Entre la prévention et la réponse
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Toutes les années et peu importent l’agenda politique, les revendications sociales, les luttes souterraines et leurs cortèges de suspicion, la saison cyclonique, sans possibilité d’être différée, démarre le 1e juin. Depuis la semaine dernière, les agences gouvernementales et internationales, impliquées dans la gestion des risques, donnent de la voix, multiplient les cérémonies et dévoilent les nouveaux dispositifs ainsi que les plans de contingence habituelle.Il est aussi bien que l’autorité politique, à travers le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), s’y investit en participant à des cérémonies déconcentrées de lancement de la saison tout en rappelant aux acteurs de la Protection civile et à la société leurs devoirs de participer à la campagne d’information et de relayer aux besoins les alertes et les bulletins de vigilance.
Toutes les années et peu importent l’agenda politique, les revendications sociales, les luttes souterraines et leurs cortèges de suspicion, la saison cyclonique, sans possibilité d’être différée, démarre le 1e juin. Depuis la semaine dernière, les agences gouvernementales et internationales, impliquées dans la gestion des risques, donnent de la voix, multiplient les cérémonies et dévoilent les nouveaux dispositifs ainsi que les plans de contingence habituelle.Il est aussi bien que l’autorité politique, à travers le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), s’y investit en participant à des cérémonies déconcentrées de lancement de la saison tout en rappelant aux acteurs de la Protection civile et à la société leurs devoirs de participer à la campagne d’information et de relayer aux besoins les alertes et les bulletins de vigilance.Depuis quelques années, Haïti a la maitrise du lancement des saisons cycloniques et de la présentation des plans de contingence qui se sont beaucoup améliorés surtout avec l’élargissement des listes d’abris. Le grand public suit, médit, accuse, prophétise, mais ne se sent pas vraiment concerné. La population n’est peut-être pas convaincue que ces dispositifs ne sont pas des artifices pour voler l’argent du peuple, mais des prévisions pour faciliter la protection et le secours des vies et des biens en cas d’impact d’un cyclone.Selon les prévisions des experts, l’activité cyclonique en 2018 devrait être proche de la moyenne. Des expériences et des enseignements tirés des précédentes catastrophes, il est évident que le degré de vulnérabilité d’Haïti est tel qu’un seul cyclone même de moyenne intensité est déjà un évènement de trop.Les autorités et les opérateurs de la Protection civile se sont entendus, cette année, sur l’objectif de zéro mort. Sur ce sujet-là, il est permis, en se référant aux morts occasionnés par les évènements des années précédentes, d’en douter. C’est bien et correct de prévoir des abris équipés pour recevoir des sinistrés et des agents capables d’apporter les premiers secours. Bien sûr qu’en cas de menace imminente, la presse va instaurer la permanence pour relayer les consignes, des millions de messages SMS seront envoyés. Les maires, les ministres jusqu’au président de la République interviendront, jusqu’à la supplication, pour demander aux populations de se mettre à l’abri. Ce qui n’empêchera pas des pertes en vies humaines dans des conditions les plus stupides qui soient.Est-ce qu’en 2018, un Haïtien devrait mourir coincé dans un camion qui traverse une rivière en crue ou dans un logement sur les berges d’une ravine ?Afin de maintenir la population en alerte, condition nécessaire pour atteindre l’objectif zéro mort, les autorités doivent exiger le civisme et la responsabilité des Haïtiens.Pour la saison cyclonique 2018, les cérémonies, les annonces, les abris équipés, ainsi que toutes les stratégies de communication ne serviront pas l’objectif zéro mort si les pouvoirs publics, qu’ils soient locaux ou nationaux, ne contraignent pas la population à respecter les consignes.Un malheur est vite arrivé en Haïti et nous avons tellement d’amis qui aiment jouer les sauveurs puisque c’est bien payé en notoriété, en visibilité d’autant qu’en cas d’urgence les principes et la morale comptables tombent.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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