UEH : changer la donne !
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La Fête du drapeau et de l’université a donné lieu, comme chaque année, aux manifestations traditionnelles d’attachement au bicolore national. Depuis leur appariement, en 1920, par le ministre de l’Éducation de l’époque Dantès Bellegarde, qui a décrété l’université « gardienne » du drapeau, on ne peut se remémorer le souvenir du drapeau sans évoquer l’université, son rôle, son état, ses besoins. Donc par-delà le symbolisme du drapeau, il y a celui d’une Université depuis longtemps en souffrance.
La Fête du drapeau et de l’université a donné lieu, comme chaque année, aux manifestations traditionnelles d’attachement au bicolore national. Depuis leur appariement, en 1920, par le ministre de l’Éducation de l’époque Dantès Bellegarde, qui a décrété l’université « gardienne » du drapeau, on ne peut se remémorer le souvenir du drapeau sans évoquer l’université, son rôle, son état, ses besoins. Donc par-delà le symbolisme du drapeau, il y a celui d’une Université depuis longtemps en souffrance. Et qui projette une image de grande désolation en raison de son manque flagrant de ressources académiques et financières. Sans oublier le fait qu’elle est traversée depuis des années par les ondes de choc de conflits internes récurrents qui gênent son fonctionnement normal et régulier.Il est normal que l’UEH ne soit pas un havre de paix, compte tenu de la situation du pays et du rôle que se donnent volontiers les étudiants du monde entier de faire flamboyer l’avenir. L’opinion publique comprend que les moindres soubresauts d’une société en crise se manifestent aussi au sein d’une jeunesse impétueuse inquiète pour son avenir. Une jeunesse prise au piège de la précarité et des horizons improbables.Mais là où cela devient inquiétant, c’est quand ces luttes deviennent si intenses que rien ne semble être plus possible en termes de reconstruction. Il existe des combats qui sont aussi nihilistes que le statu quo. Ils le sont précisément lorsqu’ils n’ont pas de socle idéologique fiable. Lorsqu’ils ne sont pas irrigués par des projets constructifs. Lorsque, enfin, ils sont-ou deviennent- des conflits claniques ou personnels. Ce genre de détestations finit par polluer les mouvements de revendications les plus sérieuses.Depuis quelque temps, on parle de la mise en place progressive d’un dialogue inter universitaire. Toute chose pour laquelle nous formulons des voeux patriotiques de réussite. Car la situation actuelle de normalité par défaut est très loin de ce que nous attendons d’une Université au service d’une société qui se cherche désespérément.Pourtant, l’UEH semble, du moins théoriquement, être au fait de ses buts et objectifs. Sur son site, elle décline ses missions qui sont, entre autres, de fournir « un enseignement scientifique répondant aux besoins du pays et du monde » et de rendre « service à la communauté ». Il s’agit selon le document officiel « d’assurer l’accès à l’enseignement supérieur à tout citoyen sur la base du mérite ; faire bénéficier à la société haïtienne des résultats de ses recherches ; mettre son expertise au service du développement ».Il n’y a donc pas à réinventer la roue : il suffit de revenir aux fondamentaux de notre Université qui compte, d’ailleurs, parmi les plus vieilles de la région et qui fut jadis l’une des plus prestigieuses. Le Comité d’initiative pour le dialogue au sein de l’Université devra faire l’économie de pondre des tonnes de rapports sur le futile, pour se consacrer, de préférence, à retisser des liens qui se sont distendus de manière presque irréparable, entre professeurs d’ abord et entre des étudiants et professeurs.Les discussions doivent avoir pour base l’acceptation de la critique constructive, mais aussi le respect des hiérarchies et de la discipline académique, sans perdre de vue le comportement éthique de ceux qui assurent la gouvernance de l’Université. Aux dernières nouvelles, l’État haïtien et le rectorat viennent de signer un accord autorisant de nouvelles affectations budgétaires pour un meilleur fonctionnement de l’UEH.Une bonne nouvelle, si les engagements sont tenus. Selon une source proche du journal, il existe par ailleurs, tout un pan de la coopération internationale avec plus d’une trentaine d’universités francophones, qui attend un climat plus apaisé pour travailler pleinement avec l’UEH.Il faut donc continuer les efforts pour une plus grande normalisation de la vie universitaire, pour le fonctionnement rationnel d’un enseignement supérieur qui, tout en renforçant sa fonction critique, se pose plus que jamais en garant d’un futur encore possible.Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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