Urgences sanitaires
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Le pays accumule depuis trop longtemps les statistiques les plus honteuses. Ces données catastrophiques disent long sur les drames récurrents de la gouvernance politique haïtienne. Entre précarité et gestion anarchique de la chose publique, la population haïtienne voit quotidiennement se dégrader son mode de vie.Nous avons, en dépit des rapports accablants qui abîment notre image à l’extérieur, pris l’habitude de nous asseoir avec mollesse sur le fauteuil infamant des pays les moins performants dans quel que soit le domaine considéré. Un récent classement nous a valu les grands titres de la presse régionale et mondiale.
Le pays accumule depuis trop longtemps les statistiques les plus honteuses. Ces données catastrophiques disent long sur les drames récurrents de la gouvernance politique haïtienne. Entre précarité et gestion anarchique de la chose publique, la population haïtienne voit quotidiennement se dégrader son mode de vie.Nous avons, en dépit des rapports accablants qui abîment notre image à l’extérieur, pris l’habitude de nous asseoir avec mollesse sur le fauteuil infamant des pays les moins performants dans quel que soit le domaine considéré. Un récent classement nous a valu les grands titres de la presse régionale et mondiale. La palme de ville la plus sale au monde a ainsi été décernée à notre capitale sans que cela n’ait eu l’effet d’une onde de choc. Les pouvoirs publics apparaissent tétanisés devant une réalité qui chaque jour se dégrade. Le citoyen lambda attend d’être informé sur « sa kap fet » et dans combien de temps va cesser cette indignité qui nous colle à la peau.Les articles de la presse nationale et étrangère, les protestations des habitants de Port-au-Prince semblent se heurter au mur infranchissable d’une fatalité urbaine qui assombrit l’horizon de tous. De temps en temps sont lancées par les différentes municipalités de la zone métropolitaine des opérations de nettoyage aussi soudaines qu’éphémères. Elles finissent toutes par s’arrêter au bout de quelques mois en raison de problèmes de financement.Cette impuissance de nos édiles a pour origine un manque flagrant de ressources financières et urbaines ; l’affligeante précarité de nos services publics incapables de payer à temps les employés de la fonction publique ; la confusion entretenue des rôles entre un Service métropolitain des Résidus solides (SMCRS) débile et des municipalités non fonctionnelles.Les responsables de ce malaise urbain se trouvent aussi dans une frange de la population, toute situation sociale confondue, qui n’hésite pas à se débarrasser de ses déchets sur la chaussée. Il n’est pas rare d’observer des véhicules provenant vraisemblablement de quartiers plus lointains déverser des montagnes de détritus aux abords de nos places publiques et des voies les plus fréquentées comme l’avenue John Brown.Cette anarchie dans le comportement, ce relâchement vis-à-vis des responsabilités citoyennes participent d’une crise de confiance dans l’avenir du pays. Le citoyen se laisse aller dans l’ivresse coupable de l’autodestruction. Après l’avilissement moral, le découragement politique, vient l’abandon total vis-à-vis de l’environnement. C’est le règne du chaos généralisé, des difficultés de toutes sortes : anarchie routière, nuisances sonores, amoncellement de détritus qui dessine dans la capitale un relief triste et insalubre.Tout ceci est aggravé par l’absence de brigades de l’environnement. À ce stade de dégradation accélérée, les spots de motivation sont loin de suffire. Il faut une police environnementale sérieuse pour faire respecter les lois actuelles et aussi de nouvelles, plus strictes, que se chargeraient de préparer nos parlementaires. Un laisser-aller de type populiste et démagogique couplé à une impunité rampante a ouvert la voie aux entreprises urbaines les plus catastrophiques.D’un point de vue de psychologie sociale, ce à quoi nous assistons est la résultante d’un abattement généralisé qui peut en partie expliquer cette indignité urbaine.Il est bon de se rappeler comment, il y a quelques années, à l’approche d’évènements politiques annonciateurs de renouveau, les riverains eux-mêmes s’occupaient systématiquement de la toilette de leurs quartiers et du ravalement de leurs maisons. Les murs de la ville s’égayaient sous les pinceaux créateurs de nos artistes.Aujourd’hui que l’espoir ne fait malheureusement plus vivre, il devient vital que se produise le réveil citoyen pour la renaissance de nos villes. Nos municipalités doivent trouver des solutions novatrices comme : travailler en étroite collaboration avec les comités de quartier pour des campagnes permanentes de propreté. On pourrait aussi demander à chaque grand ministère de contribuer à l’assainissement de sa rue.Au centre-ville ces jours-ci, les immeubles en construction de la nouvelle Cité administrative ont pour clôtures des piles d’immondices. Où sont passés les équipements lourds de la Caravane ?On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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