Cent jours, quel bilan?
Le Président de la république, M. Jovenel Moise, vient de boucler le 18 mai ses 100 premiers jours à la tête du pays. En guise de bilan, il annonce pour le reste de son quinquennat qu’il aura à adopter tout un train de mesures qui ne feront certainement pas l’unanimité comme la hausse des prix du carburant à la pompe qui aurait pour conséquence la montée des prix des produits de première nécessité. Résoudre les problèmes de l’électricité d’Haïti, revoir les contrats des fournisseurs privés de l’EDH, décongestionner les missions diplomatiques d’Haïti à l’étranger qui fourmillent de “ vrais faux diplomates” en fonction, réviser à la baisse les commandes de l’Etat, constituent, entre autres, les nouvelles batailles du Chef de l’Etat qui faisait à son compte le bilan de son administration.
Le Président de la république, M. Jovenel Moise, vient de boucler le 18 mai ses 100 premiers jours à la tête du pays. En guise de bilan, il annonce pour le reste de son quinquennat qu’il aura à adopter tout un train de mesures qui ne feront certainement pas l’unanimité comme la hausse des prix du carburant à la pompe qui aurait pour conséquence la montée des prix des produits de première nécessité.
Résoudre les problèmes de l’électricité d’Haïti, revoir les contrats des fournisseurs privés de l’EDH, décongestionner les missions diplomatiques d’Haïti à l’étranger qui fourmillent de “ vrais faux diplomates” en fonction, réviser à la baisse les commandes de l’Etat, constituent, entre autres, les nouvelles batailles du Chef de l’Etat qui faisait à son compte le bilan de son administration.
Le chef de l’Etat se propose de revoir les contrats signés entre l’Etat haïtien et les fournisseurs privés d’électricité. Il déplore le fait que sur chaque 100 kilowatts que produisent ces fournisseurs, l’Etat paie 85 kilowatts et ne rentre que 22% de la consommation. Jovenel Moise est déterminé à résoudre le problème de l’EDH qui est subventionné par le Trésor public à hauteur de plus de 200 millions de dollars. Il annonce la mise sur pied d’une structure destinée à gérer la production, le transport, la distribution et la commercialisation du courant électrique.
Tout en reconnaissant que le problème de l’EDH est complexe, Jovenel Moise croit nécessaire de l’attaquer de front pour le résoudre, car le pays doit avoir du courant électrique afin que soient enfin inter connectés les 10 départements géographiques via un réseau national d’électricité qui peut couter entre 243 millions et 250 millions de dollars.
Pour atteindre ses objectifs que d’aucuns voient justement comme un voeu pieux, il va appliquer deux méthodes : le partenariat public/privé et la concession. Cette dernière consiste à trouver des entreprises étrangères désirant financer et gérer pour une durée déterminée des travaux de constructions à haute intensité de main d’oeuvre, comme des routes et des aéroports.
En effet, depuis quelque temps, s’il y a un mot qui jouit de la faveur des protagonistes du débat public et tend à faire planer des doutes, c’est la gouvernance. Il est exemplaire, à cet égard de ce qui, dans la transition du pays vers la démocratie, est dans le registre de la rhétorique officielle et des clichés idéologiques.
Le terme se banalise ou se vide de sa substance au gré des conjonctures. Il semble de plus en plus que l’on a affaire à un concept qui laisse perplexe. Dès lors que tout système organisé (l’Etat, entreprise, université, société civile...) peut être conçu comme doté d’une gouvernance et dès lors que la gouvernance a vocation à constituer une grille d’analyse privilégiée pour la compréhension des logiques de pouvoir et de production d’effet dans le système, l’Etat se voit nécessairement retirer tout statut exorbitant. Il est vrai que, en toute rigueur, cette vision est indépendante du statut normatif de l’Etat.
La bonne gouvernance promue par la Banque Mondiale et reprise par d’autres acteurs internationaux de développement propose un ensemble de critères permettant d’apprécier de l’extérieur, au vu des formes politiques qui y prévalent et des différents indicateurs de corruption au sens large, les performances d’un pays et son aptitude à recevoir une aide au développement qui ne fasse pas l’objet de capture ou de prédation étatique .
Sans doute l’idée de bonne gouvernance que sous-tendent les mesures annoncées par JM n’exclut-elle pas que l’Etat ait un rôle social et économique à jouer à ce tournant de la vie nationale? L’instrumentalisation de l’Etat et le soupçon en sont, peut-être constitutifs. Comment supposer l’existence d’un gouvernement sans gouvernance et inversement, si ce n’est pour concevoir des fonctions dont tout système humain viable requiert l’exercice? C’est la question qui se pose. Car l’équipe au pouvoir est appelée à donner, dans une perspective explicitement fonctionnaliste, non pas des preuves de la gouvernance synonyme de la persistance systémique, mais la version progressiste d’un nouveau management public susceptible de mettre en lumière les enjeux, les marges mais aussi l’emprise des rapports possibles de pouvoir sur les attentes légitimes de la population.
Robenson Bernard
De nouveaux défis nous attendent au moment où nous célébrons cette semaine notre drapeau et l’Université. Ce n’est qu’en repensant la gouvernance générale du pays et en renouant avec nos valeurs profondes que nous trouverons le chemin de crête où enfin notre bicolore pourra fièrement flotter.
Roody Edmé
Mérès Weche
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