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Éditorial

L’autre ?

L’autre ?

Quelle est la place accordée à l’autre dans notre société ? L’autre est-il une fiction, une négation, une impossibilité même ? L’autre n’est-il qu’un tentacule d’une monstruosité née d’une foule engluée dans un grégarisme accablant, refusant toute expression d’un individualisme capable de s’opposer à sa course folle vers le désastre ?Les exemples sont multiples pour montrer que l’autre chez nous est presque une fiction. On ne prend aucune mesure en pensant à l’autre, aux commodités de l’autre, au respect de l’autre, car nous tous, dans un espace géré par un concept d’égalité dévoyé, nous voulons, consciemment ou inconsciemment, nous retrouver dans le même enfer.Donnons quelques exemples pris au hasard dans notre quotidien.

Quelle est la place accordée à l’autre dans notre société ? L’autre est-il une fiction, une négation, une impossibilité même ? L’autre n’est-il qu’un tentacule d’une monstruosité née d’une foule engluée dans un grégarisme accablant, refusant toute expression d’un individualisme capable de s’opposer à sa course folle vers le désastre ?Les exemples sont multiples pour montrer que l’autre chez nous est presque une fiction. On ne prend aucune mesure en pensant à l’autre, aux commodités de l’autre, au respect de l’autre, car nous tous, dans un espace géré par un concept d’égalité dévoyé, nous voulons, consciemment ou inconsciemment, nous retrouver dans le même enfer.Donnons quelques exemples pris au hasard dans notre quotidien. On prépare une cérémonie dite de graduation où les parents des écoliers ou des étudiants sont conviés. Personne ne se pose la question à savoir combien de temps une assistance - l’autre - peut garder une attention même peu soutenue à l’activité. Celle-ci va s’étirer si bien en longueur que, finalement, tout le monde s’ennuie et ne rêve qu’à la fin de la cérémonie. Que dire de ces discours trop longs qui fatiguent les gens et où seul le hâbleur prend son pied pensant être entendu et apprécié ?Le bruit est un autre exemple du peu d’importance accordée à l’autre chez nous. On s’arroge le droit de mettre de la musique à volume maximum dans un quartier. On le fait tout naturellement. L’autre bien sûr n’existe pas, vu qu’il ne peut être qu’une excroissance de sa propre négation. Il ne peut que se plaire dans la situation et accepter. Si d’aventure, quelqu’un proteste, il risque d’être considéré comme une sorte de fou, un asocial qu’il faut éjecter de la communauté. Comme le fait religieux, souvent, chez nous, ne se conçoit pas dans la méditation, dans le recueillement, mais dans le bruit, le vacarme, beaucoup de citoyens ont le sommeil difficile avec ces églises, ces pasteurs qui, en pleine nuit, au petit matin, vocifèrent souvent en utilisant des haut-parleurs pour imposer leur étrange vision du monde à des autres inexistants.Le refus de l’autre dans un tel espace de précarité et de médiocrité rend presque dangereuse l’existence de tout esprit qui menace de dériver loin du groupe en raison d’un talent quelconque ou d’une compétence acquise. L’expression connue chez nous : se pa maji se don, est une sorte de couverture pour rester à l’intérieur du groupe, car on explique alors que sa différence n’est pas due à une volonté personnelle d’être autre chose. La responsabilité est reportée sur la divinité ou le diable.Toute une campagne d’éducation civique, citoyenne, devrait être entreprise et durer sur le temps pour extirper de notre collectif ces comportements et pensées qui non seulement font abstraction de l’autre, mais surtout nous enferment dans une sorte d’égocentrisme où des esprits tortueux confondent culture et comportements acquis dans le chaos de cette médiocrité voulue par un État pour sécuriser sa reproduction. Le drame, c’est quand des compatriotes à l’étranger reproduisent ces comportements sans comprendre les dommages qu’ils peuvent causer à ces autres qui existent hors de nos frontières. On peut alors hurler à la persécution ou au racisme. Pour remédier à tout cela, il faut ici, donner à l’humain – à l’autre - la place qui lui revient de droit.Le discours des hommes d’État se durcit de plus en plus et l’absence de civilité semble être la chose du monde la mieux partagée entre les puissants de ce monde. Les exportateurs européens ressentent sur leur nuque la chaleur de ces nouvelles dispositions des douanes américaines. Les Européens affutent leurs armes économiques et se préparent à sanctionner lourdement des centaines de milliards de produits venus des États-Unis.Un nouveau nationalisme est né, chevillé aux « intérêts américains ». Il se situe à mi-chemin du traditionnel isolationnisme des années 30 et d’un interventionnisme aujourd’hui décomplexé. Ce qui n’est pas pour déplaire à un certain électorat qui espère ainsi un retour de la grande prospérité des États-Unis d’Amérique, celle qui a consacré leur suprématie incontestée à travers le monde.Toutefois, resurgissent aux yeux des témoins de ce nouveau siècle, une dureté et une brutalité dans les rapports entre les nations dont la tendance ultime est la banalisation et/ou l’indifférence face aux désastres qu’ils soient humanitaires ou économiques.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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