Rebattons les cartes !
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Le Premier ministre a quitté ses fonctions dans un scénario aussi rocambolesque qu’imprévisible. Personne ne sait si Jack Guy Lafontant n’a voulu démissionner plus tôt pour ne pas paraître céder aux pressions de la rue. En tout cas, son rendez-vous avec l’histoire a présenté le 14 juillet quelques ratés. Le chef du Gouvernement a-t-il vraiment démissionné avant de venir au Parlement ? Ou l’a-t-il fait comme l’attestent certaines sources dignes de foi, sous l’impérieuse dictée du chef de sa majorité parlementaire au cours d’une suspension de séance salutaire ? Le Parlement a tenté ces derniers jours de tirer son épingle d’un jeu truqué, en sanctionnant publiquement un allié jusqu’ici surprotégé par une majorité de députés.
Le Premier ministre a quitté ses fonctions dans un scénario aussi rocambolesque qu’imprévisible. Personne ne sait si Jack Guy Lafontant n’a voulu démissionner plus tôt pour ne pas paraître céder aux pressions de la rue. En tout cas, son rendez-vous avec l’histoire a présenté le 14 juillet quelques ratés. Le chef du Gouvernement a-t-il vraiment démissionné avant de venir au Parlement ? Ou l’a-t-il fait comme l’attestent certaines sources dignes de foi, sous l’impérieuse dictée du chef de sa majorité parlementaire au cours d’une suspension de séance salutaire ? Le Parlement a tenté ces derniers jours de tirer son épingle d’un jeu truqué, en sanctionnant publiquement un allié jusqu’ici surprotégé par une majorité de députés. Toutefois, il reste aux pères conscrits beaucoup de pain sur la planche pour regagner la confiance d’une population qui a mal dans ses institutions.Quoi qu’il en soit, l’homme politique le plus critiqué de ces derniers jours part avec un douloureux passif : celui d’avoir géré de manière catastrophique une hausse brutale des prix de l’essence qui condamnait à la famine des centaines de milliers de familles. Une décision technique compréhensible en relation avec les lois du marché, mais risquée sur le plan sociopolitique.Ce qui s’est passé ces derniers jours, prouve encore une fois que le leadership politique fait appel à un sens accru des responsabilités. Il y va du destin de tout un peuple, des vies et des biens de nous tous. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, mais il faut savoir peser le pour et le contre des décisions qui engagent une communauté. Certains chefs d’État ont conduit leur pays dans des guerres ruineuses, d’autres ont voulu plier la planète entière à leur rêve de domination, détruisant ainsi des millions de vies. L’histoire regorge de cas de conséquences désastreuses d’options politiques catastrophiques.Notre pays a besoin de tirer les leçons une fois pour toutes de ces événements funestes qui ont jalonné notre évolution de peuple. Qu’on se rappelle des luttes sanglantes et sans grandeur entre Libéraux et Nationaux au XIXe siècle qui occasionnèrent de terribles incendies et des milliers de morts. Les nombreuses occupations militaires qui ne sont pas uniquement les résultats funestes des politiques impérialistes d’un Occident dominateur, mais aussi et surtout les conséquences lourdes et funestes de nos politiques néfastes.Dans le sillage des évènements des 6 et 7 juillet dernier, le bruit a couru que les Blancs allaient encore une fois débarquer. Une partie de la classe moyenne apeurée devant l’ampleur des catastrophes et les pillages qui ne s’arrêtaient plus envisagea le pire. L’effondrement visible de tous les systèmes de sécurité, l’absence du Gouvernement a transformé notre République en un véritable radeau de la méduse.Il est un fait certain que la grande mobilisation du weekend dernier était incontournable. Aucune force de police n’aurait pu contenir un mouvement aussi généralisé avec des acteurs aussi déterminés, mais les pillages et les destructions systématiques qui ont duré même après la levée de la décision laissent dubitatifs.Il doit exister un profond malaise au sein des organes éxécutifs de ce pays qui méritent en toute urgence d’être revus. Il n’est pas possible que l’irresponsabilité et le manque de planification soient aussi à leur comble. On parle beaucoup ces jours-ci de mission hautement « sacrée » confiée par le peuple à ses élus. Il est temps que dans ce pays, ces élus qu’ils soient au Parlement ou dans l’Éxécutif se montrent à la hauteur de cette lourde mission.Ce peuple est humilié et nargué tous les jours par les privilèges et les postures peu amènes de ses élus. En même temps, on lui demande de se serrer la ceinture et surtout de rester serein face à sa misère. Aucune suite au dossier Petrocaribe et on l’exige de payer beaucoup plus pour un pétrole encore fumant de scandale.Quant aux élites économiques de ce pays outrageusement victimes de ces violences, il est venu pour eux l’heure d’opérer un bilan honnête autour des engagements pris en faveur de l’environnement, de la culture, de l’éducation dans une perspective de solidarité. Combien de musées et d’activités littéraires et artistiques, de projets communautaires sont supportés par des organismes privés ? Il en existe quelques rares qui ne font pas encore la différence. Et cette inaction ou cette passivité ne fait que mettre à nu les inégalités et renforcer les conflits de classe.De son côté, L’Opposition politique doit se rendre plus crédible. Les conférences de presse dominées par l’invective et la menace ne font pas un projet de société. Ce pays a les moyens de s’en sortir. Cependant, il faut surtout que nos pratiques changent, et ce à quelque secteur que nous appartenons.Le pays pourra ne pas survivre à deux désastres en l’espace de quelques jours.Jean-Euphèle Milcé Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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