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Éditorial

La corde que nous tend le FMI risque d’être un lasso

La corde que nous tend le FMI risque d’être un lasso

Le Gouvernement, sur recommandation du FMI, s’apprête à augmenter les prix des produits pétroliers dans le pays. Le prix de l’électricité aussi. C’est une décision qui doit susciter chez tous les citoyens et citoyennes une réflexion nuancée. D’une part, les prix du baril de pétrole ne cessent d’augmenter depuis quelque temps, et dans beaucoup de pays, dont les États-Unis, l’ajustement des prix se fait automatiquement. Ensuite, il faudra, à un moment de la durée, que l’État cesse de subventionner le carburant pour prendre la voie du recouvrement de sa santé financière.

Le Gouvernement, sur recommandation du FMI, s’apprête à augmenter les prix des produits pétroliers dans le pays. Le prix de l’électricité aussi. C’est une décision qui doit susciter chez tous les citoyens et citoyennes une réflexion nuancée. D’une part, les prix du baril de pétrole ne cessent d’augmenter depuis quelque temps, et dans beaucoup de pays, dont les États-Unis, l’ajustement des prix se fait automatiquement. Ensuite, il faudra, à un moment de la durée, que l’État cesse de subventionner le carburant pour prendre la voie du recouvrement de sa santé financière.Cependant, la situation d’Haïti est des plus précaires ; et cette augmentation aura de telles conséquences sur l’économie nationale, et sur les plus pauvres d’entre nous en particulier, qu’elle risque de conduire à des troubles sociaux risquant de plonger le pays davantage dans l’instabilité.Toute augmentation du prix des produits pétroliers entrainera une flambée des prix des produits de première nécessité, une élévation du prix du transport, bref, une augmentation substantielle de la cherté de la vie, aux dépens d’une population déjà acculée par un taux surélevé de chômage endémique, le sous-emploi, un salaire minimum invivable, et désabusée par un chapelet de promesses tardant à se matérialiser. Bref, un cercle vicieux.Le Gouvernement se doit, dans un tel contexte, d’être très prudent. D’abord, le FMI est rarement bon conseiller. Cette organisation, grâce à une paresse intellectuelle proverbiale et un cynisme révoltant, s’entête à appliquer des solutions universelles à tous les pays, sans tenir compte de leurs situations particulières.Ensuite, on est en droit de se demander si cette institution ne profite pas de sa position pour utiliser les pays nécessiteux comme laboratoire d’expérimentation. Par exemple, il y a environ trois ans, le FMI força l’Égypte à prendre la voie qu’Haïti s’apprête à emprunter. En moins d’un an, le gouvernement égyptien augmenta les prix des produits pétroliers de 55%, le prix de l’électricité de manière substantielle et libéralisa le taux de change. Ces mesures causèrent le taux d’inflation annuel d’atteindre la barre des 32%, à la surprise du FMI dont la prévoyance et la prévenance ne sont pas les points forts.En avril dernier, toujours sous l’impulsion du FMI, le Madagascar augmenta les prix des produits pétroliers, seulement pour revenir sur sa décision un jour plus tard.Toujours en avril dernier, des experts nigérians rejetèrent avec véhémence des recommandations similaires du FMI, et prônèrent l’adoption de politiques monétaire et fiscale plus adaptées à la réalité de leur pays. Le Centre nigérian pour la Justice sociale avait, dans la foulée, déploré le caractère insensible et maladroit de ces recommandations du FMI.Cela dit, Haïti devra un jour ou l’autre cesser de subventionner les produits pétroliers et l’électricité. Mais cela devra se faire à partir d’un plan bien réfléchi, et non du jour au lendemain, de manière isolée, sans aucune politique d’accompagnement visant à subjuguer les effets de telles décisions.Le Gouvernement, avant de franchir cette étape dangereuse à plusieurs égards, doit au moins se donner la peine de discuter avec des dirigeants d’autres pays, dont le Nigeria, pour développer une meilleure compréhension de la question. Sinon, il risque de s’engager dans l’aventurisme suicidaire.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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