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Éditorial

L’Homme dans l’Univers-Cité

L’Homme dans l’Univers-Cité

Il existe dans le monde une cité universelle qui ne connaît point de discrimination ni de violence, dont la Loi-Mère repose sur le savoir comme objectif fondamental. Cette cité, qui exclut tout sexisme, tout ostracisme, toute forfaiture, toute cécité intellectuelle et morale, c’est l’Université.  Le maître-mot pour en parler, nous le tenons d’une femme de grande valeur, Suzanne Fortier, Principale et vice-chancelier de l’Université McGill à Montréal, qui s’exprimait ainsi devant un parterre de professeurs, d’étudiants et d’entrepreneurs, au Conseil des relations internationales de Montréal : « Nos étudiants, professeurs, employés et diplômés ont en commun l’engagement envers le travail assidu et l’avancement de la société par la créativité et l’innovation. Nous sommes profondément motivés par l’apprentissage, par la création de nouvelles connaissances et par l’importance d’utiliser celles-ci à bon escient. Nous sommes ouverts sur le monde. Nous repoussons les frontières avec courage, car nous savons que les voies inexplorées, aussi insondables qu’elles puissent être, mènent toujours vers les réalisations les plus remarquables ».

Il existe dans le monde une cité universelle qui ne connaît point de discrimination ni de violence, dont la Loi-Mère repose sur le savoir comme objectif fondamental. Cette cité, qui exclut tout sexisme, tout ostracisme, toute forfaiture, toute cécité intellectuelle et morale, c’est l’Université.

 Le maître-mot pour en parler, nous le tenons d’une femme de grande valeur, Suzanne Fortier, Principale et vice-chancelier de l’Université McGill à Montréal, qui s’exprimait ainsi devant un parterre de professeurs, d’étudiants et d’entrepreneurs, au Conseil des relations internationales de Montréal : « Nos étudiants, professeurs, employés et diplômés ont en commun l’engagement envers le travail assidu et l’avancement de la société par la créativité et l’innovation. Nous sommes profondément motivés par l’apprentissage, par la création de nouvelles connaissances et par l’importance d’utiliser celles-ci à bon escient. Nous sommes ouverts sur le monde. Nous repoussons les frontières avec courage, car nous savons que les voies inexplorées, aussi insondables qu’elles puissent être, mènent toujours vers les réalisations les plus remarquables ».

 Que peut-on dire de l’Université dans son ensemble en Haïti, plus particulièrement de l’UEH, convertie depuis ces dernières années en une arène ou des fauves se disputent l’appât du pouvoir, mus ainsi par des intérêts mesquins n’ayant rien à voir avec les valeurs cardinales du savoir et de la recherche scientifique? Qu’un Recteur ou un Doyen se comporte en criminel à l’encontre d’un étudiant qui réclame ses droits - même si ce dernier faillirait à ses devoirs dictés par des codes de déontologie- relève d’une absence flagrante d’autoconduction intellectuelle et morale. Le plein potentiel de toute Université, qu’elle soit privée ou publique, s’inscrit dans le cadre du respect mutuel entre dirigeants, professeurs et étudiants, en dehors de toute influence extérieure de type politique et /ou économique. L’échelle des valeurs universitaires prend particulièrement en compte la vie étudiante liée à la formation intégrale ; la recherche qui permet de cultiver un milieu favorable à la créativité et à l’innovation ; l’organisation enseignante qui développe une culture professionnelle souple et efficace, et enfin un espace qui doit être un lieu physique (à défaut d’être également virtuel) au caractère durable, accessible, novateur et sain. Tel n’est pas le cas pour l’Université d’État d’Haïti qui a toujours été, selon le mot d’Althusser, un « appareil idéologique d’État » conçu pour fabriquer des apprentis-sorciers, mûrs pour devenir des fiers-à-bras, si ce n’est l’écho sonore et indicateur d’idéologies ineptes et insipides.

Depuis les progrès sans cesse grandissants de la télématique, conduisant au concept de « village global », l’Université tend à devenir le moteur clef de la recherche devant faire de ce monde la « terre des hommes » et non celle des fauves, longtemps déjà apprivoisés dans des zoos. Les pays qui ont le privilège de posséder un système d’enseignement universitaire digne de ce nom se sont toujours donné pour objectif de miser sur l’intériorité de l’homme et non sur les apparences extérieures fort souvent trompeuses.

 Il est généralement reconnu que comme institution, l’Université doit se doter de compétences éprouvées et constituer la pierre d’angle de toute stratégie performante et durable. Les meilleures universités sont de puissantes forces qui non seulement forment et transforment, mais qui attirent aussi des ressources humaines conscientes et compétentes, pour le plein développement d’une société. Plus que jamais, Haïti doit se défaire de son lamentable et atavique masque, pour afficher un nouveau visage fait de beauté, de moralité et d’amour, et entrer fièrement dans la modernité. Non dans la consommation de la sous-culture importée, qui engendre désastre politique et criminalité sociale, mais dans le culte des réelles valeurs intellectuelles et morales, garanties par une Université digne de ce nom.

 Mérès M. Weche

 Robenson Bernard

 

 

Une des solutions consiste à nous engager résolument sur les chemins d’un vrai débat national sur l’avenir d’Haïti. Le dialogue social doit donc être institutionnalisé et permanent et non se faire à coups de crise. En attendant, nous avons grand besoin de nous imposer une période assez longue de stabilité. Une trêve dans la guerre de basse intensité que nous nous livrons depuis des lustres.

 La trêve n’exclut nullement la mobilisation intelligente et structurée pour forcer à la correction d’un contrat social en lambeaux. Ce qui n’est pas souhaitable ce sont les poussées aveugles de violence, le chaos social qui revient de manière cyclique dans notre histoire tumultueuse comme un torrent grossit au fil des ans par les eaux glacées de nos égoïsmes.

Un temps d’arrêt et de réflexion constructive est fondamental pour redonner, par exemple, à l’École et à l’Université leur vraie fonction, pour encourager des initiatives louables comme celles de « Summer tech » et les diverses foires culturelles et scientifiques qui se déroulent dans la Cité, malgré tout. En dépit de la densité du malaise qui accable les citoyens.

 Ce sursaut est plus que nécessaire, pour une normalisation du pays et donner une chance à cette jeunesse qui a soif d’avenir, mais qui, pour l’instant, désemparée, tenaillée par la précarité et orpheline de modèles moraux, l’exprime dans certaines circonstances assez mal.

Roody Edmé

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