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Éditorial

L’oeil du cyclone

L’oeil du cyclone

La totale gestion de la saison cyclonique semble être un mur impitoyable. Ce premier juin, début de la saison cyclonique, la parole du président de la République, un tantinet généreuse, n’a pas totalement rassuré. Entre des pistes pour une parfaite communication du risque, des promesses d’un « nouveau modèle de gouvernance participative avec la solidarité de l’État », le chef de l’État n’a pas chassé les peurs des populations largement exposées aux perturbations hydrométéorologiques.

La totale gestion de la saison cyclonique semble être un mur impitoyable. Ce premier juin, début de la saison cyclonique, la parole du président de la République, un tantinet généreuse, n’a pas totalement rassuré. Entre des pistes pour une parfaite communication du risque, des promesses d’un « nouveau modèle de gouvernance participative avec la solidarité de l’État », le chef de l’État n’a pas chassé les peurs des populations largement exposées aux perturbations hydrométéorologiques.

La présence du président a peut-être gêné en considérant le discours du ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Dr Max Rodolphe Saint-Albin, qui a eu l’allure d’un rapport d’activités. « Les actions de préparation pour la saison cyclonique, tant au niveau central que départemental, ont été initiées dès les premiers mois de l’année et se poursuivront tout au long de la saison ; quelques-unes des actions déjà entreprises telles que : des ateliers de travail, le plan de contingence nationale pour 2017, poursuite de la sensibilisation de la population, la liste des abris provisoires identifiée et le manuel de fonctionnement du COUN près qu’entièrement revisité, le renforcement des comités communaux de la Protection civile et de leurs brigadiers, etc. ».

 Le ministre a reconnu, avec raison, le travail ardu du système national de gestion des risques et des désastres (SNGRD), mais l’inventaire est le même que ceux des années passées. Depuis la mise en place de l’Organisation Pré-Désastre et de Secours (OPDES) en 1983, les structures de réponse aux désastres ont commencé à être pensées. L’activation de la Direction de la Protection civile (DPC) en 1987 a doté le pays d’une agence capable de « coordonner toutes les opérations de réponse aux urgences et toutes les actions de gestion du risque, particulièrement face aux urgences et désastres ».

 Les catastrophes à répétition ont servi de locomotive au SNGRD et à ses nombreux partenaires pour produire une littérature abondante, des procédures et un plan de réponse aux urgences régulièrement revu et amélioré.

 Personne ne peut accuser la DPC et le SNGRD de paresse ou d’incompétence. La lecture du jour du ministre de l’Intérieur en témoigne et nous ne pouvons pas douter de l’existence des dispositifs de protection civile à travers le COUN, les COUD jusqu’aux structures communales.

Toutefois, il nous est permis de craindre la grande catastrophe au premier impact. Tout comme les dispositifs énumérés par le ministre, le niveau d’exposition des populations ainsi que leurs biens est connu. Les plaies occasionnées par l’ouragan Matthew ont du mal à se refermer. Huit mois plus tard, les sinistrés cherchent encore à se relever.

La bonne nouvelle du jour est que le président de la République a encore promis de mettre l’État au service du peuple. A force d’insister la formule devient vertueuse. Pour servir le peuple, l’État doit commencer par le protéger en l’éloignant de sa propre vulnérabilité. Les pouvoirs publics ont quand même les moyens légaux et répressifs pour évacuer les populations des zones à risques. Après on pourra toujours discuter.

Un Haïtien en colère vaut mieux qu’un haïtien mort.

 Jean Euphèl Milcé

 La hausse des prix des produits pétroliers en plus de faire fondre les salaires des ouvriers a un impact certain sur le fonctionnement des usines. Non seulement elle rend plus pressantes les demandes des travailleurs, mais encore elle met la pression sur les patrons obligés de faire face au renchérissement des coûts de production.

 Pour l’heure, il s’agit de déminer le terrain pour permettre à de vraies négociations de se tenir en dehors des intimidations et de la stratégie de la nuisance. L’impasse dans laquelle se trouve le renouvellement des structures du Conseil supérieur des salaires n’est pas pour arranger les choses.

 En désertant systématiquement les lieux de négociation institutionnelle, les protagonistes se sont voilé la face… jusqu’à la prochaine crise.

 Roody Edmé

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