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Mandat présidentiel: les dessous des déclarations de la communauté internationale

Mandat présidentiel: les dessous des déclarations de la communauté internationale

Depuis quelques jours, les débats sur l’organisation prochaine des élections en Haïti et la fin du mandat présidentiel occupent les esprits. La bataille pour le pouvoir recommence. L’opposition s’est réactivité, et annonce le début des mouvements populaires visant à déloger Jovenel Moise du pouvoir d’ici quelques mois (février 2021). De son côté, le chef de l’État haïtien fait appel à la communauté internationale qui n’a pas hésité à se positionner très rapidement du côté du pouvoir.

Dans certains pays, notamment le Venezuela, l’opposition et le pouvoir essaient de faire une trêve, signent des accords, afin de combattre la pandémie du coronavirus. Pourtant, chez nous en Haïti, la bataille pour le pouvoir recommence, à un moment où la maladie semble atteindre son pic dans le pays. La communauté internationale, soutien infaillible de Jovenel Moise, s’est déjà mêlée de la partie. Mais comme on le sait bien, sa position n’a jamais facilité les choses. Et beaucoup de ces pays dits amis d’Haïti n’hésiteraient pas une seconde à tourner la situation en leur faveur, au détriment du peuple haïtien.

Le contexte actuel veut que toutes les forces vives de la nation doutent de la réalisation des élections avec Jovenel Moise au pouvoir. Mais l’OEA et les pays réunis dans le « Core group » s’embarquent. Ils apportent tous leur appui irremplaçable au pouvoir sans même chercher à comprendre si les mécanismes nécessaires à la réussite de ces élections, dont un accord populaire, sont déjà en place. Le secrétaire général de l’OEA, Luis Amalgro, sans chercher à comprendre que ce sujet relève uniquement de la compétence des constitutionnalistes haïtiens, tente de placer le dernier mot, en affirmant que la fin du mandat présidentiel en Haïti est pour le 7 février 2022.

Avec l’aide des diplomates du « Core Group », Jovenel Moise tente de renforcer son intention de ne pas céder le pouvoir en 2021. Ces diplomates du Core Group promettent déjà d’appuyer le processus électoral devant aboutir au renouvellement du personnel politique et à l’alternance présidentielle en 2022. Une position pour couper souffle aux éventuels mouvements visant à chasser Jovenel Moise au Palais national en février 2021.

Sous prétexte de soutenir l’état de droit dans le pays, ces dirigeants affichent un support inconditionnel au président haïtien qui envisage de rester au pouvoir jusqu’en 2022. Un flou dans l’interprétation de l’article 134.2 de la Constitution haïtienne de 1987 laisse entrevoir que Jovenel Moise devrait quitter le pouvoir en 2021, mais les interprétations de l’équipe aux pouvoirs laissent comprendre que le président doit partir en 2022. Des positions divergentes qui peuvent envenimer la crise en Haïti.

Ainsi, dans le meilleur des cas, la position la plus honnête des acteurs de la communauté internationale serait d’encourager les acteurs politiques nationaux à trouver enfin un consensus. Un consensus à partir duquel tout le monde serait mis d’accord sur la nécessité d’un départ de Jovenel Moise soit en 2021 ou 2022. Toute position déclarée et sans condition du côté du pouvoir en place de la part d’un ou des États étrangers peut être interprétée comme un désir de mettre les acteurs face à face et de les attendre au carrefour de l’éclatement social, puisqu’on n’en est pas loin.

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