Ces discours dont on aurait pu se passer
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Il y a des occasions qu’un citoyen qui se respecte ne rate pas. La commémoration de faits historiques, l’entrée en fonction de nouvelles autorités ou encore la publication de statistiques officielles sont parmi les rendez-vous qui apportent des messages forts. A chaque intervention des représentants de l’État, on attend d’être rassuré sur l’avenir et de se sentir plus attaché à sa Patrie. C’est d’ailleurs pourquoi certains discours sont devenus historiques dans la vie sociopolitique de certains peuples.Parmi « les lois du discours » élaborées par le linguiste français Oswald Ducrot, il y en a une, l’informativité, qui stipule qu’un énoncé doit apporter des informations nouvelles aux destinataires.
Il y a des occasions qu’un citoyen qui se respecte ne rate pas. La commémoration de faits historiques, l’entrée en fonction de nouvelles autorités ou encore la publication de statistiques officielles sont parmi les rendez-vous qui apportent des messages forts. A chaque intervention des représentants de l’État, on attend d’être rassuré sur l’avenir et de se sentir plus attaché à sa Patrie. C’est d’ailleurs pourquoi certains discours sont devenus historiques dans la vie sociopolitique de certains peuples.Parmi « les lois du discours » élaborées par le linguiste français Oswald Ducrot, il y en a une, l’informativité, qui stipule qu’un énoncé doit apporter des informations nouvelles aux destinataires. Mais on n’a pas besoin d’avoir étudié cette théorie pour expliquer la perte d’intérêt d’un public dont la déception s’accroit minute après minute. C’est malheureusement l’expérience qu’ont vécue beaucoup de ceux qui suivaient le président Jovenel Moïse à l’occasion de la commémoration du 212e anniversaire de l’assassinat de Jean Jacques Dessalines.Le président reste le même malgré les leçons que les événements politiques de l’année 2018 auraient pu lui apprendre. C’est encore « le chef de l’État - président de la République » qui revendique un pouvoir absolu. Perdu par moments dans sa longue improvisation, Jovenel Moïse s’est obstiné à réitérer ses promesses et à autoriser son Premier ministre à faire des miracles. Le constat : plus les projets s’empilent, plus le pays s’enfonce dans la crise financière. Cette réalité risque de ne pas changer jusqu’à la fin du quinquennat.Sur des questions brûlantes de l’actualité, le président n’a fait que polémiquer de nouveau. Tant pis pour ceux qui attendaient de lui un discours apaisant et politiquement correct. Alors qu’une immense foule manifestait dans plusieurs villes pour réclamer justice dans l’affaire petrocaribe, Jovenel Moïse a déclaré à ceux qui veulent l’entendre que le procès aura lieu exactement comme il le veut. Les coupables et les innocents auraient déjà été identifiés.Aucune stratégie envisagée pour rassurer une population asphyxiée par l’injustice sociale et l’inflation, le chef de l’état ne pouvait s’empêcher de lancer des flèches contre ceux qui auraient critiqué son prétendu plan d’exploitation des ressources naturelles. Hélas ! Le citoyen qui voit s’anéantir son pouvoir d’achat jour après jour n’a pas repris confiance.Comme beaucoup de ses prédécesseurs, le chef de l’État n’a fait que revisiter des discours prononcés à l’occasion d’autres fêtes nationales. Rappeler la prouesse des héros de la Patrie, l’idéal qui les animait, prêcher l’unité nationale, dénoncer les luttes fratricides et s’ériger en digne successeur des pères fondateurs sont un contenu présenté à chaque fois comme une leçon apprise. Sans ancrage dans la réalité ni orientation idéologique claire, les représentants de l’État se complaisent à s’acquitter d’un devoir avec une monotonie déconcertante.Face aux errements des autorités, la population affamée et bafouée perd patience. L’éducation sur la participation citoyenne favorisée par les outils technologiques fait son chemin petit à petit. Et le défi de l’avènement d’un leadership éclairé commence à être pris au sérieux par les indifférents. L’avenir a le dernier mot.Des citoyens ont toujours du mal à obtenir leur carte d’identification nationale depuis plusieurs mois qu’ils ont déposé leurs pièces. D’autres attendent dans de longues lignes sous le soleil de pouvoir bénéficier d’un service minimum. Si nous traitons nos concitoyens avec si peu de considérations, comment espérer un traitement différent des étrangers vis-à-vis de nos compatriotes ?Toutes ces revendications et d’autres constituent le cahier de charge de citoyens engagés résolus à faire entendre leur voix. Nous insistons pour que les Indignés de Petrocaribe soient plus circonspects pour sauvegarder la crédibilité de leur mouvement, gage de sa moralité. Il faut souhaiter que cette noble bataille pour le droit et la justice ne soit polluée par des princes de l’ombre, à quelque bord qu’ils appartiennent, qui veulent, en faisant régner la peur sur la ville, nous ramener par le fer et le feu à leur agenda traditionnel.Cachez-nous ces kits, ces tweets, ces communiqués, ces génératrices, ces bouteilles d’eau, ces promesses que nous ne saurions voir !Paradoxalement, le Nord-Ouest est la région des grandes potentialités. Peu peuplée, avec une morphologie où plaines, montagnes, côtes, cours d’eau s’agrémentent, la région peut-être le lieu d’expérimentation d’un modèle innovant de développement pour réparer la malfaisance des apprentis sorciers qui a duré trop longtemps.Les acteurs politiques, la très charitable communauté internationale, les expertes agences internationales, les respectables entrepreneurs en plus d’être patriotes, les courtiers de toutes les palpitantes aventures et l’imposante diaspora devraient comprendre que la mobilisation de projets d’infrastructures permettra aux éternels sinistrés du Farwest de s’émanciper et de développer leur région dans la dignité. À partir de ce moment, les messages et les communiqués auront un meilleur contenu.Faut-il rappeler que dans le cas du Nord-Ouest, la charité n’est pas que blessante ; elle a signé l’arrêt de mort de toute une région.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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