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Éditorial

L’attrait de l’ailleurs

L’attrait de l’ailleurs

Notre correspondant en Floride, Me Frandley Julien Denis, et le professeur Watson Denis ont analysé de manière approfondie dans nos colonnes toutes les conséquences du renouvellement ou non du TPS. Des mises en perspective qui ont permis à nos lecteurs de comprendre les enjeux stratégiques d’un tel dossier sur les plans économique et diplomatique.

Notre correspondant en Floride, Me Frandley Julien Denis, et le professeur Watson Denis ont analysé de manière approfondie dans nos colonnes toutes les conséquences du renouvellement ou non du TPS. Des mises en perspective qui ont permis à nos lecteurs de comprendre les enjeux stratégiques d’un tel dossier sur les plans économique et diplomatique.

L’Administration américaine a eu la main lourde en renouvelant pour un temps assez court le statut de réfugié temporaire de milliers d’Haïtiens vivant aux Etats-Unis. Un prolongement qui a tout l’air d’un sursis avant une décision fatidique! Tout ceci nous ramène à l’éternelle question de nos capacités à gérer un jour une poussée migratoire forcée dans nos frontières. Nous n’avons nullement les moyens d’accueillir nos nationaux qui ont émigré aux États-Unis à la recherche d’une vie meilleure. La note optimiste du Département d’État américain à propos de la situation en Haïti, si elle sert d’argumentaire pour justifier une réduction du délai de grâce à six malheureux mois ne trompe personne sur la situation réelle du pays. Un pays qui entre à peine dans une zone de turbulences sociales avec la hausse des prix du carburant qui laisse très peu de choix au gouvernement et aux consommateurs quant à une éprouvante spirale inflationniste avec des risques de chocs d’offre et de demande.

La diplomatie haïtienne censée être en pleine restructuration a du pain sur la planche et le laborieux et salutaire travail des Organisations militant aux Etats-Unis pour les droits des immigrés haïtiens ne fait que commencer. Aujourd’hui plus que jamais, les migrations internationales jettent une lumière crue sur la question des droits de ceux forcés de quitter leur pays en raison de catastrophes politiques, économiques et environnementales. Certains coins de la planète sont rendus invivables par des guerres dévastatrices et des menaces climatiques récurrentes et cela provoque des déplacements de populations à une échelle jusqu’ici jamais égalée.

Catherine Withol de Wenden, Directrice de Recherche au Centre d’études et de recherches internationales estime que la nationalité est une des sources importantes de l’inégalité. Selon le pays où on est né et la nationalité qu’on possède on ne jouit pas du même droit à la mobilité.

On peut, affirme-t-elle, circuler librement dans 164 pays si l’on est Danois et dans 94 pays si l’on est Russe alors qu’on est assujetti à visas ou des « refus » comme on dit chez nous- quelle que soit sa destination si on est originaire d’un pays présentant un « risque migratoire ».

Le droit à la mobilité varie aussi en fonction des conditions sociales. Les gens fortunés des pays pauvres ont moins de difficultés à voyager comme touristes ou à s’installer brièvement à l’étranger. Selon les principes de « l’immigration choisie » adoptés dans certains pays Occidentaux, les plus qualifiés des pays du Sud peuvent aussi y être admis.

Face à un phénomène migratoire sans précédent, on parle de plus en plus en ce nouveau siècle du droit à la mobilité comme un droit humain inaliénable. La vérité cependant est que nous vivons dans un monde ou le délire sécuritaire et son corollaire le terrorisme aveugle prennent en otage la fraternité et la solidarité entre les peuples. Le récent attentat haineux à Manchester participe de cette logique sanglante du pire qui ne manquera pas de renforcer les extrémistes de l’autre bord. De plus en plus de migrants forcés sont exclus de l’égalité des droits dans des sociétés qui ne savent plus faire face à un flux quasi permanent de nouveaux arrivants..

Roody Edmé

Sans doute l’idée de bonne gouvernance que sous-tendent les mesures annoncées par JM n’exclut-elle pas que l’Etat ait un rôle social et économique à jouer à ce tournant de la vie nationale? L’instrumentalisation de l’Etat et le soupçon en sont, peut-être constitutifs. Comment supposer l’existence d’un gouvernement sans gouvernance et inversement, si ce n’est pour concevoir des fonctions dont tout système humain viable requiert l’exercice? C’est la question qui se pose. Car l’équipe au pouvoir est appelée à donner, dans une perspective explicitement fonctionnaliste, non pas des preuves de la gouvernance synonyme de la persistance systémique, mais la version progressiste d’un nouveau management public susceptible de mettre en lumière les enjeux, les marges mais aussi l’emprise des rapports possibles de pouvoir sur les attentes légitimes de la population.

 Robenson Bernard

 De nouveaux défis nous attendent au moment où nous célébrons cette semaine notre drapeau et l’Université. Ce n’est qu’en repensant la gouvernance générale du pays et en renouant avec nos valeurs profondes que nous trouverons le chemin de crête où enfin notre bicolore pourra fièrement flotter.

 Roody Edmé

 Mérès Weche

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