Le chef qui déteste la caméra
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Comme un signe des temps, les attaques répétées et violentes contre la presse haïtienne traduisent la banalisation et l’accroissement des actions haineuses contre les travailleurs de la presse. Il est vrai que le dénigrement réfléchi et stratégique de la presse a gagné en popularité et en légitimité en devenant le passe-temps favori d’une partie de la population et d’une frange des pouvoirs politiques et économiques.On pourra presque nous faire admettre que le développement accéléré des réseaux sociaux et l’augmentation exponentielle du nombre des connectés ont porté un coup fatal à la presse « traditionnelle » en lui enlevant tout intérêt économique et dans la capacité à informer en temps réel et sans filtre.
Comme un signe des temps, les attaques répétées et violentes contre la presse haïtienne traduisent la banalisation et l’accroissement des actions haineuses contre les travailleurs de la presse. Il est vrai que le dénigrement réfléchi et stratégique de la presse a gagné en popularité et en légitimité en devenant le passe-temps favori d’une partie de la population et d’une frange des pouvoirs politiques et économiques.On pourra presque nous faire admettre que le développement accéléré des réseaux sociaux et l’augmentation exponentielle du nombre des connectés ont porté un coup fatal à la presse « traditionnelle » en lui enlevant tout intérêt économique et dans la capacité à informer en temps réel et sans filtre. Mais nous persistons à croire que ce sont les acteurs politiques (responsables, leaders et militants) qui représentent la principale menace sur le travail et la liberté de la presse. Qu’on ne s’y trompe pas ; leur vision du journalisme se rapproche dangereusement de celles des régimes autoritaires.On pouvait espérer avec l’enterrement de la dictature et les espoirs bruyants de la construction d’un État de droit, une telle angoisse ne serait plus possible. La conjoncture est ce cauchemar pour la presse parce que nous sommes en pleine dénégation d’une menace, sérieuse à plus d’un titre. Nous ne pouvons pas faire semblant que des hauts responsables politiques ont expliqué au peuple que les journalistes, en montrant des images de la réalité haïtienne, empêchent d’attirer les investissements en Haïti. Et que dire des agressions polémiques à ras les pâquerettes et les textes restrictifs, dont un vote au Sénat de la République et un autre mis en circulation par le ministère de la Justice.En réalité, les acteurs politiques ont besoin pour exister que des slogans forts, des images convaincantes et des promesses à oublier le lendemain. Pour ce, les réseaux sociaux conviennent à leur bonheur puisqu’ils n’ont pas besoin d’intermédiaires ou d’analystes pour faire passer leurs messages auprès des citoyens ou des dirigeants.Pour atténuer l’hostilité envers la presse encouragée par les acteurs politiques, il reste, malgré tout, la possibilité que les travailleurs de la presse résistent en faisant leur travail avec passion et éthique professionnelle.Notre confrère Vladjimir Legagneur, encore porté disparu depuis quelques mois, a eu affaire avec un gang se réclamant de motivations et d’amitiés politiques. La première nuit des émeutes du 6 au 8 juillet, un journaliste a failli être brûlé vif par des manifestants sur la route de Bourdon. En début de semaine, un chef figurant dans une pièce de l’absurde, a frappé un confrère, puis détruit le matériel d’un autre pour enfin regretter qu’il n’ait pas fait l’utilisation de son arme.La haine du journalisme peut-être une chanson, un coup de fil pour virer un journaliste désobéissant, l’embargo sur la publicité, le dénigrement des « machann mikwo », les voies de fait sur un jeune reporter. La haine du journalisme est surtout une menace contre la démocratie. Quand un journaliste se fait agresser en couvrant un événement au Parlement, la menace s’est transformée en catastrophe.La parole responsable du sénateur Lambert, peu après l’agression, ce lundi, de notre collègue a perdu son poids de garantie. Le mardi, l’agresseur était à son poste plus chef que jamais.Certains gros chefs ont perdu leur sang-froid, maintenant ce sont les petits, larbins du système, qui commencent à perdre le leur. Frapper un journaliste est de l’ordre des bêtises. Une raison de plus pour que les journalistes ne perdent pas une miette de l’actualité pour continuer à dénoncer les écarts et aider la population à demander des comptes.L’insolence n’est pas une vertu inconnue des travailleurs de la presse en Haïti. La démocratie et la liberté d’expression ont été acquises à trop grand prix. L’agresseur, fut-il agent de sécurité, président de la République, militant conséquent, chef de gang ou roi de la finance, ne peut pas confisquer ou reprendre ce qui a été acquis dans la lutte et la douleur.Sans conteste, les actes du Congrès du Bois-Caïman ont été d’une grande lucidité et d’une grande utilité pour dessiner les contours de l’avenir.Est-ce que nous sommes dans une république dépravée où seuls les membres du gang auront un jour accès aux dites bonnes écoles ?L’autre raison est encore plus folle.Y a-t-il une catégorie de gens qu’on ne veut pas fréquenter ? Un apartheid qu’on veut signifier, établir ? Un parent d’élèves a osé pointer du doigt les enfants qui arrivent sur taxi-moto. On pourrait aussi indexer les enfants qui viennent dans des voitures qui ne font pas high class. Beaucoup de journalistes du National tomberaient sous les couperets de cette discrimination qui ne se dit pas.Il faut que ces gens, ces fous, qui exigent à ces responsables d’établissements d’augmenter les frais scolaires, soient clairs. Qu’on cesse de se cacher. S’il y a une partie de la population qu’on méprise, qu’on déteste, qu’on veut anéantir, qu’on le dise.Il y a aussi un autre drame. Ceux qu’on méprise, qu’on veut annihiler et qui tiennent malgré tout à ce que leur progéniture fréquente de tels établissements simplement pour dire qu’on est là même si alors l’enfant grandit frustré, avec des complexes qui viendront achever la société.Ceux qui se croient d’une race supérieure dans ce pays, ils doivent être non seulement aveugles, mais fous. Il n’y a rien à montrer pour le prouver sinon qu’une infériorité, une bestialité, une compétence à perpétuer le chaos, la misère, bref le mal même dans leurs propres lieux.Qu’on cesse dans les officines, dans certaines réunions de parents dans les écoles, à étaler une telle maladie mentale.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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