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Éditorial

Bizarreries !

Bizarreries !

Les anormalités sont notre quotidien. Mais, de plus en plus, elles semblent dépasser une norme que, dans notre folie où dans notre inconscience, nous avions établie. Ces derniers temps, il y a de quoi être inquiet même si des pince-sans-rire nous rappellent constamment qu’ailleurs on trouve aussi des anormalités. Sauf qu’ailleurs, elles sont ce qu’elles sont : des anormalités. Des anormalités que des institutions, des esprits éclairés essaient de chasser de la sphère de vie normale.

Les anormalités sont notre quotidien. Mais, de plus en plus, elles semblent dépasser une norme que, dans notre folie où dans notre inconscience, nous avions établie. Ces derniers temps, il y a de quoi être inquiet même si des pince-sans-rire nous rappellent constamment qu’ailleurs on trouve aussi des anormalités. Sauf qu’ailleurs, elles sont ce qu’elles sont : des anormalités. Des anormalités que des institutions, des esprits éclairés essaient de chasser de la sphère de vie normale.

Cette semaine cela a été le riz déversé dans une rivière en Plaine du Cul-de-Sac. On a entendu toutes les rumeurs possibles et imaginables jusqu’à ce que des autorités prétendument compétentes donnent une explication sur le tard et cousu du fil blanc, car alors la décision prise de se débarrasser de ce riz mouillé par de l’eau de mer dans un espace pareil frise presque la provocation ou une méconnaissance complète de la réalité du pays.

Des rumeurs insistantes avaient couru, il fut un temps, dans une ville du Sud-est, que des autorités s’étaient débarrassées de sacs de céréales en pleine mer. De la nourriture qui aurait dû être distribuée gratuitement à la population nécessiteuse, mais qui avait été détournée, stockée pour être vendue ou distribuée à des personnes proches d’un clan politique. Des pratiques qu’on connait et qui polluent depuis des décennies notre vie de peuple.

Les bizarreries, on ne les compte plus disions-nous. Ce dimanche de la fête des mères, les automobilistes à Port-au-Prince ont eu la désagréable surprise d’être pris dans une sorte de cul-desac, un grand nombre de rues étant soudain interdites à la circulation automobile par des séparateurs en béton. Embouteillage partout ! Les citoyens ne savaient à quel saint se vouer. La rumeur, encore la rumeur, a circulé qu’on distribuait –on ne sait où- de la nourriture pour les mamans. Pas d’agents de police nulle part. Des minutes d’enfer avec la sensation par les citoyens d’être pris à partie, méprisés, piétinés par ceux qui sont pourtant là pour leur rendre la vie plus facile, plus agréable.

Bizarrerie aussi que ces files de citoyens devant un bâtiment au Champ de Mars pour la carte d’identité nationale. Le matériel informatique est disponible maintenant partout à des coûts compétitifs. Les compétences, il n’en manque pas. Un relevé d’empreintes et son stockage sont l’affaire de quelques minutes. Une carte d’identité et même un passeport n’auraient pas dû être cette denrée rare qu’on quémande et où il faut faire la ligne comme ces pauvres citoyens à qui on fait une fausse charité d’un plat de riz. La bizarrerie, c’est que nous avons encore un État qui se fout du citoyen et aux mains de gens organisant, planifiant la rareté pour qu’elle soit rentable. Cette mafia est si bien incrustée que seul un gouvernement fort ayant l’appui d’une majorité significative de la population pourra l’éradiquer.

 Partout où l’État offre un service, le citoyen n’a jamais la sensation que quelque chose est pensé pour lui venir en aide. Pendant ce temps les ayants droit ont toute l’attitude pour contourner le système pour obtenir ce service qui permet de rançonner monsieur tout le monde !

 Que de chemin à faire alors que nous n’avons même pas pris la décision de quitter notre kalfou madichon.

 Gary VICTOR

Sans doute l’idée de bonne gouvernance que sous-tendent les mesures annoncées par JM n’exclut-elle pas que l’Etat ait un rôle social et économique à jouer à ce tournant de la vie nationale? L’instrumentalisation de l’Etat et le soupçon en sont, peut-être constitutifs. Comment supposer l’existence d’un gouvernement sans gouvernance et inversement, si ce n’est pour concevoir des fonctions dont tout système humain viable requiert l’exercice? C’est la question qui se pose. Car l’équipe au pouvoir est appelée à donner, dans une perspective explicitement fonctionnaliste, non pas des preuves de la gouvernance synonyme de la persistance systémique, mais la version progressiste d’un nouveau management public susceptible de mettre en lumière les enjeux, les marges mais aussi l’emprise des rapports possibles de pouvoir sur les attentes légitimes de la population.

 Robenson Bernard

 De nouveaux défis nous attendent au moment où nous célébrons cette semaine notre drapeau et l’Université. Ce n’est qu’en repensant la gouvernance générale du pays et en renouant avec nos valeurs profondes que nous trouverons le chemin de crête où enfin notre bicolore pourra fièrement flotter.

 Roody Edmé

 Mérès Weche

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