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Éditorial

Ce que dit notre boule de cristal

Ce que dit notre boule de cristal

D’ici au 30 septembre 2017, date fétiche de l’année fiscale haïtienne, l’Exécutif doit pouvoir se munir d’un instrument financier légal pour faire face à de nombreux problèmes, liés pour la plupart aux catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le pays, au cours de ces dix derniers mois, estimées à des pertes de plusieurs milliards de dollars américains, auxquelles s’ajoutent des tensions sociales, occasionnées par la cherté de la vie.

D’ici au 30 septembre 2017, date fétiche de l’année fiscale haïtienne, l’Exécutif doit pouvoir se munir d’un instrument financier légal pour faire face à de nombreux problèmes, liés pour la plupart aux catastrophes naturelles qui se sont abattues sur le pays, au cours de ces dix derniers mois, estimées à des pertes de plusieurs milliards de dollars américains, auxquelles s’ajoutent des tensions sociales, occasionnées par la cherté de la vie.

Depuis la mise à nu de l’état déplorable des Finances publiques, par le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, le spectre de la débâcle nationale ne cessait de s’agiter à l’horizon des premiers 100 jours du gouvernement, et l’on se demande, face à cette vague de protestations dans le secteur de la sous-traitance, de quoi les prochains jours de l’administration Moïse/Lafontant seront-ils faits, si des mesures urgentes de redressement social ne sont prises, pour harmoniser les rapports entre les salariés et le patronat, en planchant sur la Loi Benoit concernant la fixation à un taux raisonnable de l’augmentation du salaire minimum, en tenant compte, bien sûr, des exigences syndicales de 800 gourdes par journée de travail.

Quand, dans les années 80, on parlait de taïwanisation d’Haïti, certains esprits y voyaient la déshumanisation de notre force de travail, car en ce temps-là, hommes et femmes, à grand renfort de sueur, confectionnaient des milliers de pièces d’ordinateurs et de balles de baseball, pour des jeux qui ne valaient pas le prix de leurs efforts. L’on se souvient du film « Monologue Nord-Sud » où l’on voyait, en grand plan, une femme s’ouvrir la poitrine, à deux bras écartés, pour envoyer la balle dans le camp des multinationales. Tant bien que mal, les familles haïtiennes les plus pauvres trouvaient une planche de salut dans ces travaux à la pièce pour quelques piastres. L’assiette fiscale s’en tirait aussi à bon compte.

Il y a environ quinze ans, soit en juin 2002, on parlait à grand renfort de discours de la zone franche haïtiano-dominicaine de Maribahoux. À l’époque, à entendre s’exprimer dans un panel l’économiste haïtien Kesner Pharel et l’industriel dominicain M. Capelan du «Grupo M», ladite zone franche allait amener des conditions privilégiées de développement des affaires entre les deux pays, non seulement pour créer des emplois, mais aussi pour améliorer les infrastructures foncières à la frontière. Participant à cette table de concertation binationale, l’industriel haïtien Frantz Tippenahuer - un des acteurs dans le film « Monologue Nord-Sud »- avait soulevé des questions touchant à la fois la productivité, l’environnement insulaire, la politique de développement et certains grands dossiers économiques.

 Plus récemment, lors d’une visite à la Société Nationale des Parcs industriels (SONAPI), le Président Jovenel Moïse, accompagné de son ministre du Commerce, M. Pierre-Marie Du Meny, avait annoncé la création de 300.000 nouveaux emplois. « Je demande, ponctuait-il, à tous les entrepreneurs, les banques ou les bureaux de prêts, les membres des syndicats, de se mettre ensemble en vue de mieux profiter des avantages de la Loi Hope/Help…». Rappelons que cette loi votée au Congrès américain permet théoriquement de créer du travail pour les masses laborieuses et leur garantir un salaire décent; ce qui devrait favoriser la paix sociale pour les 100 prochains jours du gouvernement. C’est ce que dit notre boule de cristal.

 Méres M. Weche

 Que de chemin à faire alors que nous n’avons même pas pris la décision de quitter notre kalfou madichon.

 Gary VICTOR

Sans doute l’idée de bonne gouvernance que sous-tendent les mesures annoncées par JM n’exclut-elle pas que l’Etat ait un rôle social et économique à jouer à ce tournant de la vie nationale? L’instrumentalisation de l’Etat et le soupçon en sont, peut-être constitutifs. Comment supposer l’existence d’un gouvernement sans gouvernance et inversement, si ce n’est pour concevoir des fonctions dont tout système humain viable requiert l’exercice? C’est la question qui se pose. Car l’équipe au pouvoir est appelée à donner, dans une perspective explicitement fonctionnaliste, non pas des preuves de la gouvernance synonyme de la persistance systémique, mais la version progressiste d’un nouveau management public susceptible de mettre en lumière les enjeux, les marges mais aussi l’emprise des rapports possibles de pouvoir sur les attentes légitimes de la population.

 Robenson Bernard

 De nouveaux défis nous attendent au moment où nous célébrons cette semaine notre drapeau et l’Université. Ce n’est qu’en repensant la gouvernance générale du pays et en renouant avec nos valeurs profondes que nous trouverons le chemin de crête où enfin notre bicolore pourra fièrement flotter.

 Roody Edmé

 Mérès Weche

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