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Éditorial

Le cri de la Grand’Anse

Le cri de la Grand’Anse

Il existe en circulation sur les réseaux sociaux un cri de détresse lancé par John Kadafy Noël de « Jérémie Communication » sur les dangers que court le pont Dumarsais Estimé, jeté sur la Grand’Anse, entre 1948 et 1950. En effet, Dumarsais Estimé, au cours d’une tournée à Jérémie, peu après son élection au second degré, devait promettre à cette ville le plus bel ouvrage d’art routier jamais réalisé au pays, même sous Florvil Hyppolite, reconnu comme l’homme des infrastructures solides. Estimé tint parole et prit le contre-pied de cette déclaration de Nikita Khouchtchev : « Les politiciens sont les mêmes partout. Ils promettent de construire un pont même là où il n’y a pas de fleuve ». Dumarsais Estimé reste et demeure le plus bel exemple de politicien intègre, respectueux de sa parole et dénué de toute rancune dommageable pour le pays.

Il existe en circulation sur les réseaux sociaux un cri de détresse lancé par John Kadafy Noël de « Jérémie Communication » sur les dangers que court le pont Dumarsais Estimé, jeté sur la Grand’Anse, entre 1948 et 1950.

En effet, Dumarsais Estimé, au cours d’une tournée à Jérémie, peu après son élection au second degré, devait promettre à cette ville le plus bel ouvrage d’art routier jamais réalisé au pays, même sous Florvil Hyppolite, reconnu comme l’homme des infrastructures solides. Estimé tint parole et prit le contre-pied de cette déclaration de Nikita Khouchtchev : « Les politiciens sont les mêmes partout. Ils promettent de construire un pont même là où il n’y a pas de fleuve ». Dumarsais Estimé reste et demeure le plus bel exemple de politicien intègre, respectueux de sa parole et dénué de toute rancune dommageable pour le pays.

 Ce pont, le plus long jeté sur une rivière en Haïti, a été baptisé « Un alexandrin métallique » par le poète Jean F. Brierre, qui eut l’honneur de prononcer le discours d’inauguration, à la demande du président de la République. Depuis, des ponts de fraternité et d’amitié ont été jetés entre de jeunes poètes, artistes et écrivains qui partaient en colonie de vacances à Gébeau et ailleurs, pour traverser à pied ce long “ vers” de douze pieds décrit par un Jérémien au puissant souffle poétique.

 D’après le reportage vidéo de John Kadafy Noël, l’état déplorable de ce bel ouvrage d’art, porte le maire actuel de Jérémie, M. Claude Harry Milord, à prendre un certain nombre de mesures pour ralentir son usure. Il est défendu aux camions de plus de 30 tonnes de le traverser, y compris deux véhicules privés en même temps. Certaines administrations communales antérieures s’étaient contentées de le rafraichir d’une couche d’aluminium, sans se soucier de la rouille qui le ronge à même le tablier.

Qui ne se rappelle l’affaissement de ce pont à Port-au-Prince, dont certains écrous et boulons ont été volés, causant ainsi de graves accidents? Tel semble être le cas pour le pont de la Croix-des-Missions, en très piteux état depuis fort longtemps.

La situation du pont de la Grand ’Anse, mise à nu par ce vidéo-reportage, qui circule à la vitesse de l’éclair, devrait pouvoir interpeller nos dirigeants qui parcourent cette région en caravane et qui, pour pénétrer dans la ville de Jérémie avec leurs tonnes de promesses, doivent traverser ce pont âgé de 67 ans. Trop vieux pour supporter le poids de nos politiques improductives et insensées.

Le cri de la Grand ’Anse, c’est aussi l’absence d’autres moyens de voyage, de Port-au-Prince à Jérémie, que par la route. Jean-Claude Fignolé est parti sans réaliser son rêve de remettre un bateau en mer, tandis que le ciel se prive de cet objet volant qui réduit considérablement la distance entre l’Ouest et la Grand ’Anse.

 Bien que de tristes souvenirs de voyage nous remontent à la mémoire, tel ce crash d’avion des années 60 qui coûta la vie à beaucoup de Jérémiens, ainsi que l’inoubliable tragédie de Neptune en haute mer, des Grand’Anselais, économiquement faibles ou forts, privilégient encore ces deux voies, soit pour économiser de l’argent ou pour gagner du temps.

Le trajet par la route présente toutefois d’heureux avantages; il permet non seulement de faire du tourisme intérieur, mais aussi de faire provision d’air frais dans les montagnes et de prendre un bain dans une rivière, comme à Glace, au temps du passage à gué. C’est bien nécessaire un pont; il sauve bien des vies. Cependant, il faut l’entretenir, pour éviter davantage de malheurs, s’il s’affaisse par manque d’entretien.

Mérès M. Weche

Robenson Bernard

 Roody Edmé

Roody Edmé

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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