Shada : un autre défi à relever
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Depuis quelque temps, Shada, un bidonville du Cap-Haitien fait la une de l’actualité. Cette petite localité est devenue un repaire de bandits armés. C’est comme un autre « Village de Dieu » au cœur de la ville du Cap-Haitien. Quand les gangs armés opèrent, la deuxième ville du pays est séparée de plusieurs autres endroits du pays, dont ceux du département du Nord-Est. En plus des autres repères de gangs armés du pays, Shada vient de s’ajouter à la liste des défis à relever par l’institution policière.
Les défis sont de taille pour la Police nationale d’Haïti. Alors que l’institution policière n’arrive même pas à gérer les gangs armés au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, des communautés en province, réputée paisible dans le temps, commencent elles aussi à devenir des repaires de bandits. La ville du Cap-Haitien, qui jouissait dans le temps d’une réputation irréprochable en ce sens, défraie la chronique depuis l’année dernière avec la naissance des clans armés au niveau de Shada I et II, Labori, Nan Bannann, etc. à l’image de « Village de Dieu et Baz Pilate », « Gran Ravine et Ti bwa », quand ces bandits armés livrent bataille, la population en fait les frais.
Depuis plusieurs jours, la ville est en proie à des affrontements sanglants. Des paisibles citoyens du quartier de Shada fuient en grand nombre ce quartier dirigé par un certain « Ti Junior ». Des affrontements de la semaine écoulée ont fait plusieurs victimes, dont un agent de la PNH. Et quelques heures après les affrontements sanglants, plusieurs maisonnettes ont été incendiées au niveau de Shada II. Le groupe armé de Nan Bannanm, rival du groupe de Shada II est accusé d’avoir orchestré cet acte. Lors de l’intervention policière, 16 individus ont été interpellés, mais cela est insuffisant à faire cesser les hostilités. Dans la soirée du dimanche 14 juin, des tirs nourris d’armes de hauts calibres ont été entendus dans ces zones après que 2 cadavres ont été retrouvés.
Des autorités du pouvoir en place indexées
En effet, des sources concordances ont fait savoir que ces affrontements entre Shada et Nan Bannann ont démarré l’année dernière, suite à une distribution d’argent et d’armes automatiques par le délégué départemental Nord, Pierrot Augustin Degaul, à l’approche du 18 novembre, commémoration sabotée par les épisodes de « pays lock » en Haïti. Par ailleurs, dans les poches des bandits tués lors des affrontements avec la PNH, des cartes d’agents de sécurité délivrées par le délégué départemental du Nord, Pierrot Augustin Degaul ont été retrouvées.
Le commissaire du gouvernement, Me Richmond Florival, qui confirme ces informations, laisse entendre que représentant de l’Exécutif dans le Nord sert d’entrave à la chasse aux gangs armés lancée par les autorités judiciaires et policières de la juridiction. Déjà, les torchons brûlent entre le chef de la poursuite et le délégué départemental qui, d’après les déclarations de Me Florival, est en tain de faire tout ce qui est possible pour le faire révoquer. À chaque bandit arrêté dans ce gang, le délégué est intervenu directement ou par des personnes interposées pour exiger sa libération, déclare le commissaire du gouvernement.
Par contre, le délégué départemental, accusé d’être le fournisseur du gang Ajivit basé à Shada, nie toute implication dans cette affaire, et attribue tout à des manœuvres politiques. Il affirme que les questions sécuritaires concernent la police et la justice uniquement, et qu’il n’a aucun rapport avec les groupes armés de cette zone. La politique a toujours joué des tours à la justice quand il s’agit de traquer les bandits armés du pays. Que ce soit au niveau de Port-au-Prince ou dans les villes de province, les autorités policières et judiciaires ont toujours eu en face d’eux des hommes politiques qui empêchent tout démantèlement de gangs armés. Pacifier le pays revient à démanteler tous les réseaux de gangs armés qui s’y trouvent. En raison de la politique qui interfère à tout bout de champ, démanteler un gang est devenu de plus en plus difficile. Et dans la liste des difficultés à résoudre par les autorités policières et judiciaires viennent s’ajouter plusieurs gangs armés de la ville du Cap-Haitien qui semblent être bien alimentés financièrement en armes automatiques de grands calibres.
Evens REGIS
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