Reprendre la gouvernance !
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On peut aussi avoir le syndrome de la page blanche quand on doit écrire un éditorial. Pas parce qu’on manque d’inspiration. Parce que dans notre chaos au quotidien, trop de choses agressent nos sens et notre raison. Parce que parler politique quelque part ici c’est plaisanter. C’est tenter d’emprisonner la fumée avec ses mains. C’est du néant qui s’articule avec du néant. Car le fruit du politique se voit au quotidien. Et quel est ce fruit ? La circulation à Port-au-Prince en est le premier exemple. Si des policiers vous arrêtent pour vous réclamer permis et papiers, on a l’impression qu’ils s’assurent tout simplement qu’on a honoré ses obligations envers l’État prédateur. Mais à part cela c’est le désordre le plus complet.
On peut aussi avoir le syndrome de la page blanche quand on doit écrire un éditorial. Pas parce qu’on manque d’inspiration. Parce que dans notre chaos au quotidien, trop de choses agressent nos sens et notre raison. Parce que parler politique quelque part ici c’est plaisanter. C’est tenter d’emprisonner la fumée avec ses mains. C’est du néant qui s’articule avec du néant. Car le fruit du politique se voit au quotidien. Et quel est ce fruit ? La circulation à Port-au-Prince en est le premier exemple. Si des policiers vous arrêtent pour vous réclamer permis et papiers, on a l’impression qu’ils s’assurent tout simplement qu’on a honoré ses obligations envers l’État prédateur. Mais à part cela c’est le désordre le plus complet.Tous les citoyens savent comment on peut se procurer un « permis de conduire ». Des véhicules moribonds circulent partout. Le transport public ramène à l’époque de la traite négrière. Des policiers se font enfumer par des moteurs défectueux sans réagir. N’importe quel quidam dans une voiture immatriculé service de l’État ou officiel actionne une sirène pour narguer des citoyens dans un embouteillage etc. Si on délaisse la circulation pour les médicaments en vente libre dans les rues c’est encore pire. L’étalage dans des conditions d’hygiène inimaginables de la viande, des légumes, des fruits dans de nombreux marchés publics, est digne d’un cauchemar.On construit partout n’importe comment. On coupe les arbres même dans les zones dites protégées sans crainte véritable. Les écoles borlette fleurissent pour la plus belle, de même que les universités de la même trempe. Quel que soit le domaine du quotidien du citoyen qu’on s’avise d’examiner, d’observer, on se rend compte que la gouvernance est absente.La gouvernance ne vivote que dans les interfaces avec l’étranger, que dans les espaces où il y a de l’argent à collecter.L’EDH envoie un bordereau pour qu’on puisse payer. Mais que le client demande un service comme l’installation d’un compteur, on peut attendre des mois.On a beaucoup parlé de changer l’État. On n’a jamais réussi jusqu’à présent car comme il est, il a réussi à une classe d’hommes et de femmes qui savent comment se reproduire avec l’appui de la communauté internationale.Pendant ce temps, les classes les plus pauvres de notre population s’enfoncent dans la misère. Les classes moyennes ne sont plus aux abois. Elles sont en train de sombrer.Nous avons connu tant de désastres. Il est étonnant qu’ils ne nous permettent pas de nous reconstruire en tant que peuple capable de renforcer les liens qui peuvent unir les citoyens.Le Gouvernement peut capoter et ceux qui ont toujours fait semblant d’aider à la reconstruction du pays continueront à ne pas croire à l’utilité d’un gouvernement. Les États pensés par des clans, des ONG, des « baz », des marchands-fraudeurs sont généralement faibles.En passant et sérieusement, aujourd’hui, il est encore temps de préparer la population aux fortes pluies qui peuvent être provoquées par le passage de Béryl.Le pays pourra ne pas survivre à deux désastres en l’espace de quelques jours.Jean-Euphèle Milcé Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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