L’analyse demeure difficile dans un pays où tout est manipulation, faux semblant, paraître, défense en sous-mains d’intérêts particuliers souvent sordides qui ne veulent pas, qui ne peuvent pas s’avouer. Ainsi, même la logique la plus simple peut vous emmener sur de fausses pistes si l’on ne tient pas compte de paramètres bien réels qui vont eux-mêmes influer de manière déterminante sur les manières de penser et de faire, et donc sur l’évolution d’une société qui peine à trouver sa voie dans la modernité.
L’analyse demeure difficile dans un pays où tout est manipulation, faux semblant, paraître, défense en sous-mains d’intérêts particuliers souvent sordides qui ne veulent pas, qui ne peuvent pas s’avouer. Ainsi, même la logique la plus simple peut vous emmener sur de fausses pistes si l’on ne tient pas compte de paramètres bien réels qui vont eux-mêmes influer de manière déterminante sur les manières de penser et de faire, et donc sur l’évolution d’une société qui peine à trouver sa voie dans la modernité.
L’armée a été dissoute au retour du président Aristide après le coup d’État de 1991. On avait tout à lui reprocher comme aux autres armées d’Amérique latine. Les autres pays ont réussi une transition permettant au pouvoir civil de gouverner et aux militaires de se cantonner à leur mission. Ici, toutes les raisons officiellement données pour la démobilisation de l’armée ne cachaient qu’une chose. Pouvoir utiliser sans encombre la violence de la rue avec laquelle le pouvoir en place comptait se maintenir à vie comme le rêvent tous nos dirigeants.
Aujourd’hui, le gouvernement actuel veut avancer à grands pas vers le rétablissement de l’armée. On devrait commencer un recrutement. Certains applaudissent. Et c’est là qu’on se retrouve dans ce cul-de-sac que crée le refus de résoudre les vrais problèmes qui se posent à la nation. Il est indiscutable que le pays a besoin d’une force de sécurité, d’une armée dédiée à des tâches bien spécifiques. Mais qui va s’assurer que cette nouvelle force sur l’échiquier va se cantonner à sa mission et que le pouvoir politique ( exécutif ou législatif) ne va pas s’empresser de la domestiquer ? Malgré la présence des Nations unies, on a vu comment les pouvoirs ont tout fait pour avoir le contrôle absolu de la force policière uniquement pour la défense de leurs propres intérêts et donc des groupes qui tiennent à maintenir un statu quo préjudiciable à la nation. Déjà, on peut avancer sans se tromper, connaissant notre idiosyncrasie, que cette première classe qu’on va recruter, et les autres seront passées au peigne fin par l’administration en place en vue de s’assurer de la sympathie des nouveaux militaires. On tient certainement – c’est le réflexe morbide chez tous dirigeants haïtiens – à se maintenir aux pouvoirs par tous les moyens. Et cette force constamment en butte aux pressions politiques se dira un jour, qu’au lieu de faire le jeu des autres, qui sont loin d’être meilleurs qu’elle, pourquoi pas le pouvoir à ceux qui effectivement disposent des vrais moyens de coercition. Il faudrait trouver dès le départ, cela nécessiterait une implication de tous les secteurs du pays, un mécanisme transparent et sécuritaire pour remobiliser l’armée sans qu’elle soit dès le départ sous la coupe d’un quelconque gouvernement ou de groupes d’intérêts antinationaux. Et qu’elle demeure donc professionnelle et totalement apolitique.
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