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Éditorial

Créer un fonds d’appui à l’industrie cinématographique et audiovisuelle

Créer un fonds d’appui à l’industrie cinématographique et audiovisuelle

L’initiative participerait de ces lieux communs susceptibles d’envahir les dé­bats publics si elle faisait suite à l’ouverture du Ciné Triomphe annoncée en grande pompe par le président de la République. On sait en fin de compte ce qu’il en est de cette superbe infrastructure rénovée sous l’administration de l’ancien président Joseph Michel Martelly, mais restée dysfonctionnelle pour des raisons techniques laissant la population sur sa soif.Lors d’une conférence de presse à l’aéroport Toussaint Louverture, Jove­nel Moïse a promis de rendre disponible gratuitement l’internet haut débit pour tous ceux qui fréquentent le Champ-de-Mars.

L’initiative participerait de ces lieux communs susceptibles d’envahir les dé­bats publics si elle faisait suite à l’ouverture du Ciné Triomphe annoncée en grande pompe par le président de la République. On sait en fin de compte ce qu’il en est de cette superbe infrastructure rénovée sous l’administration de l’ancien président Joseph Michel Martelly, mais restée dysfonctionnelle pour des raisons techniques laissant la population sur sa soif.Lors d’une conférence de presse à l’aéroport Toussaint Louverture, Jove­nel Moïse a promis de rendre disponible gratuitement l’internet haut débit pour tous ceux qui fréquentent le Champ-de-Mars. Ce projet, assure-t-il, sera implémenté dès cet été et permettra aux jeunes d’effectuer allègrement leurs recherches.Le chef de l’État a confirmé, par ailleurs, l’ouverture du Centre d’incubation d’entreprises Alpha Haïti pour permettre aux jeunes pleins de talents de trouver l’encadrement nécessaire au développement de leurs projets. Pari ambitieux. Ils seront recrutés en nombre suffisant par voie de concours afin de participer aux activités de cet établissement technico-professionnel qui priorise la technologie... Au Ciné Triomphe, le public pourra visionner des films et assister à des représentations théâtrales. Peu importe la connota­tion attribuée aux notions de divertissement et loisirs de masse, encore que Port-au-Prince a longtemps divorcé d’avec cette habitude qui s’inscrit dans une logique urbaine.La ville est aussi créatrice de nouvelles pratiques ludiques définissant sa propre culture de divertissement. Par-delà les dérives. Le Ciné Triomphe, lieu de culture et des arts par excellence, participera de la reprise de la vie nocturne à Port-au-Prince trop longtemps asphyxiée. Le monde du cinéma et des spectacles saluent déjà ce retour tant souhaité. Depuis des années, la capitale vit dans la nostalgie des salles de cinéma. Mais ce n’est pas tout de donner une âme à cette infrastructure. Encore faut-il investir dans la production, la formation dans les métiers d’art et la promotion des droits d’auteur. L’appui aux infrastructures est un levier important pour la diffu­sion et l’émulation des talents.Longtemps sevrée des salles claires obscures où l’on projette des films qui plongent le public dans des rêves, Port-au-Prince attend la création d’un fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle. Les cinéphiles et acteurs haïtiens ont désormais une nouvelle adresse à Port-au-Prince. Le ciné Triomphe reprend ses droits. Le chef de l’État matéri­alise en vrac un pan de sa politique de revalorisation et de redynamisation du secteur culturel mis en oeuvre par le gouvernement sous son impulsion.Ultra moderne, le ciné Triomphe est doté d’équipements de projection et de sonorisation numériques des plus sophistiqués. Sa réouverture vient mettre un terme à des années d’absence de salles de cinéma au Champ-de- Mars après la fermeture du Ciné impérial à Delmas 19. Mais une question se pose: sous quel prisme faut-il regarder cette initiative dans un pays érigé sur la base d’une société de masse traitant tout comme un produit de con­sommation, ce qui pose un problème de rapport à l’idée même de culture?Comme l’a écrit Hannah Arendt: “La société de masse est peut-être encore plus sérieuse, non en raison des masses elles-mêmes, mais parce que cette société est essentiellement une société de consommateurs, où le temps du loisir ne sert plus à se perfectionner ou à acquérir une meilleure position sociale, mais à consommer de plus en plus, à se divertir (...) Croire qu’une telle société deviendra plus trempée et passionnée de la création artistique sans une politique culturelle bien filtrée est une erreur monumentale. L’attitude de consommation implique la ruine de tout ce à quoi elle touche et permet à la crise de la culture de se préciser.”On objectera, peut-être à tort, l’utilitarisme de la crise actuelle du secteur culturel en Haïti qui résulte de la priorité donnée au divertissement pur et simple. L’ENARTS se meurt, le Théâtre national est livré à lui-même... Sortir de cette crise demande de réintroduire un rapport approprié à la culture. Jovenel Moïse, en prenant l’initiative d’annoncer la réouverture du Ciné Triomphe donne la preuve qu’il est capable de juger et de décider de la valeur de l’art. C’est, le moins qu’on puisse dire, du « politiquement correct ».Le chef de l’État devrait combiner des instruments publics et privés en définissant le rôle stratégique de l’agriculture dans ce programme. C’est évident: l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui est liée aux mauvais choix de politique agricole et économique, et au faible pouvoir d’achat de la population s’est accrue. Il faut l’attaquer de front.Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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