Un exemple à suivre
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Dans un récent reportage publié dans nos colonnes, le 22 juin dernier, un de nos reporters rendait compte avec bonheur de l’action menée par les riverains de Delmas 6 et 8 en vue de rendre propres leurs quartiers. Un modèle qui semble s’inscrire dans la continuité puisque toutes les dispositions ont été prises pour que cet état de salubrité demeure permanent. Depuis, cet article a fait le tour des réseaux sociaux, une preuve de la bonne réception d’une telle activité dans l’opinion publique. Les gens de ce pays ont soif de bonnes nouvelles et cette initiative des populations de Delmas qui participe d’un sursaut civique dans une capitale assiégée par les détritus, indique clairement le chemin à suivre par l’ensemble des groupes organisés de la société civile, celui de l’engagement concret et immédiat.
Dans un récent reportage publié dans nos colonnes, le 22 juin dernier, un de nos reporters rendait compte avec bonheur de l’action menée par les riverains de Delmas 6 et 8 en vue de rendre propres leurs quartiers.
Un modèle qui semble s’inscrire dans la continuité puisque toutes les dispositions ont été prises pour que cet état de salubrité demeure permanent.
Depuis, cet article a fait le tour des réseaux sociaux, une preuve de la bonne réception d’une telle activité dans l’opinion publique. Les gens de ce pays ont soif de bonnes nouvelles et cette initiative des populations de Delmas qui participe d’un sursaut civique dans une capitale assiégée par les détritus, indique clairement le chemin à suivre par l’ensemble des groupes organisés de la société civile, celui de l’engagement concret et immédiat.
Un engagement qui va au-delà du positionnement médiatique puisqu’il a un impact direct sur notre qualité de vie au quotidien. Il s’agit là d’un refus de l’immobilisme dans l’attente stérile d’un État providence depuis longtemps vidé de toute substance.
En prenant en main la propreté de leurs quartiers, ces citadins envoient des signaux clairs aux élus qu’ils sont en ordre de bataille pour le grand coup de balai au bénéfice du bien commun.
Il s’agira pour les pouvoirs publics de saisir l’occasion pour établir des partenariats stratégiques avec les associations de quartiers en vue de s’attaquer à ces montagnes d’immondices qui obscurcissent notre horizon et qui ne finissent pas d’avilir cette ville qui fut une des plus belles de la Caraïbe.
Détricoté sous la pression de nos luttes séculaires, le tissu social haïtien a besoin de mobilisation civique pour établir des passerelles citoyennes dans la perspective d’un renouveau national.
Le poète Iléus Papillon, un de nos précieux contributeurs, rêvait encore dans nos colonnes, d’une caravane pour l’Université qui ne serait pas passagère, mais profondément structurelle et qui peut être, cette fois c’est nous qui rêvons, éloignerait le spectre de la violence et de l’autodestruction.
On n’en finira pas de commenter le lourd bilan des récents évènements qui accablent notre enseignement public : un étudiant « fracassé », un professeur éclopé, un doyen saisi de panique qui comme un noyé tente une dernière brasse génératrice de pagailles.
Tout cela n’est que la conséquence d’une indifférence généralisée visà- vis d’une Université condamnée à une autonomie morbide, de la crise dramatique des valeurs, de la perte de légitimité d’une hiérarchie sans moyens, et d’étudiants aux abois mutés en commandos de la désespérance.
Il est temps de revoir nos méthodes de lutte pour le changement souhaité par tous. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur notre passé pour se rendre compte que contrairement aux idées reçues, tous les conflits ne sont pas porteurs d’espérance ; il existe de ces déchirements qui n’apportent que plus de misère et creuse encore plus le fossé du sous-développement.
C’est Demesvar Delorme, un de nos grands théoriciens qui écrivait déjà il y a deux siècles : « Les agitations sont devenues l’état normal de la République. Il n’en pouvait être autrement…chacun voulut chercher son bien être dans les places lucratives au moyen des insurrections : il y eut des insurrections de palais, des insurrections de Sénat qui sont un genre tout à fait nouveau. Les questions de politique pure et les questions personnelles l’emportent sur le reste ». Sténio Vincent in le glissement de la nation p28.
Voilà pourquoi amis lecteurs, les nouvelles aussi rares que minimes soient-elles, jettent du baume sur nos blessures à vif, même si une hirondelle ne fait pas le printemps !
L’exemple de ces quartiers qui se mettent ensemble pour sortir de l’indignité interpelle l’ensemble des forces vives pour la transposition de ces initiatives locales en un grand konbit national tel que ne cesse de nous marteler cette grande dame centenaire, Odette Roy-Fombrun. ?
Roody Edmé
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