Cul-de-sac
Nous sommes sortis traumatisés de vingt-neuf années de dictature. D’autres pays comme la République dominicaine, les Philippines et pratiquement tous les pays de l’Amérique Latine ont pu effectuer leur transition. Nous, par mauvaise foi, par l’incrustation virale de la mentalité affranchie faite de haine de soi et de haine de l’autre, atteignant presque le stade de la pulsion génocidaire et suicidaire, n’avons jamais pu prendre une bonne voie. Pire, une mauvaise digestion d’idéologies, un système éducatif privilégiant la répétition, la récitation, sans nous avoir initiés à la logique, à la raison, à l’étude des faits et donc des réalités, enfoncent encore plus les clous de notre cercueil.
Nous sommes sortis traumatisés de vingt-neuf années de dictature. D’autres pays comme la République dominicaine, les Philippines et pratiquement tous les pays de l’Amérique Latine ont pu effectuer leur transition. Nous, par mauvaise foi, par l’incrustation virale de la mentalité affranchie faite de haine de soi et de haine de l’autre, atteignant presque le stade de la pulsion génocidaire et suicidaire, n’avons jamais pu prendre une bonne voie. Pire, une mauvaise digestion d’idéologies, un système éducatif privilégiant la répétition, la récitation, sans nous avoir initiés à la logique, à la raison, à l’étude des faits et donc des réalités, enfoncent encore plus les clous de notre cercueil.
Ainsi, dès qu’un esprit ose soulever un problème de fond, on court le risque d’être accusé de vouloir le retour de la dictature. Mais… La question de l’armée et donc de la sécurité nationale. La question d’un service de renseignement national, etc… C’est vrai que plein d’esprits nostalgiques et souvent malhonnêtes rêvent d’avant 1986. De nombreux pêcheurs en eaux troubles, des groupes de flibustiers campant avec armes et bagages dans toutes nos institutions trouvent leur compte dans le chaos, dans l’État faible, dans la gouvernance réduite à une peau de chagrin. La remise en ordre devrait forcément violenter de puissants intérêts alors que de nombreuses officines étrangères profitent aussi de cet état de choses qui prouve, de leur point de vue, notre incapacité à nous gouverner.
La situation la plus révoltante à laquelle nous sommes confrontés actuellement est celle de notre université publique. Un espace vital de toute société qui veut s’inscrire dans le jeu des nations. C’est dans cet espace que se forge, se renouvelle, se transmet le savoir. C’est dans cet espace qu’une nation bonifie sa matière grise. Voici cet espace vital corrompu, vicié par les politiques et les idéologies parce qu’aussi l’État, enfermé dans ses pratiques de ségrégation et de corruption, n’y a jamais accordé l’importance qu’il fallait.
On revient aussi aux réflexes intellectuels dûs aux traumatismes de la dictature. La constitution de 1987 a consacré l’autonomie de l’université. Mais l’autonomie ne signifie pas un désengagement de l’État et surtout de l’Exécutif en particulier du Président de la République dont la fonction la plus importante est de s’assurer de la bonne marche des institutions. L’Université est notre institution la plus importante. Mais autant des millions sont gaspillés dans des institutions qui ne prouvent pas leur importance au vu de leurs résultats, autant l’Université est traitée en parents pauvres.
Et puis pour être très prosaïque, très terre à terre, car chez nous la vérité il ne faut pas la chercher dans de grandes réflexions, mais dans la boue des petites pulsions humaines, soulevons cette simple question. Combien de dirigeants chez nous, de hauts fonctionnaires ont maintenant leurs fils, leurs filles dans une faculté d’État ? Une petite enquête révèlerait que la «belle société » ne fréquente plus l’université d’État qui est laissée aux filles et aux fils déshérités du peuple. Alors qu’elle ne fonctionne pas, que les étudiants manifestent, que des professeurs, des responsables de l’université magouillent, s’entredéchirent pour des plats de lentilles, nos responsables n’en ont cure.
La République dominicaine et les autres pays profiteront de notre matière grise dans leurs universités. Notre force vive se déverse vers le Chili et le Brésil. Nos « financiers » se frottent les mains en calculant la manne des transferts à venir.
Cul-de-sac !.
Gary Victor
Quand reviendra-t-on à ces Assises criminelles où les armes et l’argent le cédaient à la toge, où l’homme de la basoche pratiquait la Morale fondamentale, pour le plus grand bien de notre société ?
Mérès M. Weche
Jean-Euphèle Milcé
Roody Edmé
Roody Edmé
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