Les niches
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Au bas de l’Avenue Magloire Ambroise, un grand tas d’ordures jetées des quartiers qui se sont incrustés dans le Morne l’Hôpital. Les gens, comme d’habitude, profitent des averses pour se débarrasser de leur détritus. Ces jours-ci, la météo est clémente pour ce type de débarras expéditif. On peut bien passer des spots dans les médias pour inciter les citoyens à cesser ces pratiques, le problème est que la ville devient presque ingérable surtout après des décennies, pour ne pas dire plus, d’absence d’un plan de gestion de la capitale. Le drame, nous l’avons déjà fait remarquer, c’est que les habitants des quartiers au bas des montagnes doivent eux-mêmes se défaire des détritus des autres.
Au bas de l’Avenue Magloire Ambroise, un grand tas d’ordures jetées des quartiers qui se sont incrustés dans le Morne l’Hôpital. Les gens, comme d’habitude, profitent des averses pour se débarrasser de leur détritus. Ces jours-ci, la météo est clémente pour ce type de débarras expéditif. On peut bien passer des spots dans les médias pour inciter les citoyens à cesser ces pratiques, le problème est que la ville devient presque ingérable surtout après des décennies, pour ne pas dire plus, d’absence d’un plan de gestion de la capitale. Le drame, nous l’avons déjà fait remarquer, c’est que les habitants des quartiers au bas des montagnes doivent eux-mêmes se défaire des détritus des autres. Les services publics responsables ont tout le mal de monde à déblayer et les tas de fatras restent longtemps à l’air libre. Avec le soleil vient la poussière. On est étonné de ce nuage de poussière dans certaines artères de la capitale. Après l’averse, la boue sèche au soleil et le spectacle est pitoyable, apocalyptique.Si l’extérieur est aussi délabré, on n’est presque pas étonné de voir des voitures qui se font lustrer dans des stations de lavage. Comme si on se préoccupait d’être propre avec sa voiture et dans sa voiture alors qu’on roule dans une saleté presque répugnante. Peut-être aussi est-ce un moyen de garder son moral, de dire que j’existe dans ce lieu de toutes les déchéances et d’entretenir ainsi de l’énergie pour les combats quotidiens de la survie. Il faut dire que c’est une caractéristique bien de chez nous. L’extérieur chaotique, sale et l’intérieur qui peut dériver vers un luxe insolent. Nos élites sont des experts en niches. Les belles villas sont souvent proches d’un bidonville. Il suffit de jeter un regard parfois au-delà des murs pour voir le spectacle déprimant de l’intérieur. Mais est-il vraiment déprimant pour certains ? Peut-être. On a trouvé la solution quand même farfelue pour ne pas dire choquante de peindre les quartiers misérables. Une véritable offense à Duffaut. De toute manière, le projet n’est pas allé bien loin. La carte postale semble plutôt déchirée. A-t-on manqué de peinture ? L’argent pour le projet était-il insuffisant ? L’argent a-t-il servi à des choses… plus essentielles ?Les niches sont partout. Des alvéoles de bien-être plantées dans un baril de poudre. Comment peut-on cependant oublier ou bien ignorer l’extérieur ? Quand on sort de sa niche, on est forcément dans la crasse, dans les embouteillages. La belle mécanique s’use dans les nids de poule. La frustration d’un citoyen peut se manifester par des atteintes à la carrosserie. Mais l’extérieur lui-même se révolte devant l’inconscience des hommes. Au haut de la Rue 4, à quelques mètres de l’Hôtel Prince, l’une des rues principales qui donnent sur les quartiers de Deprez est presque impraticable. Les torrents dévalant de la montagne ont creusé la chaussée. On aurait presque cru à l’impact de plusieurs obus. En plusieurs endroits de la capitale, la chaussée est forée par les eaux de ruissellement. La voie qui va du Bicentenaire jusqu’à Gressier est encore plus menacée. On n’est pas trop loin peut-être d’une situation où la circulation sera impossible entre Port-au- Prince et les départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes, et de la Grand’Anse.Les chiens se réfugient dans leur niche pour dormir et en cas d’intempéries. Ils aiment cependant l’extérieur pour ce qu’il peut les procurer de sensations et donc de bonheur. Que sommes-nous, nous qui sommes sans égard pour notre environnement et qui nous croyons des « moun tout bon » parce que nos turpitudes nous permettent d’avoir ces niches qui en mettent plein la vue à cette population à la limite du désespoir ?Le mal est partout et épouse nos modes de vie. Dans une société où les institutions sont faibles et/ou l’État est le principal employeur de la République, le citoyen a souvent recours à des expédients pour survivre. De la débrouillardise à la petite corruption, la frontière est plus que poreuse. Et ceux qui résistent sont comme le personnage de Béranger, dans la pièce Rhinocéros d’Eugene Ionesco.Quoiqu’ il en soit, le colloque a été bénéfique et remet l’Université dans son rôle de forum scientifique permanent, de lieu de fondation de la pensée critique. Il est l’espace privilégié pour la quête de solutions stratégiques à notre mal-être. Ici, au journal, nous attendons avec une impatience critique que l’UEH panse ses douloureuses blessures et se remette finalement en ordre scientifique de marche. Alors seulement, nous pouvons espérer voir le bout du tunnel, éclairés par nos intellectuels organiques.La conjoncture est aussi marquée par la cascade de défections qui affecte la Commission chargée de préparer les États généraux sectoriels. Evans Paul, lui aussi, aurait abandonné le navire qui tangue dangereusement. Voilà ce qui pourrait faire l’objet d’une profonde réflexion : il n’y a pas une institution ancienne ou nouvelle qui ne couve sa petite crise. C’est peut-être une occasion unique de tout revoir. Il y a quelque chose d’irrémédiablement pourri dans le management de ce pays.Il y a du pain sur la planche, de larges avenues pour la réflexion et pour l’engagement citoyen. Loin des misérables impasses de détestations claniques.Une situation insoutenable qui laisse patauger nos édiles dans une impuissance crasse. Et surtout, une conséquence désastreuse de l’hémorragie financière qui a pour origine la corruption.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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