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Éditorial

Traquer la corruption !

Traquer la corruption !

Un colloque universitaire sur la corruption, qui a réuni experts et membres de la société civile, a permis de prendre la pleine mesure d’un phénomène complexe. Il s’est agi, pour les participants, de comprendre les caractéristiques de ce mal social : ses causes diverses, son mode de fonctionnement, son économie ainsi que les outils juridiques existants pour y faire face, sans oublier un élément essentiel qui est la relation entre pouvoir et corruption.Voilà un événement rarissime qui aura marqué les premiers jours du mois de mai. Depuis deux siècles que la nation demande des comptes et rien de bien significatif ne se passe.

Un colloque universitaire sur la corruption, qui a réuni experts et membres de la société civile, a permis de prendre la pleine mesure d’un phénomène complexe. Il s’est agi, pour les participants, de comprendre les caractéristiques de ce mal social : ses causes diverses, son mode de fonctionnement, son économie ainsi que les outils juridiques existants pour y faire face, sans oublier un élément essentiel qui est la relation entre pouvoir et corruption.Voilà un événement rarissime qui aura marqué les premiers jours du mois de mai. Depuis deux siècles que la nation demande des comptes et rien de bien significatif ne se passe. On pourrait répéter après l’autre que « plus que cela change, plus c’est la même chose ». Inexorablement les revendications populaires finissent toujours par être détournées de leurs vrais objectifs de justice sociale et de réparation. Les redditions républicaines de comptes aboutissent toujours en règlements de comptes entre groupes politiques rivaux.Entre mises sous séquestres de biens d’anciens dirigeants et dechoukaj réguliers aussi violents que provisoires, certaines fortunes politiques finissent toujours par se rétablir. La guerre intermittente entre fils d’une même nation à la faveur de nos nombreuses révolutions de palais n’a en fait jamais mis fin au pillage éhonté de nos maigres ressources. Au contraire, ruineuse, elle accélère la paupérisation de la nation. Les équipes se succèdent au pouvoir. Et, en dépit des mises en accusation formelles de régimes précédents, les pratiques demeurent et participent d’une culture politique dysfonctionnelle résolument ancrée qui traverse impérieusement toutes les administrations. Le recteur Jacky Lumark rappelait, à titre d’illustration, que plusieurs de ceux qui avaient été sur le banc des accusés lors du fameux procès de la Consolidation au début du siècle dernier sont devenus, quelques années plus tard, des responsables de la chose publique. De plus, il ne faut pas écarter le fait incontournable d’une gestion traditionnelle de la « Res publica » remontant à très longtemps dans nos moeurs politiques. Depuis qu’un chef d’État avait admis fatalement que « tous les hommes sont des voleurs » et que la malice populaire traduit en « voler l’État n’est pas voler ».Ne dit-on pas souvent que les fonctionnaires les plus honnêtes, les femmes et hommes d’État les plus volontaristes se font toujours piéger par un système étatique implacable qui tourne sur lui-même selon sa propre loi gravitationnelle.Le mal est partout et épouse nos modes de vie. Dans une société où les institutions sont faibles et/ou l’État est le principal employeur de la République, le citoyen a souvent recours à des expédients pour survivre. De la débrouillardise à la petite corruption, la frontière est plus que poreuse. Et ceux qui résistent sont comme le personnage de Béranger, dans la pièce Rhinocéros d’Eugene Ionesco.Quoiqu’ il en soit, le colloque a été bénéfique et remet l’Université dans son rôle de forum scientifique permanent, de lieu de fondation de la pensée critique. Il est l’espace privilégié pour la quête de solutions stratégiques à notre mal-être. Ici, au journal, nous attendons avec une impatience critique que l’UEH panse ses douloureuses blessures et se remette finalement en ordre scientifique de marche. Alors seulement, nous pouvons espérer voir le bout du tunnel, éclairés par nos intellectuels organiques.La conjoncture est aussi marquée par la cascade de défections qui affecte la Commission chargée de préparer les États généraux sectoriels. Evans Paul, lui aussi, aurait abandonné le navire qui tangue dangereusement. Voilà ce qui pourrait faire l’objet d’une profonde réflexion : il n’y a pas une institution ancienne ou nouvelle qui ne couve sa petite crise. C’est peut-être une occasion unique de tout revoir. Il y a quelque chose d’irrémédiablement pourri dans le management de ce pays.Il y a du pain sur la planche, de larges avenues pour la réflexion et pour l’engagement citoyen. Loin des misérables impasses de détestations claniques.Une situation insoutenable qui laisse patauger nos édiles dans une impuissance crasse. Et surtout, une conséquence désastreuse de l’hémorragie financière qui a pour origine la corruption.Manifestation perpétuelle près de la Faculté d’Ethnologie. Des policiers impassibles n’interviennent pas, mais surveillent. Le pays sombre déjà dans ce rayon de cinq cents mètres. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre, car l’espace physique reflète bien l’état mental des hommes.On remorque des voitures qui stationnent dans certains endroits de cette zone. La facture est salée. L’État bandit, kleptomane, au travail. Le moteur de la corruption est dans cet espace, dans ce centre.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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