La tentation répressive
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Trois jeunes ont été assassinés après les manifestations du 17 octobre. Les circonstances de ces meurtres ne sont pas trop claires, mais il semble qu’ils auraient été appréhendés par une patrouille de policiers circulant dans un véhicule sans plaques, puis livrés à un gang d’un quartier qui aurait fait le sale boulot.Comme d’habitude quand le système vacille, quand les intérêts des sempiternels profiteurs sont menacés, on trouve toujours de la valetaille pour faire le mauvais travail. Une valetaille qui ne se nourrit que d’os qu’on lui jette d’une table autour de laquelle elle ne sera jamais invitée.
Trois jeunes ont été assassinés après les manifestations du 17 octobre. Les circonstances de ces meurtres ne sont pas trop claires, mais il semble qu’ils auraient été appréhendés par une patrouille de policiers circulant dans un véhicule sans plaques, puis livrés à un gang d’un quartier qui aurait fait le sale boulot.Comme d’habitude quand le système vacille, quand les intérêts des sempiternels profiteurs sont menacés, on trouve toujours de la valetaille pour faire le mauvais travail. Une valetaille qui ne se nourrit que d’os qu’on lui jette d’une table autour de laquelle elle ne sera jamais invitée. Dans tous les pays, les pouvoirs tiennent en place à cause de cette engeance. Elle s’aplatit devant ses maîtres, mais en contrepartie, elle exerce un pouvoir parfois sans garde-fou sur une population livrée à elle-même. Les bandits dans de nombreux quartiers populaires sont rémunérés par le pouvoir, quand il le faut, soit pour sévir, soit pour qu’ils restent tranquilles. Cela démontre bien la déliquescence d’un État qu’une certaine gauche a accéléré. On avait des tas de choses à reprocher à l’armée, mais la détruire pour qu’on puisse armer des « baz » partout dans le pays dans le but de garder un pouvoir, ce qui de toute manière n’arrive jamais, est un crime contre la nation. Ceux qui l’ont commis devraient être traduits en justice.La Police nationale, on le sait, est traversée par de nombreux courants. Ce qui est normal, car chaque pouvoir en place tente de la politiser. Sa gestion des manifestations du 17 octobre a été dans l’ensemble correcte encore que des enquêtes doivent être diligentées d’urgence pour retrouver ceux qui ont livré ces trois jeunes aux bandits pour être exécutés. Il faut aussi que la Direction générale de la Police fournisse des explications sur les cagoules que portent certaines patrouilles. Des unités spéciales dans la plupart des pays en portent dans des opérations –antidrogue- par exemple où l’anonymat des policiers ou des militaires est important pour la poursuite du combat contre les bandits. Mais, dans le cas d’intervention de maintien de l’ordre, le port de cagoule ne peut que donner à certains policiers la fausse conviction d’une impunité à cause de l’anonymat dans lequel ils se trouvent alors. On pense pouvoir agir à sa guise vu que personne dans la population ne vous reconnaitra. Le policier dans sa mission doit assumer les conséquences de ses actes. De telles dérives dans un pays qui se veut sur les rails de la démocratie sont inacceptables.L’argent dilapidé du Petrocaribe continue à mobiliser la population. Mieux vaut tard que jamais, car la nomenklatura haïtienne a bâti sa fortune et son pouvoir sur la dilapidation des fonds publics depuis des générations. « Plimen poul lan pa kite l rele », avait dit Alexandre Pétion. On a appris l’histoire comme si de rien n’était. Ce pays confisqué par ceux qui se sont cachés derrière une histoire pour donner aux masses l’illusion d’exister ! La poule a souvent hurlé, mais il y avait toujours une nuée de citoyens prêts à grimper sur le dos de la bête pour venir ripailler. Mais, cette fois, même si on ne veut pas couper la branche pourrie, elle est en train de se casser toute seule. Il faut soit se dépêcher de descendre de la branche ou prévoir un parachute. De parachutes dorés, la population n’en voudra pas pour nos bandits légaux. Le compte à rebours pour la vraie reddition de comptes a-t-il commencé ?Le juge Moro lui-même s’était laissé aller à regarder dans une seule direction, celle du Parti des Travailleurs, pris qu’il était au début, dans les mailles médiatiques de l’affaire Lula. Preuve, s’il en était, que toute justice saine doit se garder de succomber aux affres de la dramaturgie médiatique.Ces scandales d’État qui ont balayé la région ont dressé les peuples contre une forme de gouvernance pourrie et corrompue qui détruit de l’intérieur tout système démocratique. Les graves conséquences de cette gestion graveleuse du pouvoir et des polarisations sociales qui s’en suivent peuvent conduire à de terribles retours de balancier.Le succès probable du candidat de l’extrême droite Jair Bolsonaro aux élections du 28 octobre au Brésil constitue une véritable montée des périls. Bolsanaro est connu pour son ton brutal et décomplexé, sa misogynie et ses provocations outrancières. Son élection serait avant tout une sanction contre le Parti des Travailleurs qui aura déçu les classes pauvres et populaires. Ces dernières sont instrumentalisées par les églises évangéliques sévissant dans les quartiers populeux et qui sont séduites par le discours ultra conservateur de Bolsanero.L’équipe qui encadre Bolsanero et soutenue par la haute finance, assure le contrôle efficace des réseaux sociaux et inonde l’opinion publique brésilienne de fake news. Le système en place, un moment ébranlé par l’opération « lavage express », prépare sa reprise en main des affaires politico-judiciaires et la mise sous double verrou des institutions.De Rio à Port-au-Prince, les évènements se suivent, mais ne se ressemblent pas forcément. Toujours est-il que dans notre pays, on doute encore de la capacité institutionnelle de l’État haïtien à faire aboutir des enquêtes fiables et impartiales. La mobilisation cependant a atteint son point culminant. Le mouvement a forcé le président à sabrer dans son entourage. Et l’on annonce d’autres évènements dans les jours à venir.Il reste et demeure dans ce leve kanpe généralisé quelques brèches qu’il faudra peut-être colmater. Certains croient que surfer sur cette vague revendicatrice est un moyen rapide et efficace pour arriver au timon des affaires et leur ambition ne va pas plus loin ; d’autres groupes de citoyens plus circonspects pensent qu’il faut s’en prendre avec patience et véhémence à un système capable de se reproduire et de « cloner » un type précis de politicien au service des mêmes paradigmes. Le mouvement des jeunes de 1946 a vite été récupéré par des politiciens plus « madrés », et le printemps arabe a tourné au cauchemar.À ce propos, l’exemple d’autres pays peut servir dans la lutte commune des peuples pour de meilleurs lendemains.Les acteurs politiques, la très charitable communauté internationale, les expertes agences internationales, les respectables entrepreneurs en plus d’être patriotes, les courtiers de toutes les palpitantes aventures et l’imposante diaspora devraient comprendre que la mobilisation de projets d’infrastructures permettra aux éternels sinistrés du Farwest de s’émanciper et de développer leur région dans la dignité. À partir de ce moment, les messages et les communiqués auront un meilleur contenu.Faut-il rappeler que dans le cas du Nord-Ouest, la charité n’est pas que blessante ; elle a signé l’arrêt de mort de toute une région.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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