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Éditorial 6 min de lecture

Les beaux discours

Les beaux discours

Les États-Unis et le Venezuela se souviennent presqu’en même temps de leurs héros nationaux. Si pour la République étoilée, c’est le 4 juillet qui ramène la date de son indépendance, pour l’État bolivarien, c’est le jour d’après, c’est-à-dire le 5 juillet. Les deux font la paire quand Haïti se rappelle les moments forts de son histoire où il lui a été donné d’intervenir dans leurs démarches respectives pour s’affranchir des tutelles anglaise et espagnole.

Les États-Unis et le Venezuela se souviennent presqu’en même temps de leurs héros nationaux. Si pour la République étoilée, c’est le 4 juillet qui ramène la date de son indépendance, pour l’État bolivarien, c’est le jour d’après, c’est-à-dire le 5 juillet. Les deux font la paire quand Haïti se rappelle les moments forts de son histoire où il lui a été donné d’intervenir dans leurs démarches respectives pour s’affranchir des tutelles anglaise et espagnole.

 Le rappel fait par le Chargé d’Affaires américain, M. Shukan, devant un parterre d’intellectuels, de journalistes et d’hommes d’affaires haïtiens, à l’occasion de la commémoration de l’ «Independance day», sur l’apport de notre pays à ce jour faste de leur histoire a suscité une vague d’applaudissements de la part des invités. La parenthèse ouverte sur l’aide haïtienne à l’indépendance américaine met en lumière les luttes menées à Savannah, pour y parvenir, par les vaillants va-nu-pieds de notre histoire nationale. Il serait nécessaire cependant, pour la mémoire et pour l’édification de notre jeunesse, de mettre également en valeur la ville haïtienne de Saint-Marc où le rassemblement eut lieu pour le grand départ vers l’Atlanta. Il suffit d’une courte visite à l’église de cette fière cité du Bas-Artibonite pour lire à peu près ce qui suit sur une plaque de marbre : « Ici se sont réunis les Haïtiens qui ont combattu à Savannah pour l’indépendance américaine ».

En considérant le prix du sang versé par ce « singulier petit pays » pour la liberté du plus puissant État de la planète, le nom d’Haïti devrait être écrit en lettres d’or dans les annales historiques américaines, par rapport à ce grand geste d’amitié continentale. C’est bien beau d’entendre ce diplomate retracer ce trait d’histoire, mais n’a-t-il jamais été enseigné aux générations américaines d’hier et d’aujourd’hui ? Pour traduire la « reconnaissance » de son pays envers Haïti, le Chargé d’Affaires, M. Shukan, a fait référence à la lutte contre le paludisme et autres formes d’interventions médicales diligentées au pays comme apport au bien-être généralisé. Cependant, qu’en est-il de l’appui tant attendu en termes de dédommagement des victimes du choléra ?

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