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Éditorial

Le défi de la communication politique

Le défi de la communication politique

Ces deux dernières semaines, au-delà de toutes les formes d’inquiétudes et de dégâts qu’elles ont générés et alimentés, ont été catastrophiques à un point qu’elles ont servi de tombeau à la parole politique en Haïti. Nous avons failli oublier que le fondamental de travail des acteurs politiques est de convaincre, de persuader par la parole.De la hausse avortée des prix à la pompe à la ronde des négociations pour dresser le profil du Premier ministre en passant par la démission du gouvernement de Jack Guy Lafontant et le pugilat entre les sénateurs du Sud-Est, la communication politique des protagonistes n’a fait que renforcer la défiance des Haïtiens vis-à-vis des responsables politiques.Les travailleurs de la communication, et particulièrement la presse, ont été surpris par la stratégie utilisée pour faire passer auprès de la population la décision d’ajuster le prix du carburant. Le résultat n’est qu’histoire, dira-t-on dans cinquante ans, pour parler des violentes émeutes du week-end noir du 6 au 8 juillet.

Ces deux dernières semaines, au-delà de toutes les formes d’inquiétudes et de dégâts qu’elles ont générés et alimentés, ont été catastrophiques à un point qu’elles ont servi de tombeau à la parole politique en Haïti. Nous avons failli oublier que le fondamental de travail des acteurs politiques est de convaincre, de persuader par la parole.De la hausse avortée des prix à la pompe à la ronde des négociations pour dresser le profil du Premier ministre en passant par la démission du gouvernement de Jack Guy Lafontant et le pugilat entre les sénateurs du Sud-Est, la communication politique des protagonistes n’a fait que renforcer la défiance des Haïtiens vis-à-vis des responsables politiques.Les travailleurs de la communication, et particulièrement la presse, ont été surpris par la stratégie utilisée pour faire passer auprès de la population la décision d’ajuster le prix du carburant. Le résultat n’est qu’histoire, dira-t-on dans cinquante ans, pour parler des violentes émeutes du week-end noir du 6 au 8 juillet. En fait, les communicants politiques ont sélectionné une petite douzaine d’arguments, les uns plus discutables que les autres, et quelques sorties polémiques pour expliquer à une population pauvre qu’il était d’une nécessité absolue de lui faire payer plus pour le carburant. Et, par ricochet, de payer plus pour le transport, les produits de premières nécessités, entre autres.Pourtant, avant et même si tout n’était pas parfait, la communication gouvernementale et parlementaire était calibrée. Le Palais national a tenté de présenter un président décontracté, multipliant les déplacements sur le terrain ; et le tout servi par une prise de parole surabondante. Il est vrai que l’investissement du président dans sa stratégie de communication n’a pas toujours assuré une bonne réception de ses actions, mais ce format avait le mérite de donner l’impression que le président pouvait être crédible en ayant les mains dans le cambouis et les pieds posés par terre, ancrés dans la réalité.Au Parlement, malgré et envers toutes les petites et grosses bombes à désamorcer, les techniques de communication déployées (séances diffusées en direct à la télévision, disponibilité des parlementaires pour les journalistes) avaient pour objectif certain d’installer l’idée de la transparence dans la tête des citoyens.Mais, il a fallu la première grande épreuve pour assister à la destruction brutale de tous les efforts pour convaincre la population à avoir confiance dans le discours et l’activité politiques.Les émeutes, la récupération du choc qui s’en est suivi, la démission du Premier ministre, les candidats qui sautent dans la foule pour se faire remarquer, les consultations décisives pour choisir le futur chef de Gouvernement ont déclenché un activisme communicationnel sans précédent. Tel ministre se défend violemment des accusations de tel autre au nom des valeurs primaires de solidarité et de collégialité. Tel sénateur enfonce l’autre qui le défonce à son tour. La cacophonie est revendiquée et abusée à outrance. Il est évident que les acteurs politiques, du moins ceux qui sont dans la démesure de la parole, ont perdu le contrôle de leur communication politique et ne peuvent plus influencer positivement l’opinion publique.Ceci étant posé, le Premier ministre démissionnaire n’a jamais su convaincre par la parole, l’outil principal du responsable politique. Le discours n’a pas remplacé le stéthoscope ! Et, ca vient avec la fonction de chef de Gouvernement. La communication politique joue un rôle de premier plan dans l’action publique. Jusqu’à la démission de M. Lafontant, il était convenu que l’orgueil et l’élégance accompagnaient toujours les sorties de scène. La lettre de démission, telle une ordonnance rapidement griffonnée, prouve que le Premier ministre n’a pas le goût de la langue. Ni celle du peuple ni celle des élites de Pétion-Ville et de Kenscoff.Quant aux élites économiques de ce pays outrageusement victimes de ces violences, il est venu pour eux l’heure d’opérer un bilan honnête autour des engagements pris en faveur de l’environnement, de la culture, de l’éducation dans une perspective de solidarité. Combien de musées et d’activités littéraires et artistiques, de projets communautaires sont supportés par des organismes privés ? Il en existe quelques rares qui ne font pas encore la différence. Et cette inaction ou cette passivité ne fait que mettre à nu les inégalités et renforcer les conflits de classe.De son côté, L’Opposition politique doit se rendre plus crédible. Les conférences de presse dominées par l’invective et la menace ne font pas un projet de société. Ce pays a les moyens de s’en sortir. Cependant, il faut surtout que nos pratiques changent, et ce à quelque secteur que nous appartenons.Le pays pourra ne pas survivre à deux désastres en l’espace de quelques jours.Jean-Euphèle Milcé   Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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