale (BNEE) pour réaliser une enquête d'impact pour évaluer les risques de la construction sur l'environnement. Quand on construit une station de services au milieu de la ville avec une usine à proximité qui utilise produits hautement flammables, à n'importe quel moment des dégâts peuvent survenir. Imagine toi, quelqu'un qui souhaite construire une station d'essence, la Mairie lui donne une autorisation. Dans sa tête, il est correct. Sans oublier d'autres aspects politiques qui vont s'ajouter. Cependant avant même de délivrer l'autorisation il devrait y avoir une étude technique pour mener une étude d'impact pour évaluer le degré de danger sur milieu », s'indigne le directeur départemental qui justifie ce manque par l'absence d'une loi-cadre qui régit le fonctionnement du ministère de l'Environnement.
Concernant la saison cyclonique, l'Agr Douceur dit attendre encore les autres secteurs pour en discuter. Pour lui, la direction départementale a déjà un plan finalisé pour agir contre la Covid-19 et entrer avec sérénité dans la période cyclonique.
Lesly Succès
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