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Éditorial

La sécurité alimentaire : un défi parmi d’autres

La sécurité alimentaire : un défi parmi d’autres

La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a un nouveau directeur. Il s’agit de l’Agronome Harmel Cazeau qui a été installé vendredi dernier dans ses fonctions en remplacement de Chrisner Roche. Le nouveau directeur a promis d’oeuvrer afin de doter cette structure d’un cadre légal et de parvenir à la finalisation du processus d’actualisation du plan national de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. C’était peut-être l’occasion pour l’Administration Moïse/Lafontant d’annoncer le renforcement de la CNSA.

La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a un nouveau directeur. Il s’agit de l’Agronome Harmel Cazeau qui a été installé vendredi dernier dans ses fonctions en remplacement de Chrisner Roche. Le nouveau directeur a promis d’oeuvrer afin de doter cette structure d’un cadre légal et de parvenir à la finalisation du processus d’actualisation du plan national de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. C’était peut-être l’occasion pour l’Administration Moïse/Lafontant d’annoncer le renforcement de la CNSA.

D’après le rapport de la CNSA 2015, environ 3.6 millions d’Haïtiens souffrent de la faim dont 1.5 se trouvent en situation d’insécurité alimentaire. En 2016, des informations recueillies auprès de l’Organisation pour le développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA), a indiqué que 2000 ha de rizières étaient frappés de sécheresse provoquée par le phénomène El Niño. L’ Indicateur conjoncturel d’activité économique ( ICAE) dans son rapport du deuxième trimestre 2017 relève que l’agriculture a subi une contraction annuelle de 4,3 %, un peu moins prononcée qu’au premier trimestre où elle atteignait 6,5%. Le secteur agricole continue à pâtir des effets néfastes de l’ouragan Matthew sur la capacité productive des zones affectées. Néanmoins, les nombreuses interventions post Matthew commencent à atténuer les impacts négatifs de l’ouragan. La variation aurait atteint une décroissance de 5,1%.

 Tout compte fait, par-delà les données relatives aux progrès réalisés dans le secteur et qui auraient été validées ou formatées pour les besoins de la cause, le pays a connu ces dernières années les remous d’une crise alimentaire aigüe. Il a pris de plein fouet la hausse des prix des denrées essentielles suite à l’augmentation du prix du carburant à la pompe, déstabilisant ainsi davantage les populations déjà affectées par les problèmes de faim et de malnutrition. Forte de ce constat, l’Administration Moïse/Lafontant s’est empressée de présenter la Caravane du changement non pas comme un simple clin d’oeil, mais comme une feuille de route. Au propre ou au figuré ?

Si des causes naturelles telles que les sécheresses prolongées, les inondations dévastatrices, les problèmes de manque ou d’excès d’eau sont à la base de la crise alimentaire, d’autres sont simplement le résultat d’une mauvaise gouvernance. Mais il y a aussi la culture ininterrompue appauvrissant les sols qui produisent de moins en moins. Haïti dépend de plus en plus des importations pour nourrir son peuple qui connaît de surcroit une croissance démographique très élevée, soit 1.08 %, selon l’IHSI.

Si la sécurité alimentaire est loin d’être acquise, malgré les promesses fallacieuses des politiques agricoles des gouvernements qui se sont succédé et l’absence de structures susceptibles d’établir un système de crédit aux agents agricoles, la crise alimentaire pourrait susciter des réactions de la population si des mesures ponctuelles ne sont prises en vue de moderniser l’agriculture et de limiter les importations trop coûteuses des denrées de base.

Conjurer la menace de l’insécurité alimentaire revient à mettre en pratique des procédés de production durable, à diversifier la culture, à fertiliser les sols avec des engrais minéraux, à recycler le fumier et les résidus de culture. Il y a une pression plus forte pour passer des systèmes traditionnels à faibles intrants vers des systèmes plus productifs. Les sols et les climats imposent de grandes contraintes à l’intensification des productions, à la modernisation des structures agricoles de base. Il importe aussi de questionner le bilan des engagements d’Haïti dans les programmes d’ajustement structurel. Si le pays importe aujourd’hui près de 55% de ses besoins alimentaires et que les programmes d’aide alimentaire ont fortement augmenté leur distribution (le programme de l’USAID est passé de 350.000 à 1,3 millions de personnes bénéficiaires), il y a lieu de s’inquiéter de l’avenir. La sécurité alimentaire relève essentiellement de la sociologie actionnaliste. Elle ne renvoie pas à une réalité psychologique mais constitue un instrument d’analyse des conduites des dirigeants attribuant à l’État son grand rôle dans la conduite des affaires de la nation.

Robenson Bernard

 Une véritable politique agricole doit émerger des sillons de ces travaux de labourage, qui s’ils sont nécessaires ne sont pas suffisants. D’autres secteurs de la vie nationale devraient y être associés. Ce sera peut être l’occasion d’organiser avec les organisations paysannes des états généraux sectoriels et de donner du grain à moudre à notre jeune et turbulente Université plongée dans une spirale autodestructrice.

 Enfin, on le sait pour l’avoir vécu dans notre chair que l’orgueil et l’autisme en politique conduisent droit dans le mur. Si le Gouvernement à son corps défendant a su éviter jusqu’ici les polémiques sans grandeur des administrations précédentes, il semble que son talon d’Achille réside dans un manque flagrant de communication fructueuse, toutes choses qui alimentent la sensation de flou.

Roody Edmé

Il est temps de revoir nos méthodes de lutte pour le changement souhaité par tous. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur notre passé pour se rendre compte que contrairement aux idées reçues, tous les conflits ne sont pas porteurs d’espérance ; il existe de ces déchirements qui n’apportent que plus de misère et creuse encore plus le fossé du sous-développement.

C’est Demesvar Delorme, un de nos grands théoriciens qui écrivait déjà il y a deux siècles : « Les agitations sont devenues l’état normal de la République. Il n’en pouvait être autrement…chacun voulut chercher son bien être dans les places lucratives au moyen des insurrections : il y eut des insurrections de palais, des insurrections de Sénat qui sont un genre tout à fait nouveau. Les questions de politique pure et les questions personnelles l’emportent sur le reste ». Sténio Vincent in le glissement de la nation p28.

Voilà pourquoi amis lecteurs, les nouvelles aussi rares que minimes soient-elles, jettent du baume sur nos blessures à vif, même si une hirondelle ne fait pas le printemps !

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

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