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Éditorial

Haïti, pays émergent à l’horizon 2030?

Haïti, pays émergent à l’horizon 2030?

Il faut être rationnel, mais surtout circonspect avec l’ECOSOC. La visite d’une délégation du Conseil économique de l’Organisation des Nations unies (ONU) au président de la République, le 8 mai 2018, a eu de quoi balayer en quelque sorte la peur des lendemains. Lors d’un entretien avec M. Jovenel Moïse au Palais national, les émissaires ont planché sur les priorités de développement sur le long terme et le renforcement du partenariat : Haïti sera un pays émergent à l’horizon 2030. Cela en dit long sur l’avenir. La formule parait décomplexée dans la mesure où il faut continuer à parier sans broncher sur la Caravane, cette locomotive qui tient lentement mais sûrement le cap.

Il faut être rationnel, mais surtout circonspect avec l’ECOSOC. La visite d’une délégation du Conseil économique de l’Organisation des Nations unies (ONU) au président de la République, le 8 mai 2018, a eu de quoi balayer en quelque sorte la peur des lendemains. Lors d’un entretien avec M. Jovenel Moïse au Palais national, les émissaires ont planché sur les priorités de développement sur le long terme et le renforcement du partenariat : Haïti sera un pays émergent à l’horizon 2030. Cela en dit long sur l’avenir. La formule parait décomplexée dans la mesure où il faut continuer à parier sans broncher sur la Caravane, cette locomotive qui tient lentement mais sûrement le cap. Et qui est prête à servir cet idéal, avec l’appui inconditionnel des institutions internationales.« L’État de droit est essentiel pour un développement économique conduit par les Haïtiens », professe Marc André Blanchard, président du groupe consultatif ECOSOC sur Haïti et ambassadeur représentant permanent du Canada auprès de l’ONU qui estime que pour réaliser les ambitions nationales, la communauté internationale doit continuer d’appuyer fermement les priorités du pays. Il en a profité pour souligner l’importance d’une action coordonnée entre tous les partenaires de développement pour une efficacité maximale.Haïti fera bientôt partie des pays émergents, c’est à dire un pays inachevé en termes d’infrastructure financière, mais faisant preuve de fortes opportunités de croissance. Certains pays sont classés dans cette catégorie en fonction de critères tels que croissance économique potentielle supérieure à 5% sur le long terme, niveau du PIB ou d’endettement, économie diversifiée notamment dans les secteurs de l’industrie et des services, stabilité politique. Ils doivent avoir également amorcé une libéralisation du marché et le rôle de l’État dans leur économie va en s’amenuisant. Ils manifestent une propension à s’ouvrir aux investisseurs étrangers. Selon des économistes, est émergent tout pays en dehors du G10 ou du G15, placé hors de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ou ne figurant pas dans les grands indices de marché, mais qui fait preuve d’une croissance supérieure à celle des pays occidentaux.De l’avis des émissaires onusiens, Haïti sera un pays dont l’économie, d’ici à 2030, est en transition. Sa croissance ne sera pas axée sur l’exploitation agricole, mais sur une industrie en plein essor. Ce sera un pays développé après, bien sûr, la bande formant le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud et Mexique qui ne fait pas partie du groupe).Dans le cas d’Haïti, une intensification des efforts pour le rééquilibrage de l’économie s’impose. Mais à condition de réduire la pauvreté et les inégalités qui entravent le développement du marché intérieur. Dans cette perspective, il convient de procéder à l’examen des conséquences des politiques publiques mal léchées et leurs rapports avec les tensions sociales, les conditions de leur reproduction et la paupérisation de la classe moyenne devenue le prolétariat de substitution à mobiliser contre les nouvelles perversions.Il est venu le temps de mettre en question la complexité des ressorts qui sont à l’origine des inégalités entre les Haïtiens. Nul ne peut s’affranchir de cet impérieux devoir ni s’inscrire en rupture totale avec ce qui permet d’analyser le constat accablant de la situation qui prévaut en matière d’environnement, d’exclusion. Un plan de relance de l’économie aiderait à éviter une approche réductrice de la question. Certes il serait stupide de ne pas imputer tous nos malheurs à la corruption et à l’absence de vision de nos gouvernants, mais il faut admettre également que les orientations économiques fixées de manière un peu potache sont symptomatiques d’une « paranoïa du complot » (Umberto Eco) à partir de laquelle Haïti est devenue une tour de Babel : à la fois pesanteur et légèreté. Et qui révèle l’insoutenable vision de ceux qui se sont souvent assigné ostensiblement la fonction de “défenseurs de la cause du peuple” dans les assises internationales.La presse écrite a cette capacité extraordinaire de compenser le retard pris sur l’événement par l’analyse qui annonce et explique les conséquences des faits et des évènements sur la société, les changements politiques, sociétaux et culturels profonds ainsi que les possibilités d’envisager des lendemains meilleurs pour un pays et sa population. Le National veut offrir à chaque Haïtien, où il se trouve, la possibilité de s’imprégner de l’histoire du présent ; ce, au jour le jour, afin que la société haïtienne comprenne au mieux son temps pour appréhender les changements profonds au niveau local et au niveau mondial.Après trois ans, les annonces de développement de la structure sont légitimes. Le National ira vers ses lecteurs avec une interface offrant de nouveaux services et d’outils pratiques. Le Quotidien a trois ans et vient d’entamer sa mue vers le meilleur : l’accessibilité permanente et aisée grâce à une plateforme numérique dynamique et pratique.Bonne fête à nos lecteurs !Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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