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Éditorial

Urgences!

Urgences!

L’insécurité arrogante et destructrice des vies est en train de défier l’ordre social. Ces deux derniers mois ont vu le phénomène prendre de nouvelles proportions qui menacent tout simplement de mettre la vie civile sous éteignoir.  Un tel développement tragique ne peut qu’enfoncer un peu plus notre communauté déjà très éprouvée dans un chaos indescriptible. L’assassinat crapuleux d’une jeune médecin au volant de sa voiture à Delmas 83 n’est que la pointe d’un Iceberg contre lequel se dirige tout droit la barque nationale si ceux qui nous gouvernent ne prennent fermement en main les rênes du navire.

L’insécurité arrogante et destructrice des vies est en train de défier l’ordre social. Ces deux derniers mois ont vu le phénomène prendre de nouvelles proportions qui menacent tout simplement de mettre la vie civile sous éteignoir.

 Un tel développement tragique ne peut qu’enfoncer un peu plus notre communauté déjà très éprouvée dans un chaos indescriptible. L’assassinat crapuleux d’une jeune médecin au volant de sa voiture à Delmas 83 n’est que la pointe d’un Iceberg contre lequel se dirige tout droit la barque nationale si ceux qui nous gouvernent ne prennent fermement en main les rênes du navire.

La population aux abois attend une réponse nette et ferme de la part des autorités. Aucun laxisme ne peut être toléré dans un domaine aussi fondamental pour la survie du corps social déjà sensiblement atteint par des crises à répétition. Le nouveau gouvernement qui vient de marquer ses cent jours est attendu au pied du mur. La précarité étant partout et les moyens certes limités, les défis sont énormes. N’empêche que ce gouvernement a pris le pouvoir au nom d’une nouvelle espérance. Il doit montrer qu’il peut agir résolument au-delà des slogans et/ ou d’un activisme fébrile.

Une des priorités de toute nouvelle gouvernance doit être la paix civile. Les citoyens ont besoin, pour vaquer à leurs occupations, d’un minimum de quiétude d’esprit. Si pendant la nuit le claquement des fusils troublent le sommeil paisible des honnêtes gens ou que d’audacieux cambriolages deviennent des faits divers, sans parler des vols réguliers de véhicules au hasard des rues, on ne voit pas comment on pourra dans les prochains mois parler de redressement ou de changement de cap !

Il faut, comme avait dit un président aujourd’hui disparu, rétablir l’autorité de l’État. La réponse des pouvoirs publics doit être énergique. Et le public s’attend à voir les forces nationales de police se mobiliser dans le coeur de la ville de jour comme de nuit pour signifier la fin de cette terrible méduse qui pointe sa gueule effrayante au détour de nos rues.

 L’insécurité actuelle prend des formes d’anarchie et de pagaille généralisée : foncière, elle s’étend sur tous nos départements et hypothèque lourdement le droit de propriété. Le dernier reportage de nos correspondants dans le Nord atteste de l’ampleur spatiale du phénomène ; aux abords des banques il paralyse la vie économique ; à proximité des hôtels et restaurants il tue dans l’oeuf le développement de l’industrie touristique.

L’insécurité est donc une menace non seulement pour la sécurité publique mais pour l’existence même de cette nation déjà fragilisée par les catastrophes politiques et naturelles. Il ne peut y avoir de gouvernance qui se respecte dans la peur et l’anarchie mortifère.

Toutes les caravanes du monde en dépit de la bonne volonté des uns et des autres s’enliseront dans la boue sanglante des assassinats crapuleux si ce gouvernement perd le contrôle de l’ordre civil.

 La crise des valeurs a rompu les digues du respect de la vie humaine. Le crime de sang est devenu une banalité. Un policier s’est même permis de s’associer à un groupe de malfaiteurs pour, dit-on, commettre un cambriolage avec l’uniforme désacralisé de l’Institution. En attendant que la justice se prononce sur ce cas, on peut s’interroger sur cette déferlante de l’impunité arrogante et sans gêne.

La situation actuelle interpelle les forces vives du pays et dépasse en ampleur l’action d’un seul corps de l’État. Il faut stopper l’hémorragie. Il faut aussi que l’on sache qu’il y a une équipe aux commandes.

C’est peut-être le moment, ou jamais, d’entreprendre la réalisation de cette grande conférence nationale dont parlait feu le sénateur Turneb Delpé.

 Roody Edmé

 Roody Edmé

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