« Les ombres d’une politique néfaste »
Cette semaine, un important débat a eu lieu entre les différents partenaires étatiques et paraétatiques autour de la problématique gestion de nos hôpitaux publics. La communauté internationale, en l’occurrence la France et le Canada, qui apporte un soutien assez substantiel en termes d’appui financier et technique a aussi participé à ces assises vitales pour le futur des soins de santé à dispenser à une population en grand besoin. Toutefois, le citoyen lambda est toujours sceptique par rapport à ces séminaires quant aux résultats concrets dont on serait en droit d’espérer. Une impression de déjà vu se dégage dans l’opinion à chaque fois que sur les écrans de télévision apparaît, sous les lambris de salles climatisées, la ronde habituelle des experts en politique publique.
Cette semaine, un important débat a eu lieu entre les différents partenaires étatiques et paraétatiques autour de la problématique gestion de nos hôpitaux publics. La communauté internationale, en l’occurrence la France et le Canada, qui apporte un soutien assez substantiel en termes d’appui financier et technique a aussi participé à ces assises vitales pour le futur des soins de santé à dispenser à une population en grand besoin.
Toutefois, le citoyen lambda est toujours sceptique par rapport à ces séminaires quant aux résultats concrets dont on serait en droit d’espérer. Une impression de déjà vu se dégage dans l’opinion à chaque fois que sur les écrans de télévision apparaît, sous les lambris de salles climatisées, la ronde habituelle des experts en politique publique.
Les discours le plus souvent de bonne facture sont débités avec assurance et les meilleurs techniciens de notre administration défilent derrière les microphones pour indiquer les voies à suivre. Les bailleurs internationaux interviennent le plus souvent pour rappeler avec insistance leur éternel support à une nation en mal d’existence.
Alors que certains de nos meilleurs techniciens et experts sont disponibles et que les pays amis offrent tout leur soutien ; et que même le gouvernement de la République baigne, ces jours-ci, dans un bassin de volontarisme ; une question demeure lancinante : d’où viennent ces échecs répétés qui s’apparentent à une fatalité ?
Le diagnostic a déjà été fait dans nos colonnes et chez d’autres confrères et il n’est pas superflu de le marteler : toute la question se résume à un manque flagrant de suivi et à une absence de résultats de la part des pouvoirs publics frappés d’un cuisant défaut de fabrique et incapables de remplir leurs fonctions régaliennes.
On ne compte plus le nombre de réformes de l’État annoncées ces dix dernières années et qui se sont révélées d’une inquiétante stérilité. Les judicieuses initiatives de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH) risquent de rester cautères sur jambe de bois, si les nominations dans l’administration publique continuent de répondre aux caprices des puissants de l’heure ou si les fonctionnaires compétents ne disposent de garanties qui les mettent à l’abri de nos incandescences politiques.
Il faudrait tirer des leçons des gestions passées en ayant en tête le gonflement de nos représentations à l’étranger sous le simple fait de la volonté de nos princes au pouvoir. Il faudrait surtout une transparence dans les décisions et dans leur exécution pour que la nation entière soit témoin que ce gouvernement souhaite vraiment changer de paradigmes.
L’héritage est lourd et date de deux siècles et plus, le récent passif n’est pas non plus pour arranger les choses dans une République où le copinage l’emporte trop souvent sur la gestion rationnelle.
La construction de l’État nécessite un renouvellement des institutions et leur autonomie vis-à-vis des clans politiques et du vieux népotisme haïtien.
La nostalgie de la continuation sous une forme ou une autre et la confusion malheureuse entre le patrimoine de l’État et celui des équipes qui se succèdent au pouvoir sont des freins à toute réelle modernisation de l’appareil d’État.
Des signaux clairs, sobres et résolus contre la corruption et l’impunité devront accompagner toute vraie réforme. Et ceci, loin des effets de manche ou des parties de poker menteur destinées trop souvent à faire le jeu d’un Don Quichottisme politique.
Il faut donc aller au plus profond du mal pour combattre le dysfonctionnement institutionnel et restaurer ainsi la viabilité d’un appareil d’État incapable de générer des ressources afin de promouvoir les biens publics.
Le National continuera dans l’urgence de la critique constructive à accompagner les pouvoirs publics et l’ensemble des citoyens dans cette longue marche pour le renouveau de notre pays. C’est une promesse de toute la rédaction au moment ou sort ce précieux 500e numéro.
Roody Edmé
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