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Éditorial

La magnitude de la précarité

La magnitude de la précarité

L’assassinat en plein jour d’un autre policier à l’avenue Magloire Ambroise à moins d’un kilomètre du Palais national est venu raviver encore plus la hantise d’une dégradation de la situation sécuritaire. Si les chiffres relatifs à la situation sécuritaire ne placent pas Haïti en mauvaise position par rapport à la République dominicaine par exemple qui prend soin à ce que ces médias n’en font pas trop état pour ne pas nuire à son industrie touristique en pleine expansion, notre problème à nous vient d’une gouvernance plus que boiteuse qui réduit nos institutions à une peau de chagrin. Parallèlement, notre société civile pourrie par les turpitudes politiques se retrouve avec ses ailes cassées, incapable pour l’instant d’un sursaut, comme cela s’est produit en République voisine, pour mettre les dirigeants le dos au mur, les forcer à prendre les mesures qui s’imposent pour redresser la situation. Combien de fois n’avons-nous pas entendu des présidents, des chefs de gouvernement se laisser aller à des déclarations à l’emporte-pièce comme s’il revenait aux citoyens eux-mêmes de s’organiser pour se protéger ? Jouer à Ponce-Pilate est devenu une habitude chez nous sauf que Ponce Pilate avait quand même donné une chance au peuple de choisir entre l’enfer et le ciel. Ici, on trafique, on manipule, on magouille pour que les flammes de l’enfer soient toujours alimentées. Des flammes qui participent à la transmutation que l’on sait. Celle de la misère, de la détresse, en or, en billets verts.

L’assassinat en plein jour d’un autre policier à l’avenue Magloire Ambroise à moins d’un kilomètre du Palais national est venu raviver encore plus la hantise d’une dégradation de la situation sécuritaire. Si les chiffres relatifs à la situation sécuritaire ne placent pas Haïti en mauvaise position par rapport à la République dominicaine par exemple qui prend soin à ce que ces médias n’en font pas trop état pour ne pas nuire à son industrie touristique en pleine expansion, notre problème à nous vient d’une gouvernance plus que boiteuse qui réduit nos institutions à une peau de chagrin. Parallèlement, notre société civile pourrie par les turpitudes politiques se retrouve avec ses ailes cassées, incapable pour l’instant d’un sursaut, comme cela s’est produit en République voisine, pour mettre les dirigeants le dos au mur, les forcer à prendre les mesures qui s’imposent pour redresser la situation. Combien de fois n’avons-nous pas entendu des présidents, des chefs de gouvernement se laisser aller à des déclarations à l’emporte-pièce comme s’il revenait aux citoyens eux-mêmes de s’organiser pour se protéger ? Jouer à Ponce-Pilate est devenu une habitude chez nous sauf que Ponce Pilate avait quand même donné une chance au peuple de choisir entre l’enfer et le ciel. Ici, on trafique, on manipule, on magouille pour que les flammes de l’enfer soient toujours alimentées. Des flammes qui participent à la transmutation que l’on sait. Celle de la misère, de la détresse, en or, en billets verts.

 La question du rétablissement d’un climat sécuritaire optimal ne saurait se limiter à un simple agenda de l’organisation d’une force répressive nationale. Elle n’en est qu’un élément. Le dysfonctionnement des institutions dû principalement au délitement des valeurs, celui-ci causé par la précarité à laquelle tout un chacun veut y échapper par tous les moyens est aussi un élément important du problème. Les médias étalent aux yeux du citoyen à tous les niveaux qu’il soit, les apparentes merveilles de la société de consommation. Tout le monde veut tout posséder au plus vite. Le temps semble rétrécir. On ne pense plus à monter les marches de l’escalier, mais à les éviter par tous les moyens. Cette pression fissure notre société et sa magnitude avoisine presque celle d’un fort tremblement de terre. Les mariages volent en éclats. Le sexe ne s’achète plus seulement sur les trottoirs. Le marchandage s’installe dans toutes les institutions au détriment de toute logique sécuritaire.

Aucune mesure ne semble vouloir être prise pour arrêter cette descente aux enfers. Il est bon ton d’accuser les juges. Certains d’entre eux auraient monnayé la libération de délinquants. Libérer des délinquants par un juge ici est chose facile s’il se base uniquement sur des points de procédure. Toute procédure dans cet espace où l’ignorance, la paresse sont de mise est cousue de fil blanc. Mais ce désordre, ce chaos, il faudra bien qu’on y mette fin. On ne pourra pas faire l’économie d’une cassure certainement douloureuse pour plus d’un si on veut éviter que la nation ne sombre corps et bien dans les eaux d’une anarchie devenue incontrôlable.

Gary VICTOR

Peut-on en dire autant en Haïti où les mains offensives sont cachées, et où la défense nationale pêche en eau trouble? L’inexistence même d’une justice distributive et répressive, le cas échéant, rend inefficaces les actions policières, car ceux qui devraient être derrière les barreaux courent les rues, après avoir négocié leur liberté à coups de billets verts. C’est le monde à l’envers, ne cesse-t-on de répéter.

On a tous la peur aux trousses. Même les irresponsables de la «justice» qui se repaient d’espèces sonnantes et trébuchantes – qu’on dit n’avoir pas d’odeur- ne seront pas exempts, car la main qui frappe est aveugle et ne fait pas de quartier. Oui, depuis un certain temps, ce n’est plus Ti-Bois, Grand-Ravine, ou quelque coin ciblé de Cité-Soleil; c’est Port-au-Prince dans son ensemble qui est devenue le théâtre de crimes sans nom, puisque non revendiquées et difficilement repérables. Seules les victimes ont des noms, car elles appartiennent de plus en plus à des familles et institutions connues. Signal FM vient d’être frappée à mort, en la personne de Frédérique Viau, médecin de son état, fauchée à la fleur de l’âge. Gary Rouzier, pour sa part, l’a échappé belle, pour n’avoir pas été atteint à la tête, comme la malheureuse soeur de Mario Viau, Directeur d’opinion et propriétaire de compagnie de sécurité. Ironie du sort.

Quand les assassins courent les rues, dans l’impunité la plus totale, c’est la société, dans son ensemble, qui en paie les frais : policiers, avocats, juges, qui n’auront pas pris leurs engagements comme il faut, en traquant les bandits et en plaçant le mot du droit.

On reproche souvent au simple citoyen, témoin impuissant d’un crime, de ne pas avoir désigné du doigt le criminel, mais sait-on quel risque il court, quand ce dernier aura été élargi par un juge véreux, aidé d’un avocat du même acabit ?

Quand reviendra-t-on à ces Assises criminelles où les armes et l’argent le cédaient à la toge, où l’homme de la basoche pratiquait la Morale fondamentale, pour le plus grand bien de notre société ?

Mérès M. Weche

Jean-Euphèle Milcé

 Roody Edmé

 Roody Edmé

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