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Éditorial

Qui a parlé d’excellence ?

Qui a parlé d’excellence ?

Nous sommes de mieux en mieux convaincus qu’au-delà des qualités et des bons sentiments d’un Premier ministre, ses actions doivent s’inscrire dans le droit, le devoir et la morale. Hier, au moment de l’investiture de Jean-Henry Céant, l’à peine ancien locataire de la Primature n’a ni rasé les murs ni grincé les dents. Un exercice pour le moins civilisé selon les canons de la démocratie éclairée à laquelle le pays aspire. Sauf que jusqu’à la dernière minute, le docteur Jack Guy Lafontant a tenu à consolider sa légende. Il a pris la parole pour, de bonne guerre, défendre son bilan, mais aussi pour, inutilement expliquer à toute la République, qu’en 17 mois, il n’aurait pas pu faire beaucoup.C’est du pur Lafontant dans le texte. La traduction d’une sortie de piste après 17 mois à faire face aux contraintes du réel.

Nous sommes de mieux en mieux convaincus qu’au-delà des qualités et des bons sentiments d’un Premier ministre, ses actions doivent s’inscrire dans le droit, le devoir et la morale. Hier, au moment de l’investiture de Jean-Henry Céant, l’à peine ancien locataire de la Primature n’a ni rasé les murs ni grincé les dents. Un exercice pour le moins civilisé selon les canons de la démocratie éclairée à laquelle le pays aspire. Sauf que jusqu’à la dernière minute, le docteur Jack Guy Lafontant a tenu à consolider sa légende. Il a pris la parole pour, de bonne guerre, défendre son bilan, mais aussi pour, inutilement expliquer à toute la République, qu’en 17 mois, il n’aurait pas pu faire beaucoup.C’est du pur Lafontant dans le texte. La traduction d’une sortie de piste après 17 mois à faire face aux contraintes du réel. Mais, on comprend que ce type de situation se départît rarement d’une compréhension simpliste et de son cortège de jérémiades. La période de 17 mois, dans la conduite d’un pays, est assez longue pour entamer les réformes, surtout celles promises et consignées dans le document de politique générale, qui aurait dû être le cahier de charge d’un gouvernement. 17 mois, c’est quand même le temps nécessaire pour boucler deux années scolaires!La beauté des déclarations de politique générale réside dans les engagements exceptionnels et innovants. Sinon, elles se ressembleraient toutes. Comme l’ex-Premier ministre Lafontant, 17 mois auparavant, Jean Henry Céant, dans le chapitre de sa politique générale réservée à l’éducation, a mis sur son compte le projet d’implanter 10 établissements d’enseignement d’excellence pour les petits Haïtiens à fort potentiel.De cette vision redondante pour deux gouvernements qui se succèdent, il ressort deux conclusions : il n’y a rien de plus noble et de plus responsable que de permettre à un apprenant la réalisation d’un parcours scolaire dans de meilleures conditions qui soit en le plaçant dans un établissement qui dispose de moyens et de ressources pour le conduire vers l’excellence. Cependant, force est d’admettre qu’il est risqué de construire du lourd sur de la terre meuble et instable puisque le système éducatif haïtien est en totale déshérence.Nous ne pouvons plus cacher les chiffres et les faits qui traduisent les faiblesses de l’école haïtienne.Ce n’est pas notre première expérience haïtienne de l’école de l’exception. Le système bâti au 19e siècle sur les écoles congréganistes d’excellence n’a pas empêché le développement d’une éducation caractérisée par les inégalités dans le traitement des enfants de la République. Justement, nous avons peur de ces petites exceptions, de ces dispositifs élitistes dans un pays qui réclame, du nord au sud, la fin des privilèges.En 17 mois et avec du travail, le Gouvernement peut revoir les modes et les formes de gouvernance du système. Ce n’est pas le renouvellement de l’élite qui est prioritaire en 2018, mais l’accès universel à une école performante.Les enfants de riches ou assimilés ont, depuis, leurs établissements d’excellence. Si on commence à segmenter le reste entre enfants normaux et enfants méritants, nous aurons du pain su la planche.Des structures étatiques que le Premier ministre prend d’ailleurs formellement l’engagement de transformer et qu’il compte mettre enfin au service de la nation. Pour ce faire, il veut faire entrer la société civile dans le débat sur la réforme de l’État et la décentralisation. La mise en place d’une table sectorielle sur cette question constituerait une priorité de son gouvernement.Lors de la présentation de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a montré, en s’adressant aux sénateurs de l’Opposition, qu’il savait mieux communiquer que son prédécesseur. Et qu’il était comme on se plaît à le dire un « fin politique ». Toujours est-il qu’il lui faudra encore beaucoup plus pour réussir son pari dans un environnement accablé par le pessimisme le plus épais.Comme quoi c’est au pied du mur que l’on reconnaît les vrais maçons.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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