La peau de la femme noire !
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Quel regard porte-t-on sur la femme noire dans la première République dite noire du monde ? C’est une question qu’on a le droit de se poser, mais on ne veut pas en débattre. Il y a un fossé entre les discours et la réalité. Sauf que la réalité d’hier et d’aujourd’hui n’ont de différent qu’une certaine honte, une certaine gêne à afficher publiquement, de manière frontale, certains préjugés nés d’un imaginaire vicié.Si beaucoup de chantres de la Négritude et de défenseurs de l’africanité tenaient à épouser des femmes blanches ou de teint très clair, une unité de pulsions qui écarte l’hypothèse de la relation amoureuse saine qui fait fi des stéréotypes, les clips à la télévision privilégient aussi les femmes au teint clair, dans des scènes qui sont des génuflexions à l’avoir et à la consommation capitaliste.
Quel regard porte-t-on sur la femme noire dans la première République dite noire du monde ? C’est une question qu’on a le droit de se poser, mais on ne veut pas en débattre. Il y a un fossé entre les discours et la réalité. Sauf que la réalité d’hier et d’aujourd’hui n’ont de différent qu’une certaine honte, une certaine gêne à afficher publiquement, de manière frontale, certains préjugés nés d’un imaginaire vicié.Si beaucoup de chantres de la Négritude et de défenseurs de l’africanité tenaient à épouser des femmes blanches ou de teint très clair, une unité de pulsions qui écarte l’hypothèse de la relation amoureuse saine qui fait fi des stéréotypes, les clips à la télévision privilégient aussi les femmes au teint clair, dans des scènes qui sont des génuflexions à l’avoir et à la consommation capitaliste. Si femmes noires il y a, l’apparat principal, semble-t-il, de la féminité est gommé : la chevelure. Le crépu est interdit. Il faut du faux. Longues tresses. Longue chevelure. Cheveux au vent comme on dit chez nous. Un faux qui plait aux hommes, les hommes noirs surtout pour qui posséder une femme blanche ou de teint clair est une revanche prise sur un mépris qu’on voue à ses origines. Un mépris de soi qui vient avant le mépris des autres, ceux qui ont failli nous anéantir sur les plantations, ceux qui ont violenté les femmes noires sur ces mêmes plantations et qui ont nous ont laissé un héritage devenu presque une malédiction sur la terre d’Haïti.On nous faisait remarquer que les étalages de beaucoup de commerce sont pleins de produits pour se blanchir la peau. Une publicité tourne en boucle sur des stations de radio vantant l’efficacité de crèmes, de savons, d’huiles, devant rendre la peau « belle », la peau de la femme noire bien entendu. Elles sont légion celles qui tiennent à s’éclaircir sans se soucier des dommages non seulement graves, mais irréversibles –cancer- que cela peut causer à leur santé. Celles qui n’ont pas les moyens de se payer ces produits recourent à des formules tout à fait farfelues et aussi dangereuses. Le « douko », mot créole qui fait référence à la peinture appliquée sur la carrosserie d’une automobile, se généralise. Il n’est plus l’apanage du sexe féminin. On peut être totalement surpris de découvrir qu’un ami, qu’une connaissance qu’on n’a pas vue depuis quelques jours a éclairci. Dans le jargon pourri, fruit de notre imaginaire vicié, on dit que la peau s’est «embellie » c’est-à-dire qu’on n’a plus la peau laide… la peau noire.Combien de filles noires ont trainé toute leur vie des traumatismes dus à cet imaginaire corrompu ! Mépris dans leur famille. Quolibets, etc. Même quand on aurait la peau un peu plus claire, la chevelure doit être souple, lisse, facile à coiffer, comme si dans cette république qui se veut hypocritement noire, on vouait un ressentiment féroce, envers celles qui auraient dû avoir droit à toute notre admiration et tout notre respect. Ces femmes, même les plus intelligentes, les plus cultivées, sont souvent dédaignées, dépréciées, considérées – on ne l’avouera pas- comme des objets sexuels, pendant qu’on fantasmera sur la blanche ou sur la claire. Si seulement une blanche valait deux noires comme en musique. Les noires sont encore loin de cette évaluation. Par la faute d’une histoire manipulée, d’une sévère névrose collective et d’un imaginaire, nous le répétons à dessein, vicié.Le National ne peut se départir de sa mission de résister à la facilité et de s’affirmer comme une presse écrite de qualité. À ce titre, le National ne se limitera jamais à balancer de l’information par la simple présentation de faits et d’évènements. Il se donnera toujours l’intelligence et les moyens d’expliquer les tendances profondes et les impacts de ces faits et évènements sur la société et sur l’avenir du pays.Le quotidien le National, en sa qualité de presse écrite, ne revendique ni les néons de la télévision ni le temps rapide de mise en ligne des mass medias qui s’appuient sur des technologies qui permettent, à une vitesse supersonique, de répandre et de propager de l’information brute et tant de fois débilitante.La presse écrite a cette capacité extraordinaire de compenser le retard pris sur l’événement par l’analyse qui annonce et explique les conséquences des faits et des évènements sur la société, les changements politiques, sociétaux et culturels profonds ainsi que les possibilités d’envisager des lendemains meilleurs pour un pays et sa population. Le National veut offrir à chaque Haïtien, où il se trouve, la possibilité de s’imprégner de l’histoire du présent ; ce, au jour le jour, afin que la société haïtienne comprenne au mieux son temps pour appréhender les changements profonds au niveau local et au niveau mondial.Après trois ans, les annonces de développement de la structure sont légitimes. Le National ira vers ses lecteurs avec une interface offrant de nouveaux services et d’outils pratiques. Le Quotidien a trois ans et vient d’entamer sa mue vers le meilleur : l’accessibilité permanente et aisée grâce à une plateforme numérique dynamique et pratique.Bonne fête à nos lecteurs !Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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