Port-au-Prince doit revivre !
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La Mairie de Port-au-Prince vient d’annoncer un train de mesures pour faire face à l’insalubrité qui nous a valu, ces derniers jours, une place de choix dans le panthéon des villes les plus sales au monde. Le maire semble se résoudre à l’idée que cette regrettable confusion des rôles entre le Service des Résidus solides et la voirie municipale ne fait qu’empirer une situation déjà insoutenable.Désormais, annonce-t-il, la municipalité de la capitale se prépare à renforcer son propre parc d’engins lourds destinés au ramassage des ordures.
La Mairie de Port-au-Prince vient d’annoncer un train de mesures pour faire face à l’insalubrité qui nous a valu, ces derniers jours, une place de choix dans le panthéon des villes les plus sales au monde. Le maire semble se résoudre à l’idée que cette regrettable confusion des rôles entre le Service des Résidus solides et la voirie municipale ne fait qu’empirer une situation déjà insoutenable.Désormais, annonce-t-il, la municipalité de la capitale se prépare à renforcer son propre parc d’engins lourds destinés au ramassage des ordures. Une bonne nouvelle que nous accueillons positivement et surtout, avec modération, compte tenu des nombreuses désillusions accumulées dans le passé. Un de nos amis, justement préoccupé par la situation lamentable de la ville, faisait remarquer que depuis les années 70, l’architecte Albert Mangonès attirait déjà l’attention des riverains sur ce drame urbain qui profilait à l’horizon.Nous avons malheureusement dans notre pays, la mauvaise habitude de mépriser toute pensée scientifique au profit du bon vouloir d’une quelconque providence. Qu’on se souvienne des avertissements de certains de nos experts comme l’ingénieur Claude Prépetit, à propos des menaces qui gisent, gueules béantes sous nos pieds. Le 12 janvier 2010, le pays a payé un lourd tribut humain et matériel en raison de nos inconséquences passées et de nos irréductibles failles institutionnelles qui persistent encore de nos jours. Si la question des détritus n’est pas gérée de manière rationnelle, elle risque de se transformer en une catastrophe humanitaire. Et ce serait une de trop.Un de nos reporters a rédigé un papier sur la conférence de presse du maire Youry Chevry qui exposait les nouvelles stratégies de son administration face au défi de l’insalubrité. Son reportage a suscité d’intéressantes réactions chez nos lecteurs qui ont proposé, en lieu et place d’une amende de 10.000 gourdes à 50.000 gourdes, qu’on mette en place une mesure bien plus pragmatique. Par exemple, ceux qui s’arrogeraient le droit de se débarrasser de leurs déchets sur la chaussée devraient être astreints quelques semaines à des travaux communautaires. Des propositions continuent d’affluer sur le site du journal et sur les réseaux sociaux quant aux voies et moyens à mettre en oeuvre pour faire face à ce fléau urbain. Ce qui montre bien l’intérêt des Haïtiens pour la ville historique de Port-au-Prince.Il ne peut y avoir de comportement citoyen sans sanction et un délit ne doit pas rester impuni. Mais cela suppose un État capable de faire respecter la loi. Une administration en mesure de résister aux sirènes du populisme. De telles dispositions réclament surtout une continuité dans l’action et un leadership déterminé, c’est à dire des responsables peu enclins à se laisser à la mollesse coupable d’une fonction figée dans le formol de l’immobilisme.Ceux qui sont en charge d’administrer la cité doivent se faire à l’idée qu’il n’y aura pas de solution miracle. Il leur faut en plus du travail des balayeurs et éboueurs, initier un large mouvement participatif avec l’apport des comités de quartier. Lesquels ont déjà prouvé ce dont ils étaient capables, dans les grands moments de mobilisation civique. Assainir la ville est devenue une priorité et l’opinion publique en appelle au sens de responsabilité des pouvoirs publics. Les opérations de courte durée ne pourront nullement résoudre le problème et ne feront que porter atteinte au moral d’une population déjà très fortement affectée par l’état de délabrement de la ville.Huit ans après le tremblement de terre, nous vivons encore dans nos ruines. Le bas de la ville fracassé par les forces naturelles offre encore l’image désolée de ses quartiers éventrés. La manne chinoise ne viendra certainement pas, géopolitique oblige. Or, nous avons besoin d’un bon coup de pouce financier pour entreprendre des travaux d’une telle envergureLe moins que l’on puisse souhaiter est qu’une entente soit trouvée entre le pouvoir central et l’administration communale pour la renaissance progressive de notre chère capitale.Le chef de l’État devrait combiner des instruments publics et privés en définissant le rôle stratégique de l’agriculture dans ce programme. C’est évident: l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui est liée aux mauvais choix de politique agricole et économique, et au faible pouvoir d’achat de la population s’est accrue. Il faut l’attaquer de front.Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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