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Éditorial

Pour l’image !

Pour l’image !

Il fut un temps, à la fin des années 80 du siècle dernier, la démocratie était porteuse de belles promesses tout en identifiant ses monstres qui pouvaient se tenir dans une liste connue de tous. L’apprentissage dans l’euphorie, avec sa capacité de générer ses calculs optimistes, a accouché de tant de libertés qu’en 2017 nous nous payons le luxe rare de perdre le nord, la mesure, la tolérance et tout le pays qui va avec.  Les libertés, celle de la presse et celle de la participation à la gestion de la l’État, s’affrontent et le pugilat que vient de nous servir le respectable maire de la troisième ville du pays est un acte qui fera date, même quand il est loin d’être fondateur. Nous avons, en effet, l’habitude, presque la culture, des chefs tontons flingueurs qui, des sommets de leurs fonctions, ont ce désir de rétablir l’autorité de l’État pour changer l’image du pays.

Il fut un temps, à la fin des années 80 du siècle dernier, la démocratie était porteuse de belles promesses tout en identifiant ses monstres qui pouvaient se tenir dans une liste connue de tous. L’apprentissage dans l’euphorie, avec sa capacité de générer ses calculs optimistes, a accouché de tant de libertés qu’en 2017 nous nous payons le luxe rare de perdre le nord, la mesure, la tolérance et tout le pays qui va avec.

 Les libertés, celle de la presse et celle de la participation à la gestion de la l’État, s’affrontent et le pugilat que vient de nous servir le respectable maire de la troisième ville du pays est un acte qui fera date, même quand il est loin d’être fondateur. Nous avons, en effet, l’habitude, presque la culture, des chefs tontons flingueurs qui, des sommets de leurs fonctions, ont ce désir de rétablir l’autorité de l’État pour changer l’image du pays.

Justement, l’image, quand il s’agit d’un pays, n’est pas la réalité ni même son miroir. Il est devenu banal que tel responsable politique, tel gestionnaire de l’État ou tel « développementiste » dénonce la presse malfaisante qui salit l’image du pays, fait fuir les touristes et bloque les investissements internationaux. Comme il s’agit de moteurs de croissance, les journalistes qui font du questionnement l’essence de leur métier risquent la peine infamante d’empêcheurs de tourner en rond. Les nouveaux fossoyeurs du pays et des rêves de bien-être du peuple.

 Le maire n’avait pas besoin d’exposer naïvement sa nostalgie des bons vieux temps et fiables appareils de la répression. Il n’avait qu’à suggérer, à la population déjà pauvre, le lynchage d’un journaliste qui s’est permis d’écorner l’image d’une plage, qui rapporte beaucoup, par des articles mensongers et qui n’ont de but que de faire fuir ceux capables d’apporter de l’argent dans la communauté. C’est tellement plus subtil et tellement plus populiste que l’incarcération, l’exil ou l’exécution.

 La mode est à l’adhésion aux discours. Comme s’il suffisait de tweeter une photo retouchée pour changer la réalité d’une population. Sous le règne des Duvalier, les chefs, criminels ou pires monstres, avaient le don et la lucidité de cacher la misère derrière des palissades. De nos jours, le journaliste doit-être un relai du fait communiqué. Pour le bien du pays. « Contrairement au journalisme d’enquête, la publicité n’est jamais mensongère », disent ces fameux défenseurs de l’ « image du pays » !

Nous sommes confiants que M. le Maire, dans ses attributions d’autorité compétente, trouvera les bonnes formules pour défendre son travail et sa communauté. Les bons vieux droits de réponse et les poursuites en justice peuvent encore servir.

 Dans une démocratie, le droit de réponse ne peut pas se transformer en expressions de haine ni en instrument de persécution.

Le mot du maire compte, mais ce n’est pas le dernier.

Jean-Euphèle Milcé

Roody Edmé

Robenson Bernard

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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