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Éditorial

Les sous de nos frères

Les sous de nos frères

Qui ne connait pas un ami, une connaissance, ayant émigré en Amérique latine, en particulier le Chili ?  On consent tous les sacrifices pour effectuer le voyage en se disant que de toute manière, ce ne sera pas pire que chez soi.  Le pays se vide d’une partie de sa force vive. Aucune autorité n’a établi un relevé sur le nombre de compatriotes partis ainsi. C’est le signe du peu de confiance en l’avenir de notre pays. Si l’on se méfie ainsi du futur, c’est qu’on n’accorde aucun crédit à nos dirigeants. D’ailleurs, on n’entend aucune intervention des pouvoirs publics sur cette vague de départs. Certains diront qu’il s’agit là d’un droit qu’on ne peut enlever à aucun citoyen. Celui de partir vers le pays qu’on veut pour chercher la vie. Sauf que, la vie, chez nous, on semble la vouloir seulement pour une minorité. Une minorité qui parce qu’elle jouit de tous les privilèges croit que tout est beau, tout est parfait et qu’il n’y a vraiment pas lieu, mais pas lieu du tout, de changer quoi que ce soit à nos manières de penser et de faire.

Qui ne connait pas un ami, une connaissance, ayant émigré en Amérique latine, en particulier le Chili ?

 On consent tous les sacrifices pour effectuer le voyage en se disant que de toute manière, ce ne sera pas pire que chez soi.

 Le pays se vide d’une partie de sa force vive. Aucune autorité n’a établi un relevé sur le nombre de compatriotes partis ainsi. C’est le signe du peu de confiance en l’avenir de notre pays. Si l’on se méfie ainsi du futur, c’est qu’on n’accorde aucun crédit à nos dirigeants. D’ailleurs, on n’entend aucune intervention des pouvoirs publics sur cette vague de départs. Certains diront qu’il s’agit là d’un droit qu’on ne peut enlever à aucun citoyen. Celui de partir vers le pays qu’on veut pour chercher la vie. Sauf que, la vie, chez nous, on semble la vouloir seulement pour une minorité. Une minorité qui parce qu’elle jouit de tous les privilèges croit que tout est beau, tout est parfait et qu’il n’y a vraiment pas lieu, mais pas lieu du tout, de changer quoi que ce soit à nos manières de penser et de faire.

 On a beaucoup parlé des millions que la diaspora haïtienne au Chili a déjà transférés en Haïti. C’est la seule valeur qu’on concède à cette population qu’on méprise. Elle vaut de l’or quand, après lui avoir donné des coups de pied aux fesses, elle prend les airs ou la mer. Cet argent que chaque compatriote, après avoir sué sang et eau, envoie à sa famille souffrante restée en Haïti, on la convoite avec une férocité sans pareille. On monte mille stratégies pour récupérer le plus possible de cette manne. On devrait avoir la décence de ne pas exhiber ce montant des transferts comme un chiffre d’un rapport économique, une rentrée d’argent à la disposition de l’État ou d’un gouvernement alors qu’il s’agit de sacrifices consentis pour la vie de gens oubliés, malmenés, méprisés dans leur propre pays. Ceux qui dirigent ce pays devraient avoir honte de manier un sou de cet argent sinon que pour l’investir dans des projets visant à améliorer le quotidien de la population.

La diaspora, pour nos économistes travaillant leur science tel un domaine abstrait, dénué de toute morale, où l’avoir, l’argent est plus important que l’humain, est seulement une importante source de revenus. On aurait pu mettre des structures en place pour favoriser les investissements de la diaspora, garantir à nos compatriotes de l’étranger une sécurité maximale pour leurs vies et leurs biens placés en Haïti. Cela renforcerait véritablement notre économie et permettrait de créer un nombre significatif d’emplois pour diminuer cette hémorragie vers les pays qui ouvrent leurs portes, pour un temps déterminé à nos jeunes en quête de travail. Avec les intérêts internes, flibustiers, accrochés de manière névrotique à leurs monopoles, on préfère rester de mauvais rentiers. On fait des calculs en rêvant à des départs encore plus massifs. Mwens pèp nan peyi a ! Et puis, le pactole des transferts.

 Les sous de nos frères, si comme des hyènes, nous ne pensons qu’à les voler pour nous engraisser davantage, attiseront ce feu qu’on croit toujours pouvoir garder à distance sécuritaire des portes du paradis.

Gary VICTOR

 Une véritable politique agricole doit émerger des sillons de ces travaux de labourage, qui s’ils sont nécessaires ne sont pas suffisants. D’autres secteurs de la vie nationale devraient y être associés. Ce sera peut être l’occasion d’organiser avec les organisations paysannes des états généraux sectoriels et de donner du grain à moudre à notre jeune et turbulente Université plongée dans une spirale autodestructrice.

 Enfin, on le sait pour l’avoir vécu dans notre chair que l’orgueil et l’autisme en politique conduisent droit dans le mur. Si le Gouvernement à son corps défendant a su éviter jusqu’ici les polémiques sans grandeur des administrations précédentes, il semble que son talon d’Achille réside dans un manque flagrant de communication fructueuse, toutes choses qui alimentent la sensation de flou.

Roody Edmé

Il est temps de revoir nos méthodes de lutte pour le changement souhaité par tous. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur notre passé pour se rendre compte que contrairement aux idées reçues, tous les conflits ne sont pas porteurs d’espérance ; il existe de ces déchirements qui n’apportent que plus de misère et creuse encore plus le fossé du sous-développement.

C’est Demesvar Delorme, un de nos grands théoriciens qui écrivait déjà il y a deux siècles : « Les agitations sont devenues l’état normal de la République. Il n’en pouvait être autrement…chacun voulut chercher son bien être dans les places lucratives au moyen des insurrections : il y eut des insurrections de palais, des insurrections de Sénat qui sont un genre tout à fait nouveau. Les questions de politique pure et les questions personnelles l’emportent sur le reste ». Sténio Vincent in le glissement de la nation p28.

Voilà pourquoi amis lecteurs, les nouvelles aussi rares que minimes soient-elles, jettent du baume sur nos blessures à vif, même si une hirondelle ne fait pas le printemps !

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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