LA PLAIE
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L’un de nos grands esprits disait que le pouvoir politique n’est pas jouissance, mais responsabilité. Responsabilité envers la communauté, envers la nation. Envers surtout les générations futures, car nous ne sommes pas seuls propriétaires de ce sol. Cependant, plus le temps passe, plus on a l’impression que l’échiquier se partage entre jouisseurs et ceux qui démissionnent, qui se contentent d’observer, considérant la politique comme quelque chose de sale et d’avilissant, laissant ainsi le champ libre aux imposteurs et aux audacieux sans comprendre que de toute manière on payera la conséquence de l’inconscience généralisée.Lundi après-midi, la communication par voie terrestre entre notre capitale et les régions de Martisssant, Fontamara, Bizoton, vers la nationale 2 qui permet d’avoir accès à trois départements, était difficile à cause de ce qui semblait être un affrontement entre gangs. Des dizaines de milliers de citoyens étaient aux abois, certains ne pouvant pas regagner leur foyer.
L’un de nos grands esprits disait que le pouvoir politique n’est pas jouissance, mais responsabilité. Responsabilité envers la communauté, envers la nation. Envers surtout les générations futures, car nous ne sommes pas seuls propriétaires de ce sol. Cependant, plus le temps passe, plus on a l’impression que l’échiquier se partage entre jouisseurs et ceux qui démissionnent, qui se contentent d’observer, considérant la politique comme quelque chose de sale et d’avilissant, laissant ainsi le champ libre aux imposteurs et aux audacieux sans comprendre que de toute manière on payera la conséquence de l’inconscience généralisée.Lundi après-midi, la communication par voie terrestre entre notre capitale et les régions de Martisssant, Fontamara, Bizoton, vers la nationale 2 qui permet d’avoir accès à trois départements, était difficile à cause de ce qui semblait être un affrontement entre gangs. Des dizaines de milliers de citoyens étaient aux abois, certains ne pouvant pas regagner leur foyer. Ce foyer de délinquance perdure non pas à des centaines de kilomètres de Port-au-Prince, mais à une dizaine de minutes du Palais national, à quelques dizaines de mètres aussi de sous-commissariats placés sans doute dans ces zones pour sécuriser la population.C’est une situation intolérable, absurde, car un État, même peu fonctionnel, ne saurait tolérer pareils agissements à sa barbe, dirait-on. Une capitale est la vitrine d’un pays, même si Port-au-Prince ne peut plus prétendre l’être. Mais comment peut-on comprendre l’impuissance des pouvoirs publics à contrer leur dérapage ?La plaie est devenue purulente. Tous nos gouvernements ont voulu armer des groupes de civils avec le désir névrotique de se maintenir au pouvoir. La plupart du temps, un contrôle minimum était maintenu sur ces groupes. Depuis 1991 avec l’apparition d’organisations populaires outils d’un pouvoir politique, puis des « baz » dans les quartiers populaires armés par les gouvernements - on a même distribué des armes à des enfants - les choses ont carrément dérapé. Des groupes économiques ont aussi remis des armes à des « baz » non seulement pour sécuriser leur business et leurs propriétés, mais aussi pour déstabiliser des quartiers à fort potentiel de vote, ces quartiers n’étant alors accessibles qu’à ceux qui font allégeance à la mafia qui tient le pays sous sa coupe. Il faut se rappeler que des chefs d’État depuis 1991 ont soit reçu des chefs de gangs au Palais national, soit rendu visite aux bandits dans leur repaire, comme un passage obligé, pendant leur campagne électorale.Sévir contre les ouvriers de la sous-traitance qui demandent un légitime ajustement salarial semble être plus dans les cordes des pouvoirs. Contrer les fauteurs de troubles qui investissent les quartiers du bas de la ville, là c’est un véritable casse-tête politique. Trop de mains sont responsables de ce chaos planifié. Dans la boue et la confusion, on a appris chez nous à faire fleurir de l’or, or dont on jouit là-haut au sommet des montagnes ou au loin sur les rives étrangères. Les tentatives de rendre non fonctionnelle la Police nationale, notre seule force de sécurité, et le refus de lui adjoindre un service de renseignement digne de ce nom participe à ce plan suicidaire ourdi par nos antinationaux.Cette situation n’est donc finalement que le résultat de l’incrustation de jouisseurs à tous les niveaux de l’appareil d’état, de gens qui n’ont aucune préoccupation communautaire, aucun sens patriotique, aucune vision pour la patrie commune. Reprendre la situation en main devient donc une urgence pour nous tous, millions de femmes et d’hommes qui devront vivre sur ce coin de terre et léguer quelque chose à nos enfants. Sinon le scénario presque oublié de Somalie peut se déployer dans sa version « kokorat » ici chez nous.La diplomatie des tweets initié par le président des États-Unis et suivi depuis peu par quelques chefs de gouvernement comme le Premier ministre Justin Trudeau, nous plonge désormais dans un environnement où dominent l’instantané, les décisions politiques immédiates qui passent avant les rencontres de cabinet. Aussi les humeurs et décisions des grands de la planète, particulièrement celles de la plus grande puissance du monde sont relayées sur les réseaux sociaux sans état d’âme aucun.Cette nouvelle manière de voir a considérablement bouleversé les relations internationales. Les rapports de force entre les États s’exposent sous nos yeux avec brutalité. La diplomatie de la canonnière en vogue, il y a deux siècles, a été remplacée par celle plus soft de l’après-guerre au XXe siècle. Toutefois, depuis quelques mois, une diplomatie du chaos faite de menaces et de revirements spectaculaires écrase de tout son poids géopolitique l’entente cordiale entre les nations.Un malheur est vite arrivé en Haïti et nous avons tellement d’amis qui aiment jouer les sauveurs puisque c’est bien payé en notoriété, en visibilité d’autant qu’en cas d’urgence les principes et la morale comptables tombent.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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