Vous avez dit gestion !
Dernières semaines, des rencontres ont eu lieu au Palais national entre le président de la République et les maires de la zone métropolitaine. Suivant ce qui a filtré dans la presse, il serait question de mettre en place une structure interétatique pour faire face au problème récurrent d’insalubrité dans la ville. En effet, le quotidien des citoyens de la zone métropolitaine est lourdement affecté par ces montagnes de détritus qui obscurcissent l’horizon d’une capitale qui fut l’une des plus belles villes de la Caraïbe.
Dernières semaines, des rencontres ont eu lieu au Palais national entre le président de la République et les maires de la zone métropolitaine. Suivant ce qui a filtré dans la presse, il serait question de mettre en place une structure interétatique pour faire face au problème récurrent d’insalubrité dans la ville.
En effet, le quotidien des citoyens de la zone métropolitaine est lourdement affecté par ces montagnes de détritus qui obscurcissent l’horizon d’une capitale qui fut l’une des plus belles villes de la Caraïbe.
Se lever tous les jours dans une ville qui a du mal à se défaire de ses ruines et dont les rues sont noyées d’alluvions après la moindre averse porte à douter fortement de la capacité de l’État à faire face aux défis environnementaux. La multiplication d’initiatives de nettoyage aussi soudaines qu’éphémères n’est que cautères sur jambe de bois et ne constitue nullement des réponses à une situation devenue structurelle et qui semble être installée dangereusement dans nos moeurs. Car depuis quelque temps certains riverains de nos quartiers n’hésitent pas à se débarrasser de leurs déchets en les jetant sur la chaussée à toute heure du jour ou de la nuit, et ce en toute impunité. Ceci, on doit le souligner n’est pas une exclusivité des quartiers populaires : Il n’est pas rare de voir des gens bon chic bon genre, descendre de leurs luxueuses voitures pour se livrer sur les trottoirs à ces actes d’une rare incivilité.
Ces rencontres entre élus au Palais national ouvrent donc une fenêtre d’opportunité pour qu’enfin les autorités étatiques prennent leurs responsabilités sur une question qui fait mal à la citoyenneté : la dégradation inexorable de l’environnement et la réduction à une peau de chagrin de notre qualité de vie.
Encore faudra-t-il assurer le suivi de ces initiatives, sortir des approximations habituelles et s’assurer d’une gestion rationnelle et à long terme des déchets sur l’étendue du territoire, car d’autres villes du pays souffrent aussi de ce mal structurel. Selon ce qu’aurait confié le maire de Carrefour, M. Jude Edouard, une des décisions importantes convenue au cours de ces rencontres serait de fournir aux mairies des équipements de voirie nécessaires au travail de collecte dans leurs communes respectives.
Toute chose qui aurait pour vertu de permettre une décentralisation de la gestion des déchets et qui ferait du Service métropolitain de Collecte des résidus solides, une institution d’appoint et non plus cette structure fantomatique, dépourvue de moyens mécaniques et financiers avec des employés cumulant des arriérés de salaires et peu motivés.
Dans un autre domaine, la présidence a annoncé la création d’une Commission pour la réforme de nos hôpitaux publics et une autre Commission pour l’insertion des jeunes dans la vie publique.
L’exécutif semble ainsi vouloir toucher à des problèmes graves qui plombent la vie dans nos cités : l’absence de services de propreté et la gestion chaotique de nos hôpitaux ; la désespérance des jeunes qui n’ont plus foi en l’avenir et qui se lancent à corps perdu dans l’exode sud-américain. Cependant, le fond de la question demeure de faire appliquer les résolutions qui sortiront de ces assises.
L’État haïtien est connu pour sa propension à créer des commissions à chaque fois qu’il se trouve dans une impasse et de ne pas ensuite en assurer le suivi. Les tiroirs de nos ministères sont remplis de rapports de commissions et de propositions de projets qui jusqu’ici n’ont jamais été suivies d’effet. On croise maintenant les doigts pour que les dispositions annoncées ne soient pas encore une fois renvoyées aux calendes « haïtiennes ».
Roody Edmé
Robenson Bernard
Roody Edmé
Roody Edmé
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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