radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Les beaux discours

Les beaux discours

Les États-Unis et le Venezuela se souviennent presqu’en même temps de leurs héros nationaux. Si pour la République étoilée, c’est le 4 juillet qui ramène la date de son indépendance, pour l’État bolivarien, c’est le jour d’après, c’est-à-dire le 5 juillet. Les deux font la paire quand Haïti se rappelle les moments forts de son histoire où il lui a été donné d’intervenir dans leurs démarches respectives pour s’affranchir des tutelles anglaise et espagnole.

Les États-Unis et le Venezuela se souviennent presqu’en même temps de leurs héros nationaux. Si pour la République étoilée, c’est le 4 juillet qui ramène la date de son indépendance, pour l’État bolivarien, c’est le jour d’après, c’est-à-dire le 5 juillet. Les deux font la paire quand Haïti se rappelle les moments forts de son histoire où il lui a été donné d’intervenir dans leurs démarches respectives pour s’affranchir des tutelles anglaise et espagnole.

 Le rappel fait par le Chargé d’Affaires américain, M. Shukan, devant un parterre d’intellectuels, de journalistes et d’hommes d’affaires haïtiens, à l’occasion de la commémoration de l’ «Independance day», sur l’apport de notre pays à ce jour faste de leur histoire a suscité une vague d’applaudissements de la part des invités. La parenthèse ouverte sur l’aide haïtienne à l’indépendance américaine met en lumière les luttes menées à Savannah, pour y parvenir, par les vaillants va-nu-pieds de notre histoire nationale. Il serait nécessaire cependant, pour la mémoire et pour l’édification de notre jeunesse, de mettre également en valeur la ville haïtienne de Saint-Marc où le rassemblement eut lieu pour le grand départ vers l’Atlanta. Il suffit d’une courte visite à l’église de cette fière cité du Bas-Artibonite pour lire à peu près ce qui suit sur une plaque de marbre : « Ici se sont réunis les Haïtiens qui ont combattu à Savannah pour l’indépendance américaine ».

En considérant le prix du sang versé par ce « singulier petit pays » pour la liberté du plus puissant État de la planète, le nom d’Haïti devrait être écrit en lettres d’or dans les annales historiques américaines, par rapport à ce grand geste d’amitié continentale. C’est bien beau d’entendre ce diplomate retracer ce trait d’histoire, mais n’a-t-il jamais été enseigné aux générations américaines d’hier et d’aujourd’hui ? Pour traduire la « reconnaissance » de son pays envers Haïti, le Chargé d’Affaires, M. Shukan, a fait référence à la lutte contre le paludisme et autres formes d’interventions médicales diligentées au pays comme apport au bien-être généralisé. Cependant, qu’en est-il de l’appui tant attendu en termes de dédommagement des victimes du choléra ?

 Au début des années 80, l’on se rappelle, il fallait beaucoup de pressions sociales à New York pour obtenir gain de cause contre la stigmatisation due au SIDA. Aujourd’hui encore, faut-il que d’autres manifestations publiques s’imposent, en particulier à Washington, pour stopper la déportation de ce nombre important de nos compatriotes vivant sur une terre baignée du sang de leurs ancêtres, et qui contribuent, par leur force de travail, au développement de ce riche pays de notre hémisphère ?

Ce rappel tonitruant de la contribution d’Haïti à l’indépendance américaine, n’est-ce pas de la rhétorique pure, quand on se reporte à cette note lapidaire laissée au dossier de notre pays à Washington, par l’ex-président Franklin Delano Roosevelt : « Il faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entredéchirer les uns les autres, c’est la seule façon pour nous d’avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes. Ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de noirs d’Amérique ». Ceux et celles qui s’attendaient à voir Barack Obama s’inscrire en faux contre cette honteuse condamnation ont été amèrement déçus. Il semble même que la paupérisation d’Haïti soit une nécessité pour dissuader les territoires nègres de l’Amérique à se vouloir indépendants. On connaît notre engouement pour les beaux discours. On nous en donne à gogo pour applaudir des deux mains.

Mérès M. Weche

Robenson Bernard

 Une véritable politique agricole doit émerger des sillons de ces travaux de labourage, qui s’ils sont nécessaires ne sont pas suffisants. D’autres secteurs de la vie nationale devraient y être associés. Ce sera peut être l’occasion d’organiser avec les organisations paysannes des états généraux sectoriels et de donner du grain à moudre à notre jeune et turbulente Université plongée dans une spirale autodestructrice.

 Enfin, on le sait pour l’avoir vécu dans notre chair que l’orgueil et l’autisme en politique conduisent droit dans le mur. Si le Gouvernement à son corps défendant a su éviter jusqu’ici les polémiques sans grandeur des administrations précédentes, il semble que son talon d’Achille réside dans un manque flagrant de communication fructueuse, toutes choses qui alimentent la sensation de flou.

Roody Edmé

Il est temps de revoir nos méthodes de lutte pour le changement souhaité par tous. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur notre passé pour se rendre compte que contrairement aux idées reçues, tous les conflits ne sont pas porteurs d’espérance ; il existe de ces déchirements qui n’apportent que plus de misère et creuse encore plus le fossé du sous-développement.

C’est Demesvar Delorme, un de nos grands théoriciens qui écrivait déjà il y a deux siècles : « Les agitations sont devenues l’état normal de la République. Il n’en pouvait être autrement…chacun voulut chercher son bien être dans les places lucratives au moyen des insurrections : il y eut des insurrections de palais, des insurrections de Sénat qui sont un genre tout à fait nouveau. Les questions de politique pure et les questions personnelles l’emportent sur le reste ». Sténio Vincent in le glissement de la nation p28.

Voilà pourquoi amis lecteurs, les nouvelles aussi rares que minimes soient-elles, jettent du baume sur nos blessures à vif, même si une hirondelle ne fait pas le printemps !

L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?

 Roody Edmé

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre