La problématique des soins de santé en Haïti
Le système de soins de santé DASH, établi en Haïti depuis quelques années, a proposé à la population un programme de couverture médicale dite « Carte avantage santé (CAS)». Un sigle qui semble dénoter chez DASH le désir de prendre en considération le «cas» de ces milliers de laissés-pour-compte, qui ne peuvent se payer le luxe d’une «consultation» médicale, voire les soins de santé, assortis de médicaments et d’analyses de laboratoire. La malice populaire, ne dit-elle pas qu’en Haïti on ne peut se permettre d’être malade ?... Et dire que ce truisme est valable pour les riches comme pour les pauvres, car une dialyse est la chose la plus redoutée au pays, et je dirais même la plus risquée, dans un contexte de fréquentes coupures d’électricité. Tous, démunis et fortunés, ont quotidiennement la mort aux trousses. Ne cesse-t-on pas de répéter que c’est devant cette inéluctable fin dernière de l’homme que pauvres et riches deviennent égaux?
Le système de soins de santé DASH, établi en Haïti depuis quelques années, a proposé à la population un programme de couverture médicale dite « Carte avantage santé (CAS)». Un sigle qui semble dénoter chez DASH le désir de prendre en considération le «cas» de ces milliers de laissés-pour-compte, qui ne peuvent se payer le luxe d’une «consultation» médicale, voire les soins de santé, assortis de médicaments et d’analyses de laboratoire. La malice populaire, ne dit-elle pas qu’en Haïti on ne peut se permettre d’être malade ?... Et dire que ce truisme est valable pour les riches comme pour les pauvres, car une dialyse est la chose la plus redoutée au pays, et je dirais même la plus risquée, dans un contexte de fréquentes coupures d’électricité. Tous, démunis et fortunés, ont quotidiennement la mort aux trousses. Ne cesse-t-on pas de répéter que c’est devant cette inéluctable fin dernière de l’homme que pauvres et riches deviennent égaux?
En attendant d’être dix pieds sous terre, remettons les deux pieds sur terre. À quel prix un pauvre peut-il obtenir cette Carte d’Assurance Santé (CAS) proposée par DASH ? Sa valeur marchande, par personne assurée, étant de l’ordre de 1500 gourdes chaque six mois. N’allez pas demander à une famille de la classe moyenne comptant plusieurs membres de se la procurer, encore moins celles situées au plus bas niveau de l’échelle sociale.
La carte (CAS) serait, par contre, d’une importance capitale pour les petites bourses, si elle était en partie subventionnée par l’État, à partir de taxes mises sur les produits de luxe; ce serait une juste rétribution, si les plus fortunés de la population haïtienne, arrivaient à soutenir la grande masse paupérisée, en matière de santé publique et de bien-être social.
Dans une étude publiée dans Canal Vie, portant le titre « L’argent et le couple», il ressort que la question monétaire occupe la première place dans la discorde au foyer. C’est une vérité évidente en Haïti que le divorce, pour raison financière, est devenu, ces derniers temps, la chose la mieux partagée.
En Amérique du Nord, comme en Europe, où les deux conjoints travaillent (un cas classique), les frais fixes, tels que le loyer, l’électricité, l’épicerie et les dépenses liées à l’entretien du foyer et au soin des enfants, sont généralement effectués au prorata du salaire de chacun. D’autres frais impératifs ou occasionnels peuvent être assumés par celui ou celle qui gagne le plus. Dans un tel cas d’espèce, Canal Vie propose le rapport suivant pour les frais fixes : plus bas salaire 21% et plus haut salaire 78%. En arrondissant, on obtient 25% et 75%.
En Haïti où l’un ou l’autre des conjoints reste à la maison, par choix concerté ou à défaut de travail, la dynamique familiale devrait pouvoir entrer en ligne de compte, car il n’y a aucune raison pour que la personne en question se sente diminuée et n’ait pas les mêmes considérations au foyer que si elle travaillait.
Un cas très courant en Haïti, pour ne pas dire presque généralisé dans le lumpenprolétariat, aucun des deux conjoints ne travaille; c’est la manière classique de faire plus d’enfants. Gagner sa vie par raps et rapines devient donc la règle du jeu. Ceux et celles qui se la coulent douce s’en plaignent évidemment. C’est là qu’intervient l’État pour réglementer la vie sociale et assurer le bien-être collectif.
Revenons à la proposition de DASH : une Carte assurance santé (CAS) pour tous. Il faut non seulement du travail, mais un salaire décent. N’est-ce pas la problématique actuelle au pays ?
Méres M. Weche
Roody Edmé
Il est temps de revoir nos méthodes de lutte pour le changement souhaité par tous. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur notre passé pour se rendre compte que contrairement aux idées reçues, tous les conflits ne sont pas porteurs d’espérance ; il existe de ces déchirements qui n’apportent que plus de misère et creuse encore plus le fossé du sous-développement.
C’est Demesvar Delorme, un de nos grands théoriciens qui écrivait déjà il y a deux siècles : « Les agitations sont devenues l’état normal de la République. Il n’en pouvait être autrement…chacun voulut chercher son bien être dans les places lucratives au moyen des insurrections : il y eut des insurrections de palais, des insurrections de Sénat qui sont un genre tout à fait nouveau. Les questions de politique pure et les questions personnelles l’emportent sur le reste ». Sténio Vincent in le glissement de la nation p28.
Voilà pourquoi amis lecteurs, les nouvelles aussi rares que minimes soient-elles, jettent du baume sur nos blessures à vif, même si une hirondelle ne fait pas le printemps !
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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