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Éditorial

« BÊCHONS JOYEUX », UNE NÉCESSITÉ

« BÊCHONS JOYEUX », UNE NÉCESSITÉ

Selon un rapport de Fonds monétaire international (FMI), vulgarisé par le Global finance Magazine, Haïti est loin d’être le pays le plus pauvre au monde. Ce rapport montrant des chiffres, compilés entre 2009 et 2013, s’appuie sur le Produit intérieur brut (PIB) par habitant, tout en mettant en parallèle l’inflation, le coût de vie et le pouvoir d’achat. Au nombre des 25 pays figurant sur cette liste, pourtant peu enviable, Haïti occupe la 24e place, à côté du Sénégal classé 25e. Ainsi, en lisant de bas en haut, c’est-à-dire par ordre décroissant, notre pays serait le deuxième (pays pauvre) le moins pauvre au monde. Cette mise en contexte à l’envers, offrirait-elle un satisfecit à ceux qui nous dirigent, pour se gargariser de cette place confortable à l’échelle de la pauvreté?

Selon un rapport de Fonds monétaire international (FMI), vulgarisé par le Global finance Magazine, Haïti est loin d’être le pays le plus pauvre au monde. Ce rapport montrant des chiffres, compilés entre 2009 et 2013, s’appuie sur le Produit intérieur brut (PIB) par habitant, tout en mettant en parallèle l’inflation, le coût de vie et le pouvoir d’achat. Au nombre des 25 pays figurant sur cette liste, pourtant peu enviable, Haïti occupe la 24e place, à côté du Sénégal classé 25e. Ainsi, en lisant de bas en haut, c’est-à-dire par ordre décroissant, notre pays serait le deuxième (pays pauvre) le moins pauvre au monde. Cette mise en contexte à l’envers, offrirait-elle un satisfecit à ceux qui nous dirigent, pour se gargariser de cette place confortable à l’échelle de la pauvreté?

En effet, parmi les 48 pays structurellement handicapés dans leur développement et vulnérables au niveau économique, le nôtre semble toujours s’arranger – depuis au moins une cinquantaine d’années - pour être admissible dans la catégorie des PMA, en vue de garder intact son constant besoin d’aide internationale. Il n’est un secret pour personne qu’Haïti, en tant que pays non productif à plusieurs égards, n’est pas prêt d’avancer pour sortir de l’assistanat, car il remplit toutes les conditions pour bénéficier longtemps encore de mesures d’appui spécifiques, en particulier dans le domaine du financement du développement, et dans le cadre du commerce multilatéral.

 Dans le quinquennat précédant, plus précisément au cours de l’administration Martelly/Lamothe, on parlait d’une Haïti passible de devenir un « pays émergent en 2030 », alors qu’en 2015, il était encore un pays assisté. Par quelle tour de passe-passe nos dirigeants allaientils pouvoir convaincre le Comité des politiques de développement (CPD) de l’ONU que le pays ferait ce grand saut en seulement quinzeans ? Notons que tous les critères pour être considéré comme un «pays moins avancé» sont présents en Haïti : niveau de revenu par habitant extrêmement bas; retard dans le développement des infrastructures publiques; vulnérabilité économique, en lien avec la taille de la population (selon l’indice IVE); degré d’isolement des zones de culture agricole, par rapport à l’exportation, et enfin les aléas relatifs aux catastrophes naturelles et leurs incidences dans la vie nationale. Tout cela joue en faveur d’Haïti pour être considéré longtemps encore comme un PMA. Le fait d’être classé à côté du Sénégal dans ce rapport publié par le Fonds Monétaire International ne veut pas dire qu’il lui est égal; cela tient plutôt à la taille de la population, en étroite relation avec le produit intérieur brut (PIB).

Raisonnons par l’absurde. En termes d’environnement et de revenu per capita, Pétion-Ville fut jadis considérée, non seulement comme «une page médicale», mais aussi comme l’une des villes les plus riches au monde par tête d’habitant. Cela ne faisait pas d’Haïti un pays riche pour autant. Cependant, ville-dortoir à l’époque, Pétion-Ville comptait plus de 80% des riches entrepreneurs du pays. Donc, c’est au prorata de la taille et du Revenu brut par habitant (RNB) que le Comité des politiques de développement (CPD) apprécie les efforts d’un pays à se développer et à émerger.

L’Haïti d’aujourd’hui n’est pas prêt à devenir émergent en 2030. Pour y parvenir, il lui faudrait, dans les prochains dix-ans, améliorer son Indice du capital humain (ICH) : avoir les moyens de sa politique pour atteindre l’auto-suffisance alimentaire; augmenter son Produit intérieur brut (PIB); sortir de l’assistanat international; réduire considérablement son taux de mortalité infantile; augmenter sa capacité d’éducation des jeunes et d’alphabétisation des adultes. Tels sont, entre autres, les critères d’évaluation à satisfaire. Allons-nous pouvoir « bêcher joyeusement » ?

Mérès M. Weche

Quand les assassins courent les rues, dans l’impunité la plus totale, c’est la société, dans son ensemble, qui en paie les frais : policiers, avocats, juges, qui n’auront pas pris leurs engagements comme il faut, en traquant les bandits et en plaçant le mot du droit.

On reproche souvent au simple citoyen, témoin impuissant d’un crime, de ne pas avoir désigné du doigt le criminel, mais sait-on quel risque il court, quand ce dernier aura été élargi par un juge véreux, aidé d’un avocat du même acabit ?

Quand reviendra-t-on à ces Assises criminelles où les armes et l’argent le cédaient à la toge, où l’homme de la basoche pratiquait la Morale fondamentale, pour le plus grand bien de notre société ?

Mérès M. Weche

Jean-Euphèle Milcé

 Roody Edmé

 Roody Edmé

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