Les victimes de choléra en ont marre
Le président Jovenel Moïse, lors de sa séance de travail le weekend écoulé avec les membres de la délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies en visite en Haïti, a promis de développer un partenariat intelligent avec l’Onu. Il en a profité pour plaider en faveur d’un changement de statut d’Haïti aux Nations Unies “Haïti ne constitue plus une menace à la paix et à la sécurité internationale”, a t-il fait remarquer, sans toutefois faire écho des revendications des victimes de choléra réunies comme un seul Homme devant la base logistique de la Mission des Nations-unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) sur la route de l’aéroport.
Le président Jovenel Moïse, lors de sa séance de travail le weekend écoulé avec les membres de la délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies en visite en Haïti, a promis de développer un partenariat intelligent avec l’Onu. Il en a profité pour plaider en faveur d’un changement de statut d’Haïti aux Nations Unies “Haïti ne constitue plus une menace à la paix et à la sécurité internationale”, a t-il fait remarquer, sans toutefois faire écho des revendications des victimes de choléra réunies comme un seul Homme devant la base logistique de la Mission des Nations-unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) sur la route de l’aéroport.
La délégation du Conseil de Sécurité de l’Onu était, en effet, en Haïti pour évaluer les modalités de transmission de certaines responsabilités de la force onusienne aux autorités haïtiennes, s’informer des priorités d’Haïti en matière de développement avant le départ des Casques bleus de la Minustah, mission de l’Onu déployée depuis 2004 afin d’aider à stabiliser le pays le plus pauvre de l’hémisphère. Selon Euro News, c’est une foule en colère qui a accueilli le personnel onusien à Port-au-Prince où des centaines de manifestants, à l’appel du bureau des avocats internationaux et du Moleghaf, ont organisé un sit-in à Clercine (nord de la capitale) en vue de réclamer justice pour les innombrables et innocentes victimes de choléra. Les manifestants qui exigent également réparation ont demandé aux membres du Conseil de Sécurité en visite en Haïti de soutenir leurs revendications auxquelles le chef de l’État ne s’est pas associé, comme ils l’ont déploré.
Rappelons, à toutes fins utiles, que le choléra aurait été introduit en 2010 par des Casques bleus népalais, après le déversement systématique d’eaux usées dans une rivière. Les manifestants accusent l’Onu de fermer les yeux sur ce drame. Selon les estimations, le choléra tue au moins un Haïtien par jour et 30.000 Haïtiens pourraient tomber malades chaque année. Brian Concannon, directeur de l’ONG “Institute for Justice and democracy in Haiti”, estime que le choléra continue de tuer les Haïtiens et de saper profondément la crédibilité de l’Onu en Haïti. Au moins 9000 Haïtiens ont déjà succombé à l’épidémie du choléra, selon des chiffres officiels.
L’Onu qui a admis sa responsabilité, avait promis un plan d’aide de 400 millions de dollars, mais jusqu’ici, à peine 3 millions ont été récoltés. L’Organisation de M. Gutierez réclame le soutien financier des états membres à sa nouvelle approche de la question visant à réparer les victimes de choléra en Haïti. Si la promotion de l’état de droit aux niveaux national et international est au coeur de la mission sacro-sainte de l’Onu afin de parvenir à une paix durable à la suite d’un conflit pour la protection effective des droits de l’homme et pour le progrès économique des États membres, il n’en demeure pas moins que la justice distributive, à son échelle, consiste à donner à chacun ce qui lui revient. Traiter de manière non équitable des gens qui se trouvent dans des situations difficiles est une injustice. À l’inverse de la justice distributive, la justice commutative est l’équivalence des obligations et des charges et elle régit, par exemple, les échanges économiques. Dans une économie libre, il ne peut y avoir de justice distributive, si la justice commutative n’est pas d’abord respectée. Après la crise du Kotel, les réfugiés Juifs des pays arabes réclamaient justice à l’Onu qui s’était vite montrée à la hauteur de sa tâche. Et pourquoi pas aujourd’hui à l’égard de dizaines de milliers d’Haïtiens victimes de choléra qui ont d’ailleurs mille fois raisons de demander justice ?
Robenson Bernard
Gary VICTOR
Il faudrait tirer des leçons des gestions passées en ayant en tête le gonflement de nos représentations à l’étranger sous le simple fait de la volonté de nos princes au pouvoir. Il faudrait surtout une transparence dans les décisions et dans leur exécution pour que la nation entière soit témoin que ce gouvernement souhaite vraiment changer de paradigmes.
L’héritage est lourd et date de deux siècles et plus, le récent passif n’est pas non plus pour arranger les choses dans une République où le copinage l’emporte trop souvent sur la gestion rationnelle.
La construction de l’État nécessite un renouvellement des institutions et leur autonomie vis-à-vis des clans politiques et du vieux népotisme haïtien.
La nostalgie de la continuation sous une forme ou une autre et la confusion malheureuse entre le patrimoine de l’État et celui des équipes qui se succèdent au pouvoir sont des freins à toute réelle modernisation de l’appareil d’État.
Des signaux clairs, sobres et résolus contre la corruption et l’impunité devront accompagner toute vraie réforme. Et ceci, loin des effets de manche ou des parties de poker menteur destinées trop souvent à faire le jeu d’un Don Quichottisme politique.
Il faut donc aller au plus profond du mal pour combattre le dysfonctionnement institutionnel et restaurer ainsi la viabilité d’un appareil d’État incapable de générer des ressources afin de promouvoir les biens publics.
Le National continuera dans l’urgence de la critique constructive à accompagner les pouvoirs publics et l’ensemble des citoyens dans cette longue marche pour le renouveau de notre pays. C’est une promesse de toute la rédaction au moment ou sort ce précieux 500e numéro.
Roody Edmé
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